Culture
Du théâtre musicalisé pour glorifier Maupassant le vendredi 27 mars à La Chapelle-sous-Brancion
Par Michel POIRIAULT
Publié le 26 Mars 2026 à 11h22
« L’Inutile Beauté », l’édifiante nouvelle de Guy de Maupassant, mise en rapport avec de la musique live, donnera à voir, entendre et réfléchir, le vendredi 27 mars à 20h à La Chapelle-sous-Brancion. Pile-poil pour la Journée internationale du théâtre. Interview de Paul Lecomte, lequel sera, à la guitare électrique, l’un des deux passeurs d’émotions.
La soirée, agencée par le Foyer rural des Amis de Durot, se déroulera dans la salle des fêtes En Durot. Entrée libre, participation au chapeau.
Pourquoi avoir choisi Maupassant ?
«On a choisi Maupassant, parce que c’est Olivier Clerc, le directeur artistique-comédien, qui avait fait un travail sur Maupassant depuis plusieurs années. En fait, ça a commencé par des lectures qu’il a faites dans des médiathèques, et un peu à droite et à gauche. Il s’est pris d’affection envers les textes de Maupassant, mais peu connus. Il est tombé sur « L’Inutile Beauté », et il s’est dit qu’il aimerait bien, c’est une nouvelle de Maupassant qui n’est pas forcément la plus connue de Maupassant, mais qui est quand même assez surprenante par le regard sur le patriarcat notamment, et sur des sujets on ne peut plus actuels. Selon lui le texte est assez dingue, très actuel, il n’a pas vieilli. L’idée, c’était de partir sur une adaptation assez originale en mélangeant des musiques de punk rock du XXème, dans les années 90, sur du Maupassant. Pour Olivier, Maupassant c’était quelqu’un quand même d’assez punk dans l’âme, ça n’existait pas à l’époque, mais c’était quelqu’un qui avait vraiment un esprit un peu rebelle, de très philosophe, qui prenait du recul sur les choses et se posait des questions comme : pourquoi faire comme tout le monde ? Il aimait bien un peu taquiner, donc le côté punk rock nous parlait pour ça, et dans cette adaptation, on a pensé le punk rock avec Maupassant comme une comédie musicale. D’un point de vue mise en scène c’était intéressant, et en même temps, ça rendait possible le rajout d’un contenu sur le ressenti. Les textes choisis sont vraiment raccord avec ce que dit la comtesse à ce moment-là. »
Quand vous dites que vous organisez avec les Amis de Durot, quelle organisation représentez-vous ?
«Nous sommes la compagnie Ciel d’Encre. Nous avions joué à Culles-les-Roches au mois de décembre, ce n’est pas très loin, c’est à une demi-heure de la Chapelle-sous-Brancion ; des membres de l’association étaient venus nous voir suite à notre présentation, et ont dit : « Chouette, est-ce que vous seriez intéressés pour venir jouer dans notre village ? » On a répondu favorablement. L’idée, c’était qu’il fallait trouver un moment assez intéressant, comme il y avait déjà un programme d’établi. Quand on a vu qu’il y avait la Journée internationale du théâtre, ça allait bien dans nos agendas, et on trouvait ça bien de pouvoir marquer le coup à La Chapelle-sous-Brancion.
La création musicale vous a-telle donné du fil à retordre, où est-elle venue spontanément ? A quoi correspond-elle ?
