Culture

Philippe Candeloro-Nelson Monfort, les deux larrons ont bigrement fait la paire à Chalon

Philippe Candeloro-Nelson Monfort, les deux larrons ont bigrement fait la paire à Chalon

Pour A Chalon Spectacles c’était la rentrée ce vendredi 31 octobre en la salle Marcel-Sembat. Un redémarrage en douceur sans la foule des grands soirs, avec pourtant une affiche Ça patine à Tokyo destinée à mettre du baume au cœur en ces temps difficiles.

Des duettistes très proches

Pour le retour en grâce de la saison culturelle, Chalon-sur-Saône est devenue temporairement « terre d’asile » pour deux interprètes médiatisés : Philippe Candeloro et Nelson Monfort , lesquels en pincent désorm  ais, et entre autres, pour la fonction théâtrale pure. Ceci après dix-neuf années de bons et loyaux services au sein de France Télévisions, passées à vulgariser brillamment  le patinage artistique, et à entretenir une entente complémentaire de tous les instants qui crève l’écran. Comme le vin de premier ordre, à se bonifier au fil des ans…Ajustée à la stature des deux complices, la comédie endiablée susdite aura fait sourire et rire, sans autre forme de procès.

Un écheveau inextricable

Tout part d’une affaire abracadabrante. La découverte dans la capitale du Japon d’un homme semblant sans vie à l’intérieur de la salle de bains de l’ex-patineur de haut niveau. Ce sujet de crispation alimentera bien des conversations, quiproquos et mauvaise foi confondus. L’homme inerte n’est autre que le Français Adam Delo (les jeux de mots, comme vous pouvez vous en douter, sont tombés dru…), celui-là même qui doit affronter le champion japonais en finale du championnat du monde. Cruel sera le dilemme, la branche nippone de la mafia disposant du remède voué à la « résurrection » du corps immobile, plongé dans un coma artificiel. Là où ça se corse, c’est que le pouvoir clandestin exige qu’il soit dit à l’antenne que le représentant du soleil levant est sans contestation possible le numéro un de la compétition. A prendre…ou à laisser…Le fantasque Philippe s’y oppose farouchement. Nelson, quant à lui, baisse la tête d’une manière opportune, conscient que la fin justifie les moyens, et qu’en pactisant avec le diable ce serait faire en sorte que le finaliste tricolore recouvre la vie. Et qu’importent les lauriers perdus. A la surprise générale le dénouement aiguillera le public vers une explication complètement irrationnelle, mais, somme toute, plausible quand on déborde d’imagination !

Au milieu de leurs fans à la fin au profit d’un partage sans chichis

Fidèle à l’image colportée, Philippe Candeloro, entier, s’est révélé peu ou prou outrancier. Délibérément franc du collier, n’hésitant pas à pousser la chansonnette (« A toi », de Joe Dassin) afin de faire du gringue à son alter ego au micro, balançant généreusement allusions et insinuations relatives à la virilité d’un homme lorsque ça se déroule en dessous de la ceinture…A l’inverse, Nelson est mesuré, réfléchi, pondéré, conciliant. Le jour et la nuit. Le tandem, dont chaque élément joue son propre rôle, a fait plaisir à voir et à entendre, tant la soudure se moque éperdument de l’épreuve du temps. Facilement abordables, les néo-comédiens devaient afficher au terme du spectacle un visage des plus ouverts, partant à la rencontre de spectateurs trop heureux de l’aubaine.

                                                                                                         Michel Poiriault

                                                                                                         [email protected]