Givry
A Givry Jacquelina, à laquelle l'Adie a prêté main-forte, met au monde des bijoux à la personnalité affirmée
Publié le 09 Novembre 2015 à 12h43
Du lundi 2 au vendredi 6 novembre des portes ouvertes ont été instaurées au profit des femmes qui ont monté leur entreprise, ou alors qui seraient enclines à le faire. Instigatrice de l’opération, l’Adie (Association pour le droit à l’initiative économique) a eu du répondant sur l’échiquier bourguignon en Côte d’Or et en Saône-et-Loire. Arrêtons-nous sur le cas de Jacquelina, forte de ses réalisations verrières savamment ouvragées, qui a pignon sur rue à Givry, au n°41 de la rue de la République, boutique ouverte de 9h30 à 12h, et de 15h à 19h, sauf le dimanche et le mercredi.
Un univers de joliesse, quelquefois utilitaire
Perlière et fileuse de verre, la créatrice donne naissance à ses propre perles, et elle fabrique des bijoux (de 6,00 à 45,00 euros) avec, s’adressant à tous types de personne de tous les âges. Ce ne sont que des pièces uniques essentiellement confectionnées en verre, mais pas seulement puisque porcelaine froide, céramique, verre fusionné, même des bijoux rétro, forment ses attributs. Cette passion a pris racine en 2008. Jacquelina a débuté son activité sur le terrain au mois d’octobre 2011 alors qu’auparavant elle se cantonnait à Internet. A présent cumule-t-elle les deux aspects : « Je vends des perles pour les créateurs, et sur Facebook (L’atelier de Jacquelina-G) je vends mes bijoux une fois par trimestre, sous la forme de ventes privées.» Son imagination est débordante, applicable à de nombreux champs exploratoires : boucles d’oreille, bagues, bracelets, pendentifs, colliers, un peu de montres, objets dépendants des arts de la table, laine feutrée, etc. Ici l’ensemble des beautés sont faites main, hormis bien entendu les montres. Soucieuse de pousser plus avant ses investigations, la conceptrice-réalisatrice attend la réception d’un nouveau four, car elle va se mettre à un alliage de verre et de céramique. Jacquelina accède par ailleurs à vos désirs grâce aux bijoux sur-mesure, ou les répare, ainsi que les montres. Contacts : [email protected], 06.86.79.36.08
3000 euros pour que Jacquelina soit en mesure d’échafauder son plan de lancement
Reconnue d’utilité publique, l’Adie (portée sur les fonts baptismaux en 1989) est une association qui vient en aide aux personnes en marge du marché du travail, en butte d’autre part aux barrières dressées pour pouvoir bénéficier du crédit bancaire classique. A l’aide du microcrédit octroyé par ladite association (innovatrice soit dit en passant en la matière, tant en France qu’à l’étranger, plus de 150.000 prêts à ce jour), le demandeur, la demandeuse (2/5 fondateurs d’une entreprise sont des femmes), ont la possibilité de bâtir leur affaire. Rien n’est cependant gagné d’avance. Un rendez-vous d‘instruction à l’Adie est nécessaire, où un état prévisionnel des recettes et des dépenses estimées est passé au crible, avec un regard avisé sur le seuil de rentabilité, à partir duquel la personne peut se dégager un salaire. Quand un dossier est décortiqué, il est impératif que la confiance réside autant dans la personne que dans le dessein. L’un des bénévoles saône-et-loiriens, le Givrotin Robert Darnauguilhem, ramène la problématique à sa juste proportion. «On ne veut surtout pas au travers d’un prêt enfoncer une personne. Il faut absolument que le comité de crédit sente si le projet est viable. L’idée, c’est que le créateur ait un espoir et l’envie de s’en sortir, qu’il soit positif, qu’il veuille aller de l’avant. Lorsque le prêt est accepté, l’argent suit deux à trois semaines après. » Jacquelina a été contrainte d’en arriver là, car son démarchage auprès des banques devait aboutir à une fin de non-recevoir, celles-ci ne croyant pas en son projet. A quelque chose malheur a donc été bon, puisque la quémandeuse a perçu une somme de 3000 euros (au plan national la moyenne s’élève à 4000 euros, la Givrotine souscrivant par ailleurs depuis deux ans une micro-assurance), sachant que ce n’est pas une fin en soi, une autre sollicitation sur un sujet précis pouvant très bien être avalisée par la suite. En règle générale, si le plafond du dépannage financier s’élève à 10.000 euros, l’échelonnement du remboursement est de vingt-quatre, trente-six, voire quarante-huit mois.
Trois-quatre rejets avant d’homologuer
Il faut savoir que le taux de l’Adie tourne autour de 6%, il comprend un prêt d’honneur pour les 2/3, avec un tiers à taux 0, ce qui ramène le taux à 4%. Après deux ans, les personnes sont à 70% encore en activité, ce nombre prenant un coup de mou une fois les trois ans consommés, puisqu’elles ne sont plus que 60% à poursuivre. Parmi les gens dont l’entreprise a sombré, 80% ont rebondi ailleurs. Preuve que l’on ne badine pas avec les conditions d’acceptation, la dure réalité des chiffres se pose en garde-fou. « On voit trois-quatre clients potentiels avant de signer un contrat », atteste Robert. Annuellement, ce sont trois cents dossiers qui sont traités dans le département (dépendant de la direction territoriale implantée à Dijon), où deux salariés oeuvrent (l’un au nord, l’autre au sud, indépendamment des six bénévoles). Tout vœu de réalisation éventuelle peut être transmis au quartier général situé 5, boulevard de la République à Chalon-sur-Saône. Conseillère Adie, Marie Beaulaton entre autres saura vous aiguiller dans la bonne direction. Renseignements : 06.73.88.87.98, ou [email protected]
Michel Poiriault
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