Bourgogne
Passation de pouvoirs au Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne
Publié le 20 Décembre 2013 à 08h37
Mardi à Beaune, l’assemblée générale de l’Interprofession des vins de Bourgogne avait un goût particulier puisqu’il s’agissait de la dernière pour Michel Baldassini et Pierre-Henri Gagey, respectivement présidents des familles viticulture et négoce. Le vigneron de Ladoix, Claude Chevalier, préside désormais pour deux ans avant d’alterner avec Louis-Fabrice Latour. Si les marchés bourguignons continuent de battre des records, les pertes de récolte successives entraînent paradoxalement une situation de crise, inédite du fait de l’absence de stock.
Le président du conseil régional, François Patriat, le rappelait d’emblée : « comment avec des petits volumes garder nos parts de marché ? ». La question vaut surtout pour 2014 et 2015. En effet, le président délégué, Michel Baldassini, faisait un point sur la situation économique sur les huit premiers mois de l’exercice 2013. Les marchés se « comportent bien ». « Plus inquiétant », la récolte 2013 a été revue à la baisse et s’achemine plutôt « vers 1,25 millions d’hl » en étant « optimiste ». Du coup, les disponibles et les stocks à la propriété chutent, respectivement de -10 % et - 16 %, entrainant à nouveau mécaniquement une baisse des sorties (-15 % sur les deux mois de campagne par rapport à la moyenne 2008-2012).
Rapprochement avec le Beaujolais
Présentés par les familles respectives, CAVB et FNEB, les candidats aux postes de “co-présidents”, Claude Chevalier et Louis-Fabrice Latour, prenaient alors la parole avant le renouvellement des membres. Le vigneron de Ladoix se présentait comme ne voulant « pas être un président normal » mais voulant une « Bourgogne forte avec une viticulture face - ou plutôt avec - un négoce fort ». Un discours qui a encore des accents syndicaux, pour celui qui fut à l’origine de la création de la CAVB et premier président. Trente sept années après son père, Louis-Fabrice Latour accède aussi à la présidence de l’Interprofession. « Nous ne sommes pas des révolutionnaires mais des défis nous attendent avec moins de marges de manœuvre suite à l’accumulation de petites récoltes. Il faudra définir des priorités. Le rapprochement avec le Beaujolais sera peut-être un des événements marquants de notre mandature », annonçait-il déjà.
Deux préfets de Région acheteurs
Le préfet de Région, Pascal Mailhos, concluait les débats en évoquant une anecdote symbolique : « le prix est un élément favorable pour tirer tout le vignoble de Bourgogne. Mais c’est aussi un facteur défavorable. J’ai demandé aux autres préfets de Régions de toute la France : seul deux - dont votre serviteur – commandent des vins de Bourgogne ». Gare donc à ne pas avoir un positionnement et une image qui « à un moment peuvent desservir ».
Une interprofession « forte et moderne »
Après huit ans de présidence alternée, Michel Baldassini et Pierre-Henri Gagey faisaient un bilan de leur mandature. Ils remerciaient les « collectifs » (équipe, comité permanent, commissions…) d’hommes et de femmes.
Le dirigeant de la Maison Jadot citait son père : « tu peux prendre tous les mandats sauf la présidence de l’interprofession ; c’est trop de travail pour être conciliable avec la gestion d’une entreprise ». C’est ainsi que la co-présidence et l’alternance ont été instaurées pour donner également « une image d’unité essentielle » à l'extérieur entre les deux familles. Pierre-Henri Gagey le reconnaissait : « ce fut facile de travailler avec Michel Baldassini qui a beaucoup plus travaillé que moi et fait un travail énorme dont vous ne vous rendez pas compte », en guise de compliment au viticulteur de Cruzille. L’ancien président de la cave de Lugny saluait alors André Ségala, le directeur, véritable « guide » pour tous. Elu à la présidence du BIVB en 2003, Michel Baldassini évoquait les grandes périodes : 2005-07 relance de l’exportation ; 2008-10 crise internationale ; 2011-13 nouvelle relance des ventes. Michel Baldassini quitte une interprofession « forte, moderne, en recherche permanente d’innovations (Climats Unesco, Cité des vins, Plan Amplitudes 2015…) et d’actions (Grands jours de Bourgogne, trois Pôles, développement durable…) pour défendre les intérêts » des vins de Bourgogne.
Une baisse de budget de près d’un million d’€
Le trésorier du BIVB, l’Ycaunais, Christophe Ferrari, présentait les comptes. Si pour l’heure, les recettes ont été « supérieures » aux prévisions de sorties propriété – base de la cotisation – « l’année prochaine, les recettes seront vraiment en baisse avec les petites récoltes 2012 et 2013 ». Du coup, l’assemblée a voté des modifications budgétaires par rapport au budget initial. « Il est plus sage de baisser nos prévisions de sorties propriété. J’espère que cela suffira. Cela entraînera une baisse de budget de 960.000 € ». Soit presque 10 % du budget actuel tout de même.
Des mutants naturels ou sélectionnés ?
