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Au Pérou, la 4e tentative présidentielle est la bonne pour Keiko Fujimori

Au Pérou, la 4e tentative présidentielle est  la bonne pour Keiko Fujimori

Depuis le début des années 2000, et le départ d'Alberto Fujimori, le pays des Incas a sombré dans le grand n'importe quoi politique. La plupart des Présidents élus démocratiquement ont sombré derrière les barreaux. Plus que jamais, le pays est totalement divisé politiquement.

Candidate en 2011 face à au militaire Ollanta Humala, candidate en 2016 contre  Pedro Pablo Kuczynski, le banquier de Wall Street, obligé de démissionner après un scandale de corruption avec un géant Brésilien du BTP, candidate en 2021 contre Pedro Castillo lui-même destitué par le Parlement moins de 2 ans après, Keiko Fujimori s'apprête à rentrer de nouveau (ancienne Premiere Dame de la présidence de son père) à la Casa de Pizarro, après une victoire sur le fil, et un long, très long dépouillement. 

Depuis la présidence de son père, la plus longue de l'histoire contemporaine du Pérou, ce sont 12 Présidents successifs dont un resté à la tête du pays 5 jours seulement, valsant en destitution ou démission, tant le pays fait face à une corruption politique quasi institutionnalisée. 

26 ans après le départ de son père, Alberto, noyé sous d'innombrables affaires de corruption, d'assassinats politiques, de stérilisations forcées des femmes autochtones, Keiko Fujimori va s'installer dans un pays totalement destabilisé, où la déconsidération pour la classe politique est au zénith. 

Avec moins de 50 000 voix d'écart avec son concurrent de gauche Roberto Sanchez, Keiko Fujimori, avant même son investiture, fait déjà face à un pays morcelé, divisé, frappé durement par les crises économiques successives, victime des gangs de narcotraficants devenus très puissants. 

La première femme élue Présidente du Pérou est face à un défi de taille pour relever son pays, alors que déjà les accusations de fraude sont multiples, dans un pays grand comme 2,5 fois la France.  Un pays fragmenté où la quinquagénaire a fait le plein dans les zones urbaines et dans les classes sociales favorisées, et des zones rurales dans les Andes et en Amazonie se considèrant comme abandonnées par le pouvoir central.

Avec  Javier Milei en Argentine, Nayib Bukele au Salvador, José Antonio Cast au Chili et encore plus récemment Abelardo de la Espriella en Colombie, la droite forte et autoritaire fait une percée claire et nette en Amérique latine. La grande question dans bien des têtes, sera celle de la longévité politique de Keiko Fujimori. 

Et à celles et ceux s'interrogeant sur la raison d'un tel article sur info-chalon.com, disons que le Pérou est l'un des maillons d'une ancienne vie professionnelle... à la même époque où le régime autoritaire d'Alberto Fujimori tombait. 

Laurent GUILLAUMÉ