Bresse

La tiny qui murmurait à l’oreille des chevaux

La tiny qui murmurait à l’oreille des chevaux

A Lessard-en-Bresse, un acteur de la filière agricole prend des airs de logement insolite avec l’installation d’une tiny house, une nouvelle solution pour diversifier les revenus d’une exploitation, première en Saône-et-Loire.

 18 mètres carrés avec tout le confort nécessaire au milieu d’un pré dédié aux chevaux ! A Lessard-en-Bresse, Jimmy Romann dirige une pension qui accueille une quinzaine de chevaux tout au long de l’année. Mais à compter du 1er avril, l’entrepreneur deviendra un peu hôtelier par l’intermédiaire de son partenaire Parcel Tiny House. Cette plateforme propose en effet des séjours dans des tinys houses installées au cœur d’exploitations agricoles de tout ordre : céréalier, viticulteur, éleveur, pension… « Nous achetons la tiny house, environ 50 000 euros, nous commercialisons les nuits, assurons la communication. L’agriculteur gère l’accueil, la blanchisserie et le ménage. En contrepartie, il reçoit une commission chaque mois » détaille Géraldine Boyer, fondatrice de Parcel Tiny House qui devrait compter 50 hébergements de ce type partout en France d’ici le mois de juin.


Elle estime que les agriculteurs peuvent retirer de 5 000 à 12 000 euros par an de revenus complémentaires. Pourtant, pour Jimmy Romann, la rétribution financière n’a pas été la première motivation. « J’ai aimé le produit, cette tiny house élégante qui s’intègre bien au paysage. » Isolée dans la parcelle la plus éloignée de l’exploitation, à environ 200 mètres, la maisonnette cohabite avec les chevaux qui profitent du pré, séparée par une clôture pour garantir la tranquillité de chacun. Pour encourager à une déconnexion totale, une boîte à téléphone siège à l’entrée du domaine. « J’espère faire découvrir l’univers des chevaux et sensibiliser les visiteurs à la nature. » Côté confort, les tiny house disposent de l’indispensable : des sanitaires avec une douche et des toilettes sèches sans sciure, un frigo ou encore une plaque pour cuisiner.


En parallèle, le propriétaire entend également plonger ses visiteurs dans la vie locale, à travers des activités mais aussi des produits locaux. « Je veux proposer des extras simples, même si je peux dégager le temps nécessaire, les journées sont déjà bien remplies. »Location de vélo d’un côté, brasero de l’autre, apéritif à base de produits issus des GAEC voisins… Jimmy Romann envisage à termes d’organiser des ateliers autour des chevaux. Entre Lyon et Paris, la tiny house attend pour l’heure ses premiers citadins pour se lancer dans cette nouvelle vie agricole.


Nadège Hubert