Chalon sur Saône

Hommage et recueillement pour les victimes de la guerre d'Algérie au Cimetière de l'Ouest

Par Karim BOUAKLINE-VENEGAS AL GHARNATI

Publié le 02 Novembre