Franchement j’ai adoré, parce que je suis quelqu’un qui fait de la musique à l’image à la base, sur la réalisation, sur du montage, sur un support audiovisuel. Donc le travail était trop bien sur cette mise en scène, car j’ai tout composé avec Olivier Clerc pendant nos répétitions. Quand il travaillait le texte, le personnage, avec sa femme qui l’a aidé aussi dans la mise en scène, à côté je me nourrissais de ce qu’il se passait, de ses ajustements de jeu, de ses mouvements, de tout ce travail qui se dessinait. Ça me donnait des idées avec ma guitare pour créer. Ce qui était assez drôle, c’est que parallèlement il trouvait des idées pour la mise en scène. En fait la guitare apportait l’ambiance, le ton, on s’est nourris mutuellement, c’est un travail qui a été créé en temps réel ensemble à force de répéter. Ça n’a pas été un travail chacun dans son coin, moi à écrire des partitions et après on se voyait. Au départ je pensais que ça allait être ça comme dans l’audiovisuel, avec un storyboard mais non, pas du tout. C’était un travail vraiment très, très, dans le ressenti des personnages. A la base j’étais parti sur l’idée de créer des ambiances, de marquer le décor avec la guitare. Par exemple, à un moment donné elles vont dans l’église, alors je mets de la réserve dans la guitare. Au début je joue des accords qui donnent un clin d’œil aux cloches de l’église, j’avais trouvé comme ça plusieurs petits tableaux de sonorités de guitare qui donnaient le ton par rapport à l’ambiance du lieu. Après, ça s’est dessiné, je me suis nourri des différents personnages, et en fonction de qui interagit : la femme, le son plus aigu, l’homme, le son plus grave. J’ai joué autour de ça, et j’ai fait un mix entre cette ambiance de décor, et le fait d’aller soulever les différentes émotions de chaque personnage à travers l’écriture de la musique. »
Ajouter du punch musical doit conférer une belle plus-value au spectacle, et le mélange des genres se révéler plus séduisant ?
«Ce qui est bien en faisant ça, c’est qu’on est quand même sur une performance où moi je suis sur scène, mais je mime, à aucun moment je n’ai du texte, et pendant une heure c’est Olivier Clerc qui raconte toute la nouvelle. L’idée, c’était de se dire, les gens ne le savent pas, mais il faut écouter une personne pendant une heure, et il ne faut pas qu’ils décrochent. Bien sûr, rajouter du rythme, de la musique, à tout ça, ça permet vraiment de pouvoir avoir quelque chose, c’est-à-dire un spectacle assez riche et homogène, pour avoir des temps de respiration, ne pas juste se prendre un monologue d’une heure. Il y a tout le travail qu’ils ont fait autour de l’espace, ils ont trouvé plein de choses liées à leur domaine, parce c’est vrai que moi je ne viens pas de ce milieu. Ça fait que ça marche, c’est assez beau, impressionnant. »
Qu’est-ce qui détermine Les Amis de Durot ?
«Ces personnes travaillent avec des partenaires, des festivals, des associations, pour organiser des événements, que ce soit à Brancion, à La Chapelle-sous-Brancion. Elle met à disposition, et gère toute l’organisation avec les festivals, avec des associations, des groupes, pour créer de l’animation. »
Quelques mots sur le lieu qui sera terre d’accueil le vendredi 27 mars ?
«Personnellement, c’est là où ça commencé, dans la chapelle de la Chapelle-sous-Brancion. C’était la première fois que j’y faisais une représentation. J’étais gamin, c’était pour animer la messe : brancher le micro et lancer les CD. Je ne suis pas croyant, c’était un 15 août, jour de l’Assomption, pour la Sainte Marie, et je me rappelle que ma grand-mère tenait à ce que je lui donne un coup de main pour porter les enceintes, puis brancher le matériel. Et voilà, c’est devenu mon métier, je ne le savais pas à ce moment-là. C’est vrai que pour moi la Chapelle-sous-Brancion c’est un peu la Terre sainte, le point de départ. «
Qui êtes-vous prêts à accueillir ?
«C’est plus un public à partir de 12 ans, parce que c’est quand même sur des sujets ayant assez trait à la philo. Je pense qu’en dessous c’est juste qu’il pourrait y avoir une incompréhension du texte. J’ai vu des enfants de 9-10 ans qui ont bien aimé la pièce. Après, on n’assure pas qu’un enfant en dessous de 12 ans, 10 ans, ne décroche pas, parce que ça parle quand même à un public un peu plus âgé. Il y a toute une partie sur le déisme, sur la philosophie des Lumières, sur la place de Dieu, de la femme, de l’homme. C’est une réflexion assez sociétale. Comme il y a de la musique et du punk rock, à la dernière représentation on a eu des enfants de 8 et 9 ans qui sont venus voir. Les parents d’une petite fille m’ont dit qu’elle avait bien aimé, qu’elle n’avait pas décroché, donc ça peut être tous publics, mais avec des réserves. »
Crédit photo : DR Propos recueillis par Michel Poiriault
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