Côte chalonnnaise
Au creux de la vague, Thierry Vermot, ce boulanger-pâtissier qui cherche à se sortir du pétrin
Publié le 27 Mai 2015 à 17h19
Boulanger-pâtissier dûment patenté, Thierry Vermot ronge son frein depuis plusieurs mois, suite à une évolution de sa carrière qui n’a pas été des plus favorables. En retrait par la force des choses, le professionnel, contraint de lâcher la proie pour l’ombre, espère ne subir qu’une mauvaise passe. Il a en tout cas la ferme intention de s’en relever en faisant en sorte que cette traversée du désert soit aussi minorée que possible.
Le gros de sa carrière à Châtenoy-le-Royal
Cela fait trente-cinq ans que l’habitant de la Côte chalonnaise navigue par tous les temps dans le milieu. Après un premier magasin en 1984 à Besançon, c’est à Chalon-sur-Saône qu’il atterrissait en 1987, mais sa plus grosse période a été consacrée à la commune de Châtenoy-le-Royal, arrivé en 1993, où il a été responsable de deux points de vente : l’un sur l’Avenue Charles de Gaulle, l’autre sur la place du marché, tous deux estampillés « Paradis Gourmand », désignation ayant compté jusqu’à dix-sept personnes à la grande époque. Pour des raisons qui lui sont propres –trop de tout- Thierry a fini par céder le fonds de commerce, repris en mars 2014. L’enseigne s’est alors métamorphosée en « La croustillante », dont il est devenu l’un des salariés, au même titre que son épouse Françoise qui, elle, a continué sa fonction de vendeuse. A noter que la boutique située sur l’Avenue Charles de Gaulle est fermée. En délicatesse avec son employeur, Thierry Vermot s’est retrouvé chômeur à partir du début janvier 2015. Pas la meilleure des façons d’amorcer une nouvelle année !
« Nos produits ont toujours été connus et reconnus »
Celui qui travaillait quatre-vingts heures hebdomadairement, et est davantage référencé en pâtisserie-confiserie-chocolaterie qu’en boulangerie, métier appris sur le tas, et se retrouve à présent libre de tout engagement, est passé d’un extrême à l’autre. Les vacances forcées ne sont pas son dada. A 54 ans il ne s’avoue pas vaincu, et l’un des spécialistes du plaisir gustatif compte bien mettre à profit son savoir-faire pour les huit ans à remplir au minimum avant de faire valoir ses droits à la retraite « Nos produits ont toujours été connus et reconnus. On a la satisfaction du travail bien fait. » Le boulanger-pâtissier est un laudateur de la créativité. A titre d’exemple, il est le géniteur du Châtenoyen, un brownie aux noix à la base, agrémenté d’une mousse au chocolat. Miam ! L’amertume le gagne quand il toise la réalité économique. « Vingt ans en arrière, il n’y avait pas de gens au chômage. » En outre, l’esprit corporatiste n’est pas, à l’en croire, inoxydable. « Il n’y a pas de copinage dans ce métier », certifie-t-il.
Un plan B
Devant l’adversité, le roseau plie mais ne rompt pas. Idem pour le laissé-pour-compte. « J’ai la condition physique, la niaque. Je suis quelqu’un de dynamique et responsable, je sais gérer le personnel, les achats. J’ai toujours fait partie de ceux qui essaient de sortir la tête de l’eau. Tout s’étudie, ma situation ne me permet pas de faire le difficile. Je ne suis pas fatigué du commerce. Demain, si on m’offre une place de boulanger, et (ou) de pâtissier, j’accours. J’irais de Beaune à Mâcon sans problème » Le temps presse, surtout qu’il n’a pas pour habitude de se la couler douce en bayant aux corneilles. Il a droit à dix mois de chômage à partir du 1er avril. L’idée d’endosser le statut d’auto-entrepreneur lui trotte en tête. « J’ai envie de me spécialiser dans le dépannage en boulangerie-pâtisserie, de l’intérim personnel. Lorsqu’il y a des vacances, des travailleurs en maladie, de l’imprévu, etc. ça pourrait être bien utile. Je vais envoyer des CV à tous les boulangers des environs. » Ensuite, advienne que pourra…Avouez tout de même que ce serait plus adapté à ses capacités, que ce à quoi il n’a pas définitivement renoncé : une éventuelle introduction dans le milieu des pompes funèbres, car c’est le secteur qui embauche le plus par rapport à son âge…Thierry Vermot est joignable au 03.85.45.09.04, ou à l’adresse : [email protected]
Michel Poiriault
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