Bourgogne
AEROPORT DE DIJON : François Sauvadet dénonce "le bal des Tartuffes"
Publié le 21 Septembre 2013 à 08h48
M. François Patriat, Président du Conseil Régional de Dijon
M. François Rebsamen, Maire de Dijon, Président du Grand Dijon
M. Patrick Laforêt, Président de la CCI Côte-d’Or
En réponse à votre courrier de ce jour, je tiens à vous réaffirmer, comme je vous l’avais indiqué dans mon courrier en date du 16 septembre 2013, que la décision du Conseil Général de la Côte-d’Or concernant l’aéroport de Dijon-Bourgogne est irrévocable.
Un contexte budgétaire de crise accentué par les décisions de l’Etat
Dans le contexte budgétaire que nous traversons – baisse des dotations de l’Etat, baisse de nos ressources propres, hausse des charges imposées par le Gouvernement et hausses des dépenses à caractère social – il ne serait pas responsable de la part du Conseil Général de la Côte-d'Or de poursuivre le financement de l’aéroport de Dijon-Bourgogne. Nous ne pouvons pas mettre en péril nos missions de solidarité et d’aménagement du territoire pour ce qui apparaît aujourd’hui comme un puits sans fond.
Un échec constaté et aucun projet viable de substitution
Je vous rappelle l’objectif initial du Projet Renaissance initié par Patrick Laforêt : atteindre un trafic de 250 000 passagers annuel. Six ans et 26 millions d’euros plus tard, le verdict est sans appel : 16 000 passagers au premier semestre 2013 ! Lors de notre réunion du mois de mai 2013, j’avais demandé l’élaboration d’un projet solide. Celui qui nous a été présenté est au contraire irréaliste. L’objectif présenté de 51 000 voyageurs n’a jusqu’ici jamais été atteint. Avec seulement deux lignes intérieures en service et une « liaison vers un « hub » européen » (alors que la LGV Rhin-Rhône nous place désormais à 1h02 de Mulhouse !), il est difficile de croire que cet objectif puisse être atteint, avec à la clé un plan de dépenses publiques de 22 millions d’euros sur 8 ans – montant volontairement sous-évalué.
Une sous-évaluation des coûts.
Chacun sait bien en effet que la Base Aérienne 102 ne pourra pas durablement assumer les charges de sécurité de l’aéroport. D’ici 2015, du fait des choix suicidaires du Gouvernement, l’Armée de l’Air va perdre 6 000 personnes et que cela ne sera pas sans conséquence sur la base aérienne. Les coûts qui nous ont été présentés sont volontairement minorés.
Une gestion erratique
J’accuse le Conseil Régional, par ses atermoiements et son refus d’assumer son rôle d’autorité affectataire depuis deux ans, par ses choix stratégiques hasardeux, d’être responsable du développement de l’aéroport de Dole, notamment grâce à son partenariat avec Ryanair, avec qui la Région n’a jamais voulu discuter. Ce refus s’est fait avec la pleine complicité du Grand Dijon qui a publiquement affirmé qu’il considérait que le low-cost devait être à Dole.
Le bal des tartuffes
Dès lors, le choix est simple. Faut-il continuer de dépenser sans compter l’argent public pour maintenir sous respiration artificielle un aéroport qui n’est pas viable ? Un aéroport dont François Rebsamen lui-même a déclaré qu’il n’était « pas vital » pour l’agglomération dijonnaise, dont François Patriat a jugé qu’il n’était « pas à dimension régionale », et dont la CCI se désengagera à partir de la fin du mois de mai 2014 !
Le choix de la responsabilité en tenant nos engagements
Dès lors, j’assume mes responsabilités et n’ai pas l’intention de polémiquer sur ce sujet. J’estime qu’un responsable politique doit savoir tirer le bilan de l’échec d’une politique publique et en tirer toutes les conséquences. En revanche, si, contrairement à leurs déclarations antérieures, la Région et le Grand Dijon estiment que cet aéroport est vital, il leur revient de prendre la responsabilité que la loi leur confie.
Afin de permettre à la Région Bourgogne et au Grand Dijon d’entamer des négociations avec Dole, les engagements du Conseil Général de la Côte d'Or seront tenus et je proposerai, comme je l’avais indiqué, à la prochaine session le vote d’un crédit de 432 000 euros jusqu’à mai 2014, pour solde de tout compte.
François SAUVADET, président du Conseil Général de la Côte d'Or
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