Saint-Rémy

Canicule à Saint-Rémy : "Florence Plissonier donne des leçons aux habitants au lieu d'assumer ses responsabilités", s'insurgent les élus de la minorité municipale

Canicule à Saint-Rémy : "Florence Plissonier donne des leçons aux habitants au lieu d'assumer ses responsabilités", s'insurgent les élus de la minorité municipale

 Lors du dernier conseil municipal de Saint-Rémy, la gestion de la canicule et de ses conséquences pour les familles a donné lieu à une séquence particulièrement révélatrice de la méthode de Madame le maire, Florence Plissonnier : se défausser, minimiser, puis donner des leçons.
Alors que l'Éducation nationale avait demandé aux parents, dans la mesure du possible, de garder leurs enfants à domicile en raison des fortes chaleurs, de nombreuses familles se sont retrouvées confrontées à une difficulté très concrète : comment faire lorsque l'on travaille, lorsque l'on ne peut pas garder ses enfants, ou lorsque son logement ne permet pas de les protéger correctement de la chaleur ?
Au lieu de chercher des solutions communales, Florence Plissonnier a préféré expliquer que la mairie était victime de la décision de l'Éducation nationale. Selon elle, il ne reviendrait pas à la commune d'organiser des solutions périscolaires adaptées, ni de prévoir des aménagements dans les salles de classe, ni de mettre à disposition des locaux climatisés pour accueillir temporairement les enfants qui en auraient besoin.
Mais dans une situation de canicule, la réponse ne peut pas être seulement administrative. Elle doit être humaine, sociale et solidaire. Une mairie ne peut pas se contenter de dire que la chaleur frappe tout le monde, y compris les logements, pour justifier l'absence d'action. C'est précisément parce que toutes les familles ne sont pas égales face à la chaleur qu'une commune doit agir.
Toutes les maisons ne sont pas climatisées. Tous les parents ne peuvent pas télétravailler. Tous les enfants ne vivent pas dans les mêmes conditions. Certains foyers disposent de pièces fraîches, d'équipements adaptés, de solutions familiales. D'autres non. Et c'est là que le rôle de la puissance publique locale devrait commencer.
Au lieu de cela, Madame la Maire s'est engagée dans un discours moralisateur, expliquant aux habitants les bons gestes à adopter : fermer les volets le jour, aérer la nuit, gérer correctement son logement. Ces conseils peuvent relever du bon sens, mais ils ne constituent pas une politique municipale. Les habitants n'attendent pas de leur maire qu'elle leur explique comment vivre chez eux. Ils attendent qu'elle organise, qu'elle anticipe, qu'elle protège.
Cette séquence est d'autant plus choquante qu'elle intervient après une tentative de limiter l'expression des parents d'élèves. Une lettre confiée par des parents devait être lue en conseil municipal par un conseiller municipal de la majorité. Dans un premier temps, Florence Pluonnier a refusé cette lecture. Il aura fallu l'intervention d'un conseiller de l'opposition pour obtenir que ce courrier puisse finalement être lu publiquement.
Ce simple épisode en dit long. Même lorsqu'une inquiétude légitime remonte des familles, même lorsqu'un élu de sa propre majorité porte leur parole, Madame la maire commence par fermer la porte. Il faut insister, contester, obtenir de haute lutte que la parole des parents soit entendue.
Sur le fond, la question posée est pourtant simple : que fait la commune pour protéger les plus vulnérables pendant une canicule ? Les enfants sont vulnérables. Les personnes âgées le sont aussi. Répondre qu'une salle climatisée existe pour les aînés ne suffit pas à construire une véritable politique de solidarité. Encore faut-il que les personnes concernées soient informées, accompagnées, transportées si nécessaire, et que les familles sachent vers qui se tourner.
La canicule n'est plus un événement exceptionnel. Elle devient une réalité récurrente. Une commune responsable devrait disposer d'un plan clair : lieux frais identifiés, accueil temporaire possible, coordination avec les écoles et les services périscolaires, communication aux familles, attention particulière aux enfants, aux personnes âgées et aux habitants isolés.
À Saint-Rémy, Florence Plissonnier a choisi une autre voie : renvoyer la responsabilité vers l'Éducation nationale, vers les parents, vers les habitants eux-mêmes. Et lorsque les familles demandent des réponses, elle leur oppose des conseils domestiques et une fin de non-recevoir.
Dans les moments difficiles, une commune révèle sa conception du vivre-ensemble. Face à la canicule, les habitants n'ont pas besoin d'une maire qui donne des leçons. Ils ont besoin d'une maire qui agit.