Sud de l'agglomération

EPSM 71 - A Sevrey, la mise à mort de l'équithérapie, une goutte d'eau de trop pour soignants et patients

EPSM 71 - A Sevrey, la mise à mort de l'équithérapie, une goutte d'eau de trop pour soignants et patients
EPSM 71 - A Sevrey, la mise à mort de l'équithérapie, une goutte d'eau de trop pour soignants et patients
EPSM 71 - A Sevrey, la mise à mort de l'équithérapie, une goutte d'eau de trop pour soignants et patients
EPSM 71 - A Sevrey, la mise à mort de l'équithérapie, une goutte d'eau de trop pour soignants et patients

A coups de témoignages poignants de patients, le conseil de surveillance de l'hôpital de Sevrey a été bousculé ce vendredi matin. La décision unilatérale de mettre à mort l'équithérapie, présente dans l'établissement depuis 4 décennies aura été la goutte d'eau.

"On n'est pas sur une activité ludique, ni sur une sortie dans un centre équestre pour les patients, mais bien sur un service de soins reconnu" ont lancé en choeur les soignants et patients ce vendredi matin. Profitant de la réunion du Conseil de surveillance de l'établissement présidé par Florent Peeren, directeur intérimaire en attendant la nomination d'une nouvelle direction d'ici la rentrée, à l'appel de la CGT et de FO, tous se sont donné rendez-vous dans la salle de réunion de l'EPSM71. 

"Une mise à mort tout simplement" confiait à info-chalon.com, Frédéric Baroin, Président de l'association Cheval en main. Une association co-créée avec l'établissement de soins il y a 40 ans. 11 chevaux vivent à demeure sur l'établissement grâce à l'engagement d'un tissu de bénévoles engagés au service de l'accompagnement thérapeutique. "La médiation animale a fait ses preuves en psychiatrie. Il n'y a plus de débat là-dessus. On venant mettre à mal l'équithérapie, on s'attaque directement à une méthode de soins prouvée. Une décision prise sans concertation et de manière brutale" s'insurgent les bénévoles de l'association mais aussi les patients. "L'hôpital s'est désengagé au fil de l'eau pour laisser à l'association toujours plus de responsabilités qu'on ne peut matériellement supporter". 

Sur les 11 chevaux, 4 d'entre eux appartiennent à des propriétaires qui mettaient à disposition de l'hôpital. Chacun d'entre eux vont retrouver leurs maisons respectives. Pour les autres, des procédures d'adoption ont été lancées et tous devraient trouver très vite de jolis écrins pour finir leurs vies en toute tranquillité, après avoir tant donner au service des malades. 

Là, n'est pas vraiment le sujet en fait. La question de fond est bien celle de la stratégie de soins, celle de l'Humanité affichée au fronton du projet d'établissement. Un projet d'établissement qui nous avait été vendu, il y a quelques mois, comme celui des patients au coeur d'un projet de soins.

"Oui aux nouveaux bâtiments mais pour y faire quoi et avec qui  ?"

 Lancé en 2023 pour une durée prévisionnelle de cinq ans, le projet de restructuration complète du site historique de Sevrey représente un investissement global de près de 100 millions d’euros. "Il vise à proposer aux usagers, des plus jeunes aux seniors, un cadre de soins modernisé, accessible et adapté aux pratiques actuelles tout en offrant aux professionnels un environnement de travail plus fonctionnel et sécurisé" précisait la direction. Sauf que la canicule est venu mettre à mal bien des déclarations. A tour de rôle, les témoignages des soignants ont fait mouche, comme des coups acérés adressés à la politique de l'établissement. "C'est de la maltraitance. Nous n'avons même pas un ventilateur, et on ne parle même pas de climatiseur" lance l'un deux, avec la capacité d'appuyer son témoignage par des années de séjour en soins psychiatriques. 

Oui, la psychiatrie est en souffrance et malgré le plan d'investissement majeur pour l'EPSM71, les jours ne sont pas heureux. Thierry Dureuil, délégué CGT du personnel va même enfoncer le clou, évoquant le danger pesant sur les agents, "avec un passage à l'acte sur son lieu de travail évité". 

Un vrai cri de désespoir a soufflé ce vendredi matin, avec pour goutte d'eau l'équithérapie, mais la situation sociale de l'hôpital de Sevrey est explosive. L'action était aussi l'occasion de mettre les choses au clair à l'adresse de "la" future Présidente (une présidence au féminin espérée par les organisations syndicales) devant arriver début septembre.

Laurent GUILLAUMÉ