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Myopes, astigmates, hypermétropes, presbytes : et si vous aviez de nouvelles possibilités pour abandonner vos lunettes de vue ?
Publié le 23 Mai 2015 à 00h36
La science fait chaque année de nouveaux progrès en matière de correction des troubles de la vue : lentilles, chirurgie, etc. Les lunettes ne sont donc plus depuis bien longtemps la seule option disponible. Et surtout, les recherches tendent à corriger de plus en plus durablement les maladies oculaires et non pas seulement à pallier au défaut visuel. Info-Chalon revient sur certaines innovations d’actualité.
Quelques 30 millions de français portent des lunettes, soit près d’un français sur deux. Des lunettes qui ne font que masquer les défauts visuels, sans pour autant les réparer, les personnes portant des lunettes devant consulter annuellement leur ophtalmologue et régulièrement réadapter leurs verres correcteurs à une nouvelle vision, souvent plus faible.
Car les maladies oculaires ne vont en général pas en s’arrangeant avec les années, que ce soit pendant la croissance où à un âge plus avancé.
Les lentilles ont alors été développées pour pallier à l’inconfort ressenti lors du port de lunettes : la lourdeur de les avoir sur le nez toute la journée, les passages du chaud au froid qui les couvrent de buée, le fait de ne pas pouvoir les porter en toute occasion – sous l’eau par exemple -, la pluie qui nous fait songer qu’on aimerait bien avoir des essuie-glaces intégrés, soit un certain nombre d’expériences désagréables qui ont encouragé certains à se tourner vers les lentilles.
En effet, les lentilles de contact, relativement souples, ont l’avantage de réduire les gênes occasionnées par les lunettes, grâce à leur facilité d’utilisation et leur caractère invisible. Néanmoins, certains utilisateurs ne supportent pas leur contact direct avec l’œil. Bien que cela ne soit pas non plus totalement prouvé, on constate que leur port permanent a tendance à arrêter ou diminuer la progression de la maladie, ce qui est un atout non négligeable.
Mais ce qui fait l’actualité en ce moment, c’est le développement de lentilles rigides, qui se portent exclusivement la nuit : c’est ce qu’on appelle l’orthokératologie. Cette technique développée pour les personnes atteintes d’une myopie inférieure à - 5, existe depuis les années 1960 et s’est largement démocratisée en Asie et aux Etats-Unis à la fin des années 1990. Arrivée en France en 2002, elle n’a séduit jusqu’alors que 1 à 2 % de français, mais suite aux dernières études publiées en Asie, qui visent à démontrer qu’elles ralentissent l’évolution de la myopie chez l’enfant durant la croissance, elle commence à se répandre. Le principe : mettre les lentilles rigides sur les yeux le soir avant d’aller se coucher et les ôter le matin au réveil. Durant la nuit, les lentilles modifient la courbure de l’œil et rétablissent la vision normale. Ainsi, il n’est nul besoin de porter des lunettes ou des lentilles la journée puisque la vision est nette. Néanmoins, l’œil a généralement tendance à reprendre sa forme initiale et ce type de traitement est donc permanent. Son coût : 400 euros en moyenne. La durée de vie de ces lentilles est d’environ un an et nécessite, comme les autres modèles, une hygiène rigoureuse et quelques visites ophtalmologiques en début de traitement.
D’autre part, pour les personnes atteintes de presbytie, une maladie plus répandue chez les personnes d’un certain âge en raison de l’œil qui fatigue de plus en plus, une lentille microscopique de la taille d’une épingle a été développée. Permanente, elle est implantée dans l’œil grâce à une légère opération chirurgicale et permet alors aux utilisateurs de revoir normalement de près. Une méthode relativement efficace, mais qui a néanmoins un coût : environ 3 000 €.
Enfin, s’il existe des solutions pour tenter de soigner les maladies oculaires, il faut également savoir que la technologie se met elle aussi au service de ceux dont la vision est déformée ou troublée. Ainsi, certains écrans peuvent aujourd’hui s’adapter à la vision de leur utilisateur. Plus besoin de verres correcteurs donc, mais vous ne pourrez pas non plus regarder votre émission préférée avec quelqu’un d’autre à vos côtés, puisque l’écran sera uniquement adapté à votre propre vision. Ingénieux et ultra personnalisé, mais plutôt conseillé pour les moments en solitaire.
De plus, de nouvelles applications pour smartphones, telles que Glasses off, Ultim Eyes, ou encore Eye trainer, ont fait leur entrée sur le marché. Elles proposent des exercices visuels qui, pratiqués plusieurs fois par semaine, permettent de muscler le cristallin et donc d’entrainer son œil à voir mieux tout en réduisant la fatigue oculaire. Ces applications sont proposées avec un abonnement mensuel d’environ 9 €. Si les développeurs en font la promotion avec un argument accrocheur – la possibilité de lire le journal sans lunettes après 3 mois d’entrainement – les ophtalmologistes sont plus réservés quant à l’efficacité de ce type de programmes, l’œil se laissant facilement distraire.
Ainsi, pour ceux qui ne seraient pas tentés par les méthodes plus musclées, de type chirurgie au laser, qui nécessitent réflexion et ne conviennent pas non plus à tous les types de maladies oculaires, la science met à disposition un certain nombre de moyens pour dire adieu à la paire de lunettes portée depuis bon nombre d’années, à condition toutefois d’avoir envie de changer.
M.M.
Petite explication des maladies oculaires précédemment évoquées :
- La myopie est la vision floue des objets éloignés. Le sujet doit alors s’approcher des objets pour les voir nettement.
- L’astigmatisme est un trouble de la vision qui se traduit par une déformation des images.
- L’hypermétropie est un trouble de la vue qui fait que l’on voit bien de loin et mal de près (en quelque sorte l’inverse de la myopie).
- La presbytie est une gêne pour voir nettement les objets rapprochés.
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