Chalon sur Saône

Quitter sa zone de confort pour partir à la quête de soi avec Bernard Werber…

Quitter sa zone de confort pour partir à la quête de soi avec Bernard Werber…

L’énigmatique Bernard Werber mettra en avant son Voyage Intérieur Expérimental le jeudi 13 novembre à partir de 20h à la salle Marcel-Sembat de Chalon-sur-Saône. Traverser de part en part son soi-même, ce sera à la fois le plus court, et le plus long des périples, insoupçonnable encore à cette heure…

Assisté de la harpiste Vanessa Francoeur, l’homme aux multiples facettes qu’est Bernard Werber s’emploiera à vous guider, pour peu que vous lui accordiez un blanc-seing, vers des univers lointains et personnalisés…à moindres frais !

Le voyage intérieur vaut-il, ou dépasse-t-il, tous les voyages en bonne et due forme ?

«Le voyage intérieur est complémentaire du voyage extérieur, c’est-à-dire que c’est une visite de son propre inconscient. Ca complète la visite de sa propre planète. Au contraire, j’incite les gens à beaucoup bouger pour avoir encore plus de visuels, quand ils veulent après imaginer des corps fantastiques. Et puis, le concept du voyage intérieur, c’est faire un peu de tourisme dans son propre esprit, ça n’a pas plus d’ambition. »

Qui se prête volontiers à cette expérience ?

« C’est tout public, il y a parfois des enfants, même si je pense que pour pouvoir rester tranquille pendant deux heures il vaut mieux déjà avoir un certain âge, surtout que les jeunes sont de plus en plus impatients. Il y a vraiment tous les âges, tous les milieux, et puis ça ne marche pas sur tout le monde. Ca ne marche que sur ceux qui en ont envie, mais le spectacle, même si on n’arrive pas à se calmer pour faire de la méditation et se décontracter, c’est de la musique, des histoires, c’est quand même un vrai dépaysement. C’est une vraie parenthèse enchantée. »

Vous êtes professionnel, tout comme la joueuse de harpe qui vous accompagne. Le public est, quant  à lui, amateur, et peut-être pas spécialement préparé. Un handicap ou une force ?

«Professionnel, je ne sais pas, parce que j’ai inventé mon propre spectacle, donc je ne sais pas à quel moment on peut dire qu’il est professionnel ou amateur, en tout cas chaque fois je l’améliore, c’est ce qu’on appelle du spectacle vivant. C’est très interactif, on ne sait pas comment les gens vont réagir, chaque spectacle est différent. Le public n’a pas besoin du tout d’être préparé, c’est juste qu’il faut qu’il ait envie de s’amuser avec quelque chose de nouveau. D’ailleurs, l’un des principes du spectacle c’est de réveiller leur curiosité et leur envie de découvrir un nouvel outil pour s’amuser avec leur imagination. »

L’écriture est-elle le moyen de sortir des sentiers battus ?

« L’écriture, c’est quelque chose que je pratique depuis l’âge de 9 ans. C’est un moyen pour moi de faire le point, de mettre de l’ordre dans mes pensées, et en même temps de m’évader vers des mondes imaginaires avec des personnages imaginaires. Par contre, le fait de monter sur scène, c’est une manière de faire du spectacle vivant ; quand je raconte une histoire j’entends le public rire et réagir. C’est complémentaire du travail d’écriture. »

L’invisibilité représente-t-elle une remarquable piste d’envol ?

« J’ai l’avantage d’être un romancier, et donc je n’ai pas à trouver quedes choses qui sont authentifiées par les scientifiques avant de commencer. Mon but c’est juste de faire rêver ou de réveiller des choses chez les gens. Maintenant, c’est sûr que le monde de l’histoire des réincarnations, des âmes, de la persévérance de notre esprit au-delà de la mort, ce sont des domaines romanesques extraordinaires. Ils ne seront jamais vérifiables par la science. C’est de la matière, et pour mes romans, et pour les spectacles, car je propose aussi aux gens d’utiliser leur esprit et leur imaginaire pour s’envoler. »

Comment reconsidérer le règne animal ?

« Justement, c’est l’un des thèmes récurrents de mes livres : la reconnexion à la nature. Ça se fait tout simplement. C’est le fait de se promener en forêt, de fermer les yeux et de sentir la forêt. Le stade suivant, ce serait tenter de communiquer. C’est le thème de mon dernier livre qui s’appelle La voix de l’arbre, et pour le reste, c’est selon les envies de chacun. Il ya des personnes qui ne se sentent pas spécialement concernées par l’urgence écologique, et d’autres qui le sont plus. En tout cas il ne me semble pas que la politique soit la solution, c’est à chacun de faire à son niveau du mieux qu’il peut. »

De quelle façon expliquez-vous votre popularité élevée en Corée du sud, par exemple ?

« Ils sont très concernés par tout ce qui concerne le futur, je suis totalement dans ce qui les intéresse, à savoir comprendre où l’on va, je n’ai pas de meilleurs termes. En France nous n’avons pas vraiment de littérature qui parle du futur, donc je suis un peu un élément hors système. »

Accordez-vous du crédit aux critiques ?

«Les critiques, pour l’instant, ne m’ont pas spécialement attaqué, dans la mesure où je crois que je ne suis pas vraiment, ni dans le monde des prix littéraires, ni dans le monde du polar, de la science-fiction, du fantastique. Et en même temps je touche un peu tous ces domaines, donc ils ne savent pas très bien où je suis. Je crois surtout qu’ils n’ont pas compris ce que je fais, donc ils ne parlent pas de mon travail. J’attends plus du bouche-à-oreille, des gens qui ont lu le livre et en parlent sur les réseaux sociaux, que du système littéraire classique. »

Y a-t-il encore un secteur d’activité qui vous échappe, et qu’il vous plairait d’amadouer ?

« Oui. Déjà, je voudrais améliorer tout ce que je fais en spectacle vivant. Ensuite, il y aura un moment où il faudra quand même que je revienne dans le monde du cinéma, mais j’attends de trouver les bonnes personnes avec qui fonctionner. Je ne suis plus pressé, j’ai juste envie de fonctionner avec des gens de confiance, avec lesquels je sais qu’on est sur la même longueur d’onde. Pour l’instant, je n’ai pas trouvé. Depuis Claude Lelouch qui m’a produit Nos amis les Terriens, je n’ai pas trouvé une production dans laquelle je me sente suffisamment en confiance pour continuer le cinéma. »

A quoi les personnes qui vous suivent peuvent-elles s’attendre pour la suite ?

«Je vais sortir comme d’habitude un livre tous les ans. Je suis en train de préparer celui de 2026. En général j’alterne : un coup la spiritualité, un coup la science, donc La Voix de l’arbre c’était un livre tourné sur la science, l’écologie, les technologies. Le suivant sera à nouveau tourné sur la spiritualité. »

 

Il reste des places

Coût à l’unité : 37,00 euros. Points de location habituels.

                                                                                               Propos recueillis par Michel Poiriault

                                                                                              [email protected] 

Bernard Werber