Givry
Des poupées russes paradent à Givry, mais pas qu'au sens où on l'entend généralement
Publié le 06 Juillet 2016 à 16h29
Un parfum d’Est souffle à l’heure actuelle sur la Halle ronde de Givry, devenue quelques jours durant le temple de la poupée, russe qui plus est. Avec Margarita Kustikova et Galina Chaianova l’objet en question s’anime immanquablement d’une expressivité qui fait la part belle aux pulsions créatrices des deux artistes, chacune à sa manière. Le hic, c’est que dimanche soir c’en sera fini. Alors hâtez-vous d’embrasser ce pan de culture…
Une philosophie humaniste
Les duettistes avaient entamé le tissage de leur toile en exposant à la Galerie du Châtelet de Chalon-sur-Saône en 2015, puis au printemps dernier à la Halle ronde déjà, dans ce cas avec deux poupées en tout et pour tout. La spécificité de leur travail a manifestement créé un déclic chez Jean-Claude Dufourd, le président d’Animation en Côte chalonnaise (A2c), association organisatrice. Cerise sur le gâteau : Margarita et Galina, dont la base arrière est positionnée en Allemagne, ont fait un déplacement spécialement pour la circonstance, ce qui confère à l’expo une aura particulière. S’exprimant fort bien en français, Margarita, citoyenne du Monde qui a appris la langue de Molière à Moscou, ne prêche pas que pour sa paroisse, mais souhaite évangéliser un maximum. « On aime beaucoup les Français. On voudrait travailler pour l’amitié Europe-Russie, et France-Russie, avoir des échanges, être dans le système international. Il y a des talents dans tous les pays, et on fait partie d’une grande richesse mondiale d’art. Je pense que l’on a notre propre richesse et que nous devons la montrer à d’autres, et vice versa. »
Le mélange des genres
On n’échappe pas à ses racines. La tradition de la matriochka (poupée gigogne), figurine russe stéréotypée, s’avère l’apanage de Galina, soucieuse de perpétuer la pureté originelle. Toutefois un certain attrait pour la contemporanéité la pousse désormais à sortir de ses sentiers battus et à présenter des produits finis empreints d’une singularité flambant neuve. Concrètement parlant, c’est une pâte de papier qui sert de substrat à la future poupée, au sein de laquelle la carcasse en grillage jouera un rôle prépondérant. Modelage encore et toujours, séchage, coloration, ajout de divers attributs, sans minimiser la maturation, dévoreuse de temps. Le tout au profit de la glorification de l’enfance et d’une naïveté peu ou prou larvée. Adepte de la modernité, Margarita explique sa façon d’appréhender les choses. « Il ne faut pas oublier l’enfant qu’on a au fond de soi. La poupée c’est mystique. Quand on la commence, c’est avec une idée. C’est long, ça raconte toute une vie. Les tableaux sont beaucoup plus faciles à réaliser. Le sentiment coule sur le tableau », raconte-t-elle. Galina est plus casanière que Margarita, qui voyage abondamment. Les réalisations de la première sont plus statiques que celles de la seconde, à la recherche de l’expression, du mouvement. Cette belle interdépendance augmente ainsi la valeur intrinsèque du capital artistique. Chaque personnage miniature déclenche un questionnement intérieur, fournissant de facto autant de motifs de satisfaction. Histoire de démultiplier l’impact visuel autant qu’émotionnel des poupées, des peintures, grandes et petites photos, garnissent harmonieusement par ailleurs les murs de la Halle. Du 100% « made in Russia » à une exception près, la pièce monumentale située près de l’entrée. Et puis, élan de générosité aidant, les trente-deux pièces du jeu d’échecs rejoindront l’escarcelle de l’association A2c, en vue d’une vulgarisation optimale.
Les détails pratiques
L’expo-vente est ouverte chaque jour de 10h à 12h30, et de 15h à 18h30, jusqu’au dimanche 10 juillet inclus. Entrée libre. Renseignements : 03.85.41.58.82, www.animation2c.fr
Michel Poiriault
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