Culture
Le sel de l’aube, le roman à trois têtes d’Emmanuel Mère est disposé à rougeoyer rapidement…
Par Michel Poiriault
Publié le 17 Septembre 2025 à 15h31
L’imaginatif tout autant que fertile écrivain régional Emmanuel Mère vient se rappeler au bon souvenir de ses lecteurs, et de ceux en passe de l’être, puisqu’il dédicacera son dernier ouvrage en date –Le sel de l’aube- à Chalon-sur-Saône, dans l’admirable et rassérénant cloître de la cathédrale Saint-Vincent.
Deux événements simultanés
Si les Journées européennes du patrimoine battront leur plein samedi 20 et dimanche 21 septembre, il est une autre manifestation d’envergure qui s’ouvrira au plus grand nombre dans le même temps : Le Cloître aux Livres, lequel fera se côtoyer vingt-quatre auteurs de Bourgogne-Franche-Comté, de 10h à 18h. L’accès sera libre. Oyez, oyez, braves gens…
Une fécondité éprouvée à maintes reprises
On avait laissé le littérateur Emmanuel Mère en 2024 avec son livre Le bicycliste, puis le calme (du moins pour les liseurs) préfigura l’hypothétique tempête dans les crânes. Exit cette fois-ci les récits, les essais, le conte, la poésie, l’Histoire, les documents, la contribution à des magazines, les pensées et la fantaisie, tous domaines pris à bras-le-corps auparavant par le narrateur, et place nette en faveur du roman. Un genre travaillé seulement à deux reprises jusqu’à présent, alors que le rédacteur, excusez du peu, peut légitimement revendiquer sa quarante-et-unième publication tout compris (début des hostilités en septembre 1993 avec son recueil de poésie Confidences), les collectifs inclus ! En attendant le nombre symbolique des cinquante…
Un joli pavé révélateur de 450 pages
Dans le cas présent son ouvrage tricéphale, où fleurissent notamment citations et valeur ajoutée suggestive, présente la particularité d’être du trois-en-un. Les deux premières parties sont consacrées à l’exhumation de ses deux romans précédents, à savoir Un ciel de traîne, paru en 2008, ainsi que Demain est une autre vie, né en 2015. Et donc Le sel de l’aube, porté sur les fonts baptismaux en 2025, qui effectuera ses tout premiers pas à l’intérieur du cloître. Il n’y a au demeurant aucune continuité entre les trois livres, chacun défendant de fort belle manière les couleurs de son écurie. Selon Emmanuel, « L’ensemble, ça fait une philosophie de vie. Les trois phrases terminales de chaque ouvrage résument la pensée globale. »
On va passer de vie à trépas dans Le sel de l’aube…
Le sachant a dans son dernier livre en date, fait ami-ami avec ce qu’il n’avait jamais abordé, autrement dit le roman policier. «Le polar, c’est un jeu de piste », caricature le géniteur. La trame, le cheminement, se frayent un passage dans la luxuriance des termes triés sur le volet, nantis d’un impact significatif. A la solde d’un suspense évolutif, car l’intrigue finale n’aura abdiqué qu’après avoir longuement lutté pied à pied. « Il y a deux personnages centraux, un homme et une femme, un peu dans l’esprit des Amants diaboliques. Même s’il n’y a pas que ces deux-là, on rebondit d’un personnage sur l’autre. L’histoire se développe et s’analyse à chaque portion de vie. Chaque personnage a sa partie qui s’imbrique, ça permet de fournir l’histoire », dévoile-t-il. Avant de poursuivre : »Le lien ? La sortie de l’ombre. Ce qui est intéressant, c’est l’appel de la lumière. On reste dans un aspect humain au début. Dans le polar on est pris au jeu, l’ouvrage nous implique, on fait le travail d’inspecteur. On est plus acteur du livre que dans d’autres ouvrages. Le polar s’affranchit des lois tout court. Ça permet de se recentrer sur le côté sociétal. J’affectionne le côté psychologique des personnages. » Son Triangle des Bermudes : Pouilly-en-Auxois, Saint-Etienne, Clermont-Ferrand. Du macchabée en perspective…
Le mot de la fin
« Je me suis bien amusé à écrire des scènes de violence, mais je ne suis pas un assassin en puissance ! », confesse ironiquement l’auteur. Qui, dès lors, pour se rallier à son beau panache blanc ? A fortiori lorsque l’on fait sienne son assertion : »L’auteur passe son temps à écrire le livre qu’on a envie de lire. »
Histoire de se fondre dans son univers plus avant :
- https://emmanuelmere.wixsite.com
Michel Poiriault
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