Chalon sur Saône

Anne Roumanoff : l’humour pinçant lui va si bien au teint !

Anne Roumanoff : l’humour pinçant lui va si bien au teint !

Inégalable et inégalée dans son registre, Anne Roumanoff a semé à Chalon-sur-Saône le samedi 28 mars, salle Marcel-Sembat, une aigrelette zizanie dans le « bel ordonnancement des choses » à grands coups de remue-ménages peu ou prou sains d’esprit…

Anne a procédé à des coupes rases dans des forêts inextricables

L’artiste a mis les pieds sur scène avec perte et fracas, débarquant avec des gants de boxe pour en découdre bigrement avec ce qu’il lui semblait digne d’être traduit en justice. La sienne. « A cinquante ans, quand ton mec fait la gueule, tu savoures le silence », a-t-elle vitupéré dans ses propos liminaires. Dans son one-woman-show estampillé « L’expérience de la vie », l’humoriste a quelque peu chargé la mule vis-à vis de son mari Jean-Claude, pauvre hère affublé de tous les maux, rançon d’une gloire fanée ! Décochant une droite, une gauche, puis un uppercut, à tout ce qui figure sur sa liste noire. Ce n’est pas vraiment qu’elle en avait gros sur la patate, mais, en bonne hérétique, a-t-elle épluché la couche superficielle de l’évolution de la société afin d’entrer dans le vif du sujet en dispersant joyeusement son poil à gratter. Haro donc sur la vie en dents de scie de couple, le réducteur de queue à La Poste, les caisses automatiques, les soignants, les contes de fées d’hier racontés aux enfants d’aujourd’hui en étant scrupuleusement revisités, le coach spécialisé dans les vibrations dans le couple, les influenceuses, la réincarnation, etc. juste un petit aperçu ici de ce qu’elle a pu dégoiser plus d’une heure trente durant. En trente-neuf ans de carrière,  Dieu sait si elle n’aura pas tourné sept fois sa langue de vipère dans sa bouche avant de régaler son public (avec lors de son exhibition chalonnaise Raphaël, l’ex-candidat atypique de Koh-Lanta…)…

Inamovible et inépuisable Radio Bistrot…

Chaînon indéracinable de ses spectacles, sa chronique Radio Bistrot a encore autorisé en fin de parcours la maîtresse de cérémonie à se déchaîner (dans les deux sens du terme) davantage. Epinglant Trump, Macron et consorts, tirant à boulets rouges sur la situation guerrière du Proche-Orient, prenant à revers certains acteurs de la politique intérieure française. L’ensemble de son oeuvre ne devait pas laisser insensibles celles et ceux, à fleur de peau, qui ont toujours foi en une bouffonne qui fait vaciller sur ses bases les faits les mieux établis. Pour le simple plaisir de l’absorption en deux temps trois mouvements, avec le rire coulant comme délivrance ? Pas uniquement à proprement parler, car afflue alors rapidement la gestation de l’analyse réflexive…Toute peine méritant salaire, c’est par une ovation debout que s’achevèrent les dires jouissifs, souleveurs de bien des embarras chez les suppliciés…

                                                                                                                Michel Poiriault

                                                                                                                              [email protected]