Cinéma

Soirée spéciale La Bobine : «Météors», entre grisaille et lumière

Par Karim BOUAKLINE-VENEGAS AL GHARNATI

Publié le 14 Octobre 2025 à 10h30

Soirée spéciale La Bobine : «Météors», entre grisaille et lumière

La salle 9 du Mégarama Chalon a vibré au rythme de l'émotion et du partage lors de la projection du film, suivie d'un débat passionnante avec le réalisateur, Hubert Charuel. Plus de détails avec Info Chalon.

Du monde dans la salle 9 du Mégarama Chalon ce lundi 13 octobre 2025, pour une soirée spéciale organisée par La Bobine, l'association chalonnaise pour le cinéma, autour du film «Météors», en présence de son réalisateur Hubert Charuel. Le cinéaste haut-marnais, déjà remarqué avec «Petit Paysan», est venu à la rencontre du public pour présenter son nouveau long métrage, sorti en salles le 8 octobre. 

Cette projection a été suivie d'un échange chaleureux et passionnant avec la salle, où se mêlaient cinéphiles, curieux et fidèles spectateurs du cinéma art et essai.

Une chose est sûre, le public de La Bobine a salué la justesse du jeu, l'émotion brute et la profondeur de ce récit d'amitié abîmée mais indestructible.

Trois amis, une amitié à l'épreuve
Récompensé par le Prix du Jury Pass Culture (Un Certain Regard, Cannes 2025) et le Prix du Public au Festival de La Baule, Météors confirme le talent singulier d'Hubert Charuel pour raconter l'humain dans sa fragilité.

Synopsis : Diagonale du vide. Trois amis inséparables. Tony est devenu le roi du BTP, Mika et Dan les rois de rien du tout. Ils ont beaucoup de rêves et pas beaucoup de chance. Après un nouveau plan raté, Mika et Dan doivent se sauver d'ici, et même se sauver tout court. Ils se retrouvent à bosser pour Tony dans une poubelle nucléaire. Est-ce le début d'une nouvelle vie ou la fin de tout ?

Avec Paul Kircher, Idir Azougli et Salif Cissé.

Ce trio dégage une intensité rare, portée par une sincérité bouleversante.

Hubert Charuel, un cinéaste fidèle à ses racines
Durant le débat animée par Chantal Thévenot, la présidente de La Bobine, Hubert Charuel est revenu sur la genèse du film et sur ses liens indéfectibles avec la Haute-Marne, «ce territoire où j’ai grandi et que je voulais filmer sans misérabilisme». Après avoir exploré le monde agricole dans «Petit Paysan» (César du meilleur premier film en 2018), il s'attache cette fois à une jeunesse urbaine en perte de repères.

«C'est l'histoire d'un territoire et de gens qui s'intoxiquent pour survivre», a-t-il confié, expliquant aussi sa volonté de mêler les genres : drame social, polar, comédie, jusqu'à la science-fiction.

Une projection marquée par l'émotion
Applaudi à la fin de la séance, le réalisateur s'est prêté avec générosité au jeu des questions, évoquant aussi la complicité des trois acteurs principaux : «Le cœur du film, c'est eux. On a cru à leur amitié dès les premiers jours de tournage».

Une soirée spéciale La Bobine à la fois simple, sincère et émouvante, à l'image du cinéma d'Hubert Charuel : un cinéma de chair, de fraternité et de lumière, qui met en avant ceux dont on ne parle que trop peu.

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati