Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON : Insultes, menaces de morts, et incitation à caillasser la police aux Prés Saint-Jean

« Comportement de caïd », dit maître Ronfard, « sentiment de toute puissance », dit Caroline Mollier, substitut du procureur : I. M. est né en 1996 à Chalon sur Saône, il vit rue Edouard Bénes, et le 22 juin dernier, alors qu’un équipage de police intervient à l’église Saint-Paul, pour des dégradations, I. M. s’en mêle illico : c’est « son quartier, son territoire », la police n’a rien à y faire.

Quelque part sur la planète vit un curé qui a dû quitter Chalon-sur-Saône avec de mauvais souvenirs. Ce prêtre étranger était temporairement de passage à la paroisse Saint-Paul, et il a tâté de l’ambiance du quartier ainsi que des limites à l’évangélisation : ce 22 juin, lorsque les policiers vont le voir, il a peur, tout simplement. Un mineur en short sortait justement de cette église, la police veut contrôler son identité, et le fait monter dans son véhicule. C’est là qu’I. M. s’excite : si on embarque son cousin (le mineur), il y aura « des représailles », pas moins. Il insulte et menace les policiers, « je peux demander qu’on fasse exploser vos voitures, tous cramés, tous explosés, vous savez de quoi je suis capable ».  L’équipage demande des renforts. I. M. y va d’insultes à caractère sexuel contre une femme de la patrouille, et il encourage des jeunes, non seulement à filmer la scène avec leurs portables (« ils ont beaucoup filmé les graviers au sol », précise la présidente Catala), mais à « caillasser ces fils de p… », et quelques cailloux volent. Deux impacts sur l’une des voitures de police. Un 3ème équipage arrive, I. M. ne cessera d’invectiver et d’insulter les forces de l’ordre, y compris après son interpellation. Il dit qu’il « va faire des rapports sur tout le monde », sans qu’on sache à quelle administration il se rattache : quand le hors-la-loi (« mon territoire » opposé ni plus ni moins à la République toute entière) se donne une pseudo-légitimité, un alibi administratif, on n’est pas loin, soit d’une bande organisée (avec sa gestion interne), soit du centre psychiatrique de Sevrey, soit des deux.

Ce dossier a été d’abord renvoyé pour un supplément d’informations, puis il a été renvoyé à nouveau car le commissariat n’avait pas encore procédé aux auditions demandées, et I. M. avait dit à la barre qu’il y tenait beaucoup, que c’était « très important, madame », en écartant les bras pour souligner le caractère crucial. Or ces auditions n’ont rien donné, sauf une petite chose : I. M. niait les insultes à caractère sexuel, parce qu’il n’y avait pas de policière ce jour-là, or deux de ses amis confirment, eux, la présence d’une femme sur le terrain. Bon. I.M. est sous contrôle judiciaire depuis le 23 juin.

Hier jeudi 19 octobre, le prévenu est absent et son avocat requis ailleurs, il fait demander un autre renvoi, mais le tribunal va juger, il prend le dossier en dernier pour laisser une chance au prévenu de venir mais il ne se déplace pas.

Tout juste 21 ans, une vie de famille aux Prés Saint-Jean, 3 mentions à son casier pour violences dans un transport en commun, violence avec arme, et recel, à quoi le parquet ajoute, pour que tout soit à jour, 2 mentions supplémentaires récentes, ça fait donc 5. Pour une affaire antérieure, le jeune homme a été acquitté aux Assises et en a fait un titre : il est celui qui a été acquitté… « toute puissance » répète la substitut du procureur, qui le verrait bien interdit du département, histoire de couper la spirale bien (mal) engagée sur Chalon.


Le tribunal, par jugement contradictoire à signifier, condamne I. M. à 8 mois de prison, et à payer, en tout, 2 600 euros d’indemnités (300 euros pour chaque policier et 500 euros pour leurs frais de justice).

FSA

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