Bourgogne

Une première en Europe... et les honneurs reviennent au MuséoParc d'Alésia !

Jamais un établissement ouvert au public n'avait réuni au son sein, une telle collection de bracelets en verre, confectionnés par "nos ancêtres les Gaulois". Une première pas passée inaperçue du côté d'info-chalon.com qui a effectué le déplacement. Petite visite privée avec Michel Rouger, Directeur de l'établissement.

Sous la direction de Joëlle Rolland, archéologue et spécialiste du verre gaulois, c'est une exposition unique en son genre qui est proposée jusqu'au 22 septembre au sein du MuséoParc d'Alésia en Côte d'Or. Présentée sous l'appellation "Bling Bling - Le verre gaulois s'affiche", l'exposition est bien plus qu'une simple présentation d'objets venus de ces temps immémoriaux mais bien un plongeon dans ce qui fait la nature de l'Homme et sa recherche perpétuelle à se distinguer de l'autre, à se démarquer, à montrer son rang social.

"Si à 50 ans on n'a pas une Rolex, c'est qu'on a raté sa vie" disait Jacques Séguéla, c'est sans doute ce que pensaient nombre de dignitaires des sociétés gauloises, mais cette fois-ci au profit du bracelet en verre. "C'était leur côté bling-bling" assure Michel Rouger, Directeur de l'établissement, qui n'hésite pas à donner une connotation très sociologique à cette exposition qui réunit pour la première fois une collection issue d'une douzaine de prêteurs, "les quelques fragments de bracelets découverts à Alésia ne suffisant pas à monter l'exposition". 

Une exposition qui se veut la consécration de "paroles aux jeunes chercheurs"

A écouter Michel Rouger, l'exposition ouverte au public est finalement la consécration fortuite de l'invitation de plusieurs doctorants à présenter leurs travaux dans le cadre de conférences grand public. Et c'est l'intervention de Joëlle Rolland, jeune archéologue qui a mis en lumière ce pan oublié de l'artisanat gaulois. C'est un vrai coup de coeur qui s'est opéré entre l'archéologue et l'équipe du MuséoParc autour d'objets trop méconnus du grand public et surtout cette capacité à relier le présent au passé.

Un objet au coeur de la mondialisation

Déjà près de 500 avant notre ère et jusqu'à la conquête romaine, les Celtes ou plus communément "Gaulois" pour les Romains, étaient en relation avec les Egyptiens. Ces derniers fournissaient la matière première qui était produite exclusivement sur les bords du Nil et arrivaient par voie maritime en traversant les routes commerciales de la Méditerranée. C'est dire que le monde d'aujourd'hui n'a rien inventé. C'est un véritable voyage dans le temps qui est proposé par le MuséoParc permettant de mieux appréhender les réalités du moment. 

Disons-le très franchement, ce ne sont pas les Gaulois qui ont inventé l'artisanat du verre puisque les premières traces remontent à la fin du 3e millénaire avant JC en Mésopotamie, puis il faudra encore attendre 1500 ans pour que la technique du verre soufflé prenne place au Proche-Orient. Et ce sont les verriers romains qui introduiront cette technique à l'occasion de la conquête de la Gaule. 

Les bijoux en verre, une technique très Gauloise

Pour autant, même si les Gaulois ne sont pas des producteurs de vaisselle en verre, ils maitrisent très rapidement la technique des perles en verre mais surtout cette grande spécificité du bracelet en verre, produits nul part ailleurs en Méditerranée. Le MuséoParc propose d'ailleurs au coeur de l'exposition deux morceaux de verre unique de la fameuse cargaison de verre de l'épave des Sanguinaires au large d'Ajaccio, l'un des vestiges les plus marquants de cette "industrie" du verre. 

Le verre celtique, une vraie parure pour se démarquer

Homme ou femme, arboraient ces objets en verre, et les tombes celtiques ont révélé des objets exceptionnels sans distinction de sexe et eux-seuls, les objets en verre vont être de vrais indicateurs temporels. Les premières fouilles archéologiques vont d'ailleurs attribuer à tord à l'Egypte les objets en verre découverts dans les tombes. Il faudra attendre le début du XXe siècle pour admettre une création gauloise. A ce jour, ce sont 11000 bracelets en verre qui ont été découverts et recencés... et exclusivement en Europe ! 

Une exposition mais aussi une expérimentation

Plus que de l'archéologie, on en vient aujourd'hui à pratiquer une archéologie qui se veut expérimentale au point de solliciter de nombreux artisans du moment, afin qu'ils réalisent ces objets dans les mêmes conditions. Il aura fallu de longues années de recherche pour trouver des artisans susceptibles de procéder de manière identique. Et c'est du côté du Nigéria, qu'on a retrouvé des artisans susceptibles de se rapprocher au plus près des techniques ancestrales. 

Le bracelet de verre est finalement mort de son succès

Là encore, les rapprochements avec nos sociétés modernes sont impressionnants au point de relever que le succès des bracelets en verre a provoqué tout simplement son extinction. D'abord, un marqueur social pour l'élite gauloise, le bracelet s'est démocratisé au point que la qualité de sa production s'est amoindrie. Une démocratisation qui a éloigné au fil du temps, les plus riches, qui se sont réfugié vers d'autres objets plus distinctifs. 

L'exposition s'affiche jusqu'au 22 septembre. 

Laurent Guillaumé

Pour tout savoir sur l'exposition Bling Bling 

 

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