Agglomération chalonnaise

Bénévole à la SPA, Margot franchit le pas et adopte un chat du refuge

Bénévole à la SPA, Margot franchit le pas et adopte un chat du refuge

Entre excitation, questionnements et envie de bien faire, Margot découvre les fondamentaux d'une adoption réussie.

Margot a 24 ans, elle n’a jamais vécu avec des animaux de compagnie. Pourtant, l’envie naît d’adopter un chien. Acheter dans un élevage ? Adopter à la SPA ?

Le choix est rapide : ce sera la SPA.

Margot est à la fois pragmatique et soucieuse du bien-être animal : comment adopter un chien sans jamais avoir eu de contact avec la race canine ? « Peut-être que, avant de devenir responsable d’un chien, je devrais apprendre à m’en occuper, c’est-à-dire connaître ce qui lui fait du bien, ce dont il a besoin pour son équilibre, ce qu’il faut éviter… Pourquoi ne pas être bénévole au refuge à Châtenoy ? Ainsi, j’aurai une expérience au contact des animaux. »

La chose est décidée, Margot se porte volontaire bénévole en juillet 2025. En deux demi-journées, Lorena (responsable des bénévoles au refuge) lui enseigne les consignes de sécurité pour les balades quotidiennes des chiens : les précautions à prendre pour apaiser l’animal en entrant dans son box, lui mettre le harnais, veiller à ses interactions avec les autres congénères croisés durant la sortie.

Tout comme les humains, chaque chien a son caractère, ses peurs, ses talents et ses préférences. Durant ces 11 mois, elle découvre le profil des pensionnaires, les ententes et mésententes.

« Maintenant, je me rends compte que tous ces préjugés qu’on a, du type : “travailler dans une SPA, c’est trop triste ; adopter un animal de refuge, c’est risqué, on ne connaît pas son passé” sont faux. Ça, c’est le regard qu’on a avant. Avant de s’occuper des chiens du refuge. Et ces craintes s’effacent à leur contact régulier. »

La première rando

Margot se souvient de sa première randonnée avec Frida, une femelle malinoise du refuge. « Quand ça passe bien avec un chien et qu’on a suffisamment d’expérience, on vous permet de faire une balade ailleurs qu’aux abords de la SPA. Lorena m’a donné le feu vert pour Frida. Je l’ai emmenée en rando à Givry et c’était génial. Sac à dos préparé : de l’eau et un casse-croûte pour elle et moi. Nous avons randonné 5 heures en pleine nature, avec quelques pauses bien sûr. J’ai constaté qu’elle écoutait encore mieux que lors des balades du refuge. D’abord parce qu’il n’y a pas l’excitation des congénères et puis parce qu’on forme un duo. »

« Finalement, un chien peut avoir un passé lourd, mais dès qu’il se balade à vos côtés, il oublie tout et attend tout de vous. Alors non, ce n’est pas triste d’être bénévole dans une SPA ! »

Le projet d’adoption

« En tant que bénévole au refuge, j’entends parfois : “je veux ce chien-là, il est trop beau !”. D’après ma jeune expérience, je pense que ce n’est pas LE critère. Et, si ça débouchait sur un nouvel abandon, ce serait pire pour le chien.

Si je pouvais donner un conseil, je dirais : faites un tour des boxes, et allez discuter à l’accueil. L’équipe du refuge est top. Ils connaissent bien leurs résidents et sauront vous dire, selon votre profil, si ça peut matcher. Certaines personnes renoncent au chien parce qu’il demande trop d’investissement en temps pour eux. Je comprends que tout le monde n’a pas le savoir ni la patience pour éduquer un chien, c’est justement pour ça qu’il est super important d’en discuter avec les membres du refuge. Ils pourront vous dire si tel chien correspondrait à votre mode de vie ou non. Et ça, c’est essentiel pour établir une bonne relation dès le départ. »

Accueillir sans précipiter

Alexis, le compagnon de Margot, aimerait adopter un chat. Oui, un chat du refuge, mais lequel ?

Béatrice est bénévole chargée du soin des chats. Elle connaît le caractère de chacun. Pour commencer, il y a des chats d’extérieur et des chats d’intérieur – comprenez : qui s’accommodent bien à la vie en appartement. C’est précisément le cas de Margot et Alexis.

« Je suis allée en parler à Béatrice. Et sur son conseil, j’ai attendu qu’il y ait un chat “d’intérieur”. Alors Alexis et moi avons fait sa connaissance en plusieurs visites, seuls dans une pièce avec lui. Oreo est un mâle, né en septembre 2023 ; il est câlin et s’est vite retrouvé sur nos genoux. Nous avons attendu un samedi pour l’emmener, souhaitant être totalement disponibles pendant ces premiers jours d’acclimatation. »

La règle des 3/3

Lorsqu’il y a une adoption, on parle généralement de la règle des 3/3 : 3 jours pour que l’animal se sente en sécurité ; 3 semaines pour qu’il prenne des habitudes ; 3 mois pour qu’il se sente vraiment à l’aise.

« Sparrow – nous l’avons rebaptisé – vit avec nous depuis 4 mois. Il a pris ses repères, et nous, nous avons cerné ses habitudes. Il m’arrive parfois de demander quelques conseils à Lorena ou Béatrice. J’aime bien m’assurer que je m’occupe au mieux de notre petit félin. »

Et ce désir d’adopter, un jour, un chien ?

« Non, je n’ai pas renoncé, bien au contraire ! Mais je suis sûre d’une chose : une adoption réussie ne se fait pas dans la précipitation. Je veux être préparée pour l’accueillir. Et j’ai encore des choses à apprendre pour éduquer convenablement un chien. »

« Ce que je constate, que je découvre avec étonnement, c’est que m’occuper des chiens à la SPA m’a donné confiance en moi. Endosser une responsabilité vis-à-vis d’eux, voir leur résilience, leur évolution… C’est comme une école de la vie. »

Par Nathalie DUNAND
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Photos transmises par Margot pour publication.