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KidZania : un parc d’attractions pour enfants d’un genre particulier

KidZania : un parc d’attractions pour enfants d’un genre particulier

Avec son ouverture prochaine à Londres en 2015, ainsi que dans plusieurs grandes villes mondiales, ce parc à thèmes revient sur le devant de la scène actuellement. Soucieux du bien être des enfants, Info-Chalon s’est donc naturellement penché sur la question et vous livre son analyse.

KidZania est un parc à thèmes pour les enfants de 4 à 12 ans, créé et développé par l’entrepreneur mexicain Xavier Lopez Ancône. Le premier KidZania a d’ailleurs été ouvert à Mexico en 1999. Aujourd’hui on dénombre 16 parcs à travers le monde. Il devrait, selon les prévisions auxquelles Info-Chalon a eu accès [1], y en avoir 23 d’ici la fin 2015.

 

Ce parc est présenté comme une expérience de la vraie vie. A l’entrée, les enfants reçoivent un chèque qu’ils doivent ensuite encaisser à la banque pour pouvoir retirer des « KidZos » - monnaie du parc – et les dépenser comme bon leur semble. Afin de pouvoir gagner à nouveau de l‘argent, ils vont devoir travailler. Pour cela, une soixantaine de jeux de rôles les attendent. Ainsi, garçons et filles vont pouvoir expérimenter de façon ludique les métiers de pompier, médecin, pilote de ligne, caissier, banquier, livreur de pizza, pour ne citer que ceux-là.

 

Il faut l’admettre : le concept de ce type de parcs est très bien pensé. En effet, la plupart des KidZania sont installés à proximité d’un centre commercial. Ainsi, les parents peuvent-ils tranquillement laisser leur progéniture s’amuser à reproduire leur vie d’adulte et, pendant ce temps, s’en aller flâner devant les vitrines des magasins. Qu’en est-il alors de la surveillance des enfants ? A leur entrée dans le parc, ils sont tous équipés de bracelets électroniques contenant une puce de géolocalisation. Par ailleurs, des adultes formés les guident et les aident sur place.

 

A bien des égards, il est intéressant de les voir expérimenter d’une certaine manière la vie réelle,  ce qui devrait éviter à de nombreux parents d’entendre par la suite des réflexions, amusantes en raison de leur innocence, telles que « Si tu n’as pas d’argent, tu n’as qu’à faire un chèque »  ou encore « Va à la banque pour retirer des sous à la machine ». En effet, KidZania permet ainsi de leur montrer que l’on n’a rien sans rien, que tout salaire est le fruit d’un dur labeur, même si cela reste plus ludique pour eux que pour nous. Et de ce point de vue-là, KidZania, il faut bien en convenir, n’est pas sans intérêt. Ceci dit, qu’en est-il alors de la créativité et de l’imagination des enfants ? Ne cherche-t-on pas à les faire grandir trop vite ? Les plonger bien trop tôt dans le bain des responsabilités ? Il vaudrait peut-être mieux les laisser profiter de leur insouciance tant qu’ils le peuvent encore.

 

Surtout, ce qui est le plus discutable, le plus sujet à polémique avec KidZania, c’est l’omniprésence des marques. Joël Cadbury, Président de KidZania Londres, estime qu’ « une banque qui s’appellerait La Banque ne serait pas très réaliste ». C’est pourquoi KidZania travaille avec un certain nombre de partenaires industriels, tels que Coca-Cola, American Airlines, Domino Pizza, Mc Donald, HSBC, Samsung, Sony et bien d’autres encore, présents partout dans le paysage du parc. Nos enfants se retrouvent donc dès leur plus jeune âge sollicités par le consumérisme de la société dans laquelle nous évoluons. Or, s’il est vrai que ces derniers sont les consommateurs de demain, ne franchit-on pas là une ligne jaune ? La question mérite d’être posée. Aussi, si le concept de jeux de rôles est attrayant pour l’amusement de nos « kids », des réserves sont toutefois à émettre sur ce qu’il faut bien qualifier de conditionnement, dès la sortie du berceau, pour faire de nos enfants ces parfaits consommateurs que la société dans laquelle nous vivons nous incite inlassablement à devenir. 

 

Et il est plus qu’urgent de veiller à ce que, derrière le parc d’attraction, ne se cache pas un camp d’entraînement où seront fabriqués en série les futurs petits soldats de la société de consommation.

 

M.M.

 

[1] Site officiel de KidZania : http://www.kidzania.com/ (site en anglais)

Version française traduite : http://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=en&u=http://en.wikipedia.org/wiki/KidZania&prev=search