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A Paris la place de la République, Charlie oblige, est un arbre de vie aux fruits impérissables

A Paris la place de la République, Charlie oblige, est un arbre de vie aux fruits impérissables

La place de la République, d’une superficie de 3,4 ha et qui voisine avec les 3ème, 10ème et 11ème arrondissements, est surmontée d’une Marianne de bronze de près de dix mètres de haut. Quel lieu plus symbolique pour prouver son indéfectible attachement aux valeurs démocratiques ? Le dimanche 11 janvier des centaines de milliers de citoyens ont utilisé cette rampe de lancement afin de démontrer qu’ils étaient envers et contre tout des Charlie sur le sentier du combat pacifique face à l’ignoble malfaisance. L’arrière-garde ne compte pas baisser pavillon. Dans ses rangs, info-chalon.

Les espaces vacants du monument réduits à la portion congrue

Deux semaines après les interminables cortèges de personnes outrées par les inadmissibles atteintes à l’intégrité physique au sein de l’enceinte de Charlie Hebdo en particulier, en cette journée dominicale du 25, certes les flux phénoménaux appartenaient au passé. Il n’empêche que l’endroit sera nanti pour les siècles des siècles d’une aura inattaquable. Hier d’aucuns venaient encore observer attentivement les « reliques », qui à distance, qui en immortalisant ce qui était en vue (inscriptions, fleurs, bougies,...bref, ce que l’inspiration des concepteurs avait traduit sur le terrain). Là aussi la charge émotionnelle affleurait dans la discrétion, quant à ces stigmates de l’indignité humaine….

 

« La démocratie c’est l’hypocrisie de la violence »

Issus d’horizons divers, les obscurs sont venus faire allégeance à l’indicible ferment interactionnel, juste garant du blanc-seing raisonnable pour vivre ensemble. Pour Danielle, de Nantes, « ça me rappelle le vent de liberté avant tout. Ca m’a fait beaucoup de peine pour les personnes assassinées, quelles qu’elles soient. Ensuite j’ai éprouvé de la peur. Après, c’est le temps de la réflexion… » S’agissant d’Estelle et Dimitri, de Massy (Essonne), l’heure était aux retrouvailles à serrer la gorge. «Au début, nous ne nous étions pas trop rendu compte de l’ampleur de l’attentat. Puis on a réalisé, on a entendu les noms connus…Nous n’éprouvons pas de la haine, mais de l’incompréhension. On était là pour la marche. C’était très calme et humble. On se sentait beaucoup plus fort et soudés à la fin. » De Nathalie (Levallois-Perret, Hauts-de-Seine) : « Le jour J on a suivi tout ça avec les applications du téléphone, et en fait ça a été le choc pour tout le monde, car c’était un journal. La crainte, c’est qu’un certain libre arbitre puisse menacer notre liberté, et que des gens soient en mesure de l’utiliser pour tuer. J’ai marché ici le 11 janvier, un moment-clé pour notre pays. En revenant aujourd’hui, ça me paraît tout vide. J’attends désormais les premières élections et leurs résultats, en espérant que tout le monde prenne les bonnes décisions. » Alice (notre photo) est originaire d’Italie, de Pise. Ses parents l’accompagnaient. « Cela fait quatre mois que j’habite à Paris, et en Italie on a vraiment été choqué. On doit être libre de penser et d’écrire ce qu’on veut. Paris a bien maîtrisé la situation avec beaucoup de fraternité. Mes parents sont venus me voir, et j’ai voulu leur montrer ce qu’ils ont vécu de loin. » Agé de 78 ans, «  Christophe « (un pseudo) a consenti à partager le fond de sa pensée. Et d’emblée il a attaqué fort. «La démocratie c’est l’hypocrisie de la violence. Je crois en l’homme car c’est le Maître, il commande tout. Il y a deux choses pour ce qui s’est passé. Le coup de Mohammed Merah (terroriste exécuté en 2012 à Toulouse N.D.L.R) .a été combiné. Il a été envoyé partout dans le Monde pour espionner. C’était une manipulation. Ils l’ont descendu pour remonter la cote de popularité de Sarkozy. Maintenant, c’est à peu près ça. On essaie de mettre Hollande en l’air, et après ce sera la belle mouise.» Que prévoit-il ? « C’est difficile de dire que demain ce sera mieux. C’est au jour le jour, et ça change de minute en minute. Finalement, on se demande si on ne se trompe pas de cible. L’homme n’est pas franc, il est versatile… »

                                                                                 Michel Poiriault