Botaniste et généticien, José Vouillamoz présentait « sa bible » (Wine Grapes) sur l’origine des cépages dans le monde. Ce docteur suisse a recensé avec ses collègues 42 pays possédant des cépages uniques (indigènes). La France est deuxième en terme de diversité, avec 204 cépages permettant de faire du vin, derrière l’Italie (377). Le botaniste a reconstitué ainsi 14 arbres généalogiques avec 156 cépages d’Europe occidental, schématisant les liens parents-enfants. Repartant de la définition d’un cépage, « une mutation qui a un impact visuel, appelé alors clone », les cépages fondateurs sont le gouais, le savagnin et le pinot.
Mais pour ce dernier, il « n’y a pas de famille. C’est un seul cépage mais tellement vieux qu’il a accumulé un grand nombre de mutations et produit une diversité de clones au fil des siècles ». La plus grande diversité se trouve dans le nord-est de la France. Les clones se disent d’ailleurs "de Dijon" aux Etats-Unis. Le terme a été arrêté en 1896 lors d’un congrès à Chalon-sur-Saône. Le pineau étant conservé pour d’autres appellations.
Le chardonnay provient bien du Mâconnais et l’aligoté est originaire de la vallée de la Saône. « Au final, pinot et gouais se sont croisés 16 fois pour donner le chardonnay, le gamay, l’aligoté, le melon… tous frères et sœurs ». Le gouais blanc se retrouve dans toute l’Europe occidentale et a eu une « grande progéniture » avec 80 “enfants” (riesling, furmint pour les tokaji…). « Finalement, le cabernet sauvignon n’est que l’arrière petit-fils du pinot » glissait le chercheur, qui connaît bien la rivalité confraternelle de notre région avec le Bordelais.
Sauver les cépages rares en les buvant
Moins réjouissant, il présentait les résultats d’une étude « alarmiste » prédisant que d’ici 2050, la carte des vignobles serait profondément modifiée par le réchauffement climatique en cours. « La Bourgogne serait plus ou moins épargnée mais avec des dégâts ». Il invitait à rechercher quel est l’optimum de nos cépages pour une « adaptation clone/porte-greffe/terroir » avec notamment « des portes-greffes à cycle long ».
Outrage ou courage, le Suisse expliquait avec neutralité la possibilité technique (biotechnologies) d’adapter les cépages par le biais d’obtention d’OGM « de façon très contrôlée ». Même si les scientifiques sont unanimes pour reconnaître que des mutations se font naturellement de tous temps, « la France n’est pas prête émotionnellement à les accepter ».
Ouvert à toutes les idées, il conseillait également de ne pas négliger les cépages « rares et oubliés », source de biodiversité et donc de gènes pour lutter contre les problèmes à venir. « Pour les sauver, la meilleure solution est de les boire ! », donc à cultiver…
Cédric Michelin
L'Exploitant Agricole
%20(600%20x%20400).jpg)
-
TRIBUNAL DE CHALON - « Par vengeance » trois jeunes mettent le feu à l’exploitation agricole où ils travaillaient à Lays-sur-le-Doubs. -
ADEDIS, Association des Entreprises du Domaine Industriel SaôneOr, a soufflé ses 10 bougies dans la belle humeur -
Chalon-sur-Saône : Gilles Platret a confirmé, lors de l'inauguration de la fête du Port, qu'une caméra de vidéo-protection sera installée prochainement au Port de Plaisance -
Le Centre hospitalier William Morey développe une nouvelle activité : la fermeture de Foramen Ovale Perméable (FOP) -
Carnet blanc : Geoffrey Baudrand et Anne-Élyse Gauthier se sont dit oui -
A partir de 2028, toute la navigation fluviale de la Saône au Rhône, jusqu'à Marseille sera commandée depuis Chalon-sur-Saône -
"Merci au "généreux" inconnu qui a libéré mon vélo électrique de ses chaînes" -
De Champforgeuil à Mercurey, l'esprit de Luis toujours présent -
Prise dans les rets d’un narcotrafic à Chalon, elle est jugée comme « nourrice » -
Bonne nouvelle : Yohan a été retrouvé -
Lyhanna : Rassemblement le 8 juin à 19h devant le Palais de Justice de Chalon sur Saône -
Bénévole à la SPA, Margot franchit le pas et adopte un chat du refuge -
En images - Les conscrits de Mercurey ont répondu présents ce samedi -
«Combien de Lyhanna encore ?» : à Chalon-sur-Saône, plus de 500 personnes dénoncent l'impunité des prédateurs sexuels -
RUGBY - Rencontre avec Alex Verri, le nouveau manager du RTC -
Chalon sur Saône vous réserve 3 mois denses en animations -
Saint Christophe-en-Bresse : la société de chasse de Serville-l'Abbaye-des-Barres ne recense aucun dégât de la part des sangliers cette année -
Le quartier du Palais de justice embaume ... -
Le Grand Chalon s'est donné rendez-vous au Colisée pour saluer Dominique Juillot -
Marnay : le club de pétanque sera représenté au championnat de France en triplette et en doublette -
Sennecey-le-Grand : près de 4 000 personnes à la 1ère soirée du festival du clos des Tourelles