Chalon sur Saône
Le collectif 240 veut voyager loin, ménageant sa monture en ne grillant pas les étapes
Publié le 30 Mai 2015 à 00h14
Décidé en novembre 2014, inscrit noir sur blanc dans le Journal officiel au mois de janvier 2015, le collectif 240 à visée artistique est tricéphale. Chloé Pagny, Francis Martin et Vincent Maupas en forment un substrat fertilisant et composite nullement figé dans le temps ou rivé à d’incompressibles diktats, mais au contraire susceptible d’être florifère à l’envi.
Leur première « grande » expo, bientôt
Comme il a bien fallu quelqu’un pour lancer le processus fédérateur, eh bien ce fut Vincent. La finalité réside dans le fait de se regrouper pour le plaisir de partager, car tous trois ont des univers bien différents. Ils se sont rencontrés en cours du soir à l’E.M.A. (Ecole Média Art) Fructidor de Chalon-sur-Saône (les trois planchent sur le dessin, alors que Chloé et Francis ajoutent la sculpture), et ensuite les affinités ont fait le reste. S’ils ne travaillent pas encore sur des projets communs, ne vous faites pas de mouron, c’est prévu. Construire petit à petit, puis intégrer de nouveaux artistes, élaborer collégialement, faciliter les expos, décomplexer les personnes partantes, il y aura sans conteste de quoi développer avec, en ce qui les concerne, leur vision assez contemporaine de l’art. L’échange a été ouvert à tout : la photo, le street-art, le graff, etc. Ceci nécessite une démarche, une envie derrière. C’est plus pour s’aider et grandir ensemble. Exit l’enfermement, bienvenue à une espèce de commensalisme ! « Le tableau, une fois qu’il est réalisé, ne nous appartient plus. Nous sommes simples dans ce que nous voulons offrir. Le but est de ne pas saouler les gens, qu’il y ait des rotations », clament-ils en chœur. A ce sujet feront-ils montre de leur doigté et de leur ingéniosité à la faveur d’une exposition à l’Office de tourisme et des congrès du Grand Chalon, du lundi 15 au dimanche 21 juin. Nous aurons l’occasion d’en reparler. Laissons leur pour l’instant évoquer à tour de rôle leur feu intérieur.
Cette appétence à sortir des sentiers battus
Francis, 35 ans (avec les lunettes noires). « Ca fait pas mal de temps, une quinzaine d’années, que je dessine et que je peins assez régulièrement, surtout des portraits. Quand j’étais jeune, je faisais du graphisme. C’est quelque chose dont j’ai besoin, l’intérêt est là, ça permet de décrocher de la vie normale. » Vincent, 35 ans. « Je dessine depuis l’enfance. Etant donné que je suis coiffeur, il y a l’obligation professionnelle de m’intéresser au dessin. L’effet déclencheur s’est produit trois ans en arrière. J’ai eu envie d’être curieux, de me lancer dans le dessin et la peinture. L’E.MA. a permis d’apporter de la confiance, et d’oser. J’ai commencé avec quelques tableaux figuratifs, et après ça a été l’art abstrait qui me donne beaucoup plus de liberté, et l’opportunité de s’échapper de la vie réelle. Il y a ce besoin de marquer sa patte et d’être soi. » Chloé, la benjamine, 33 ans. « Ca remonte à ma tendre enfance, à 6 ans je prenais des cours de sculpture et de poterie. Mes parents n’étaient pas du tout artistes, mais passionnés par l’art en général. J’ai commencé à peindre sur toile enfant, ai toujours peint avec différentes techniques. Avoir un bac L et être diplômée en arts graphiques ne m’a pas trop plu, car ça comprend trop de contraintes artistiques. Je ne pouvais pas travailler, car l’art n’est pas une contrainte. Il faut que je décide ce que j’ai envie de faire. J’ai beaucoup dessiné, mais maintenant, très peu, mis à part à l’école, autrement je sculpte sur toutes les matières. » Artistes prêts à vous fondre dans le collectif ? facebook.com/collectif240
Michel Poiriault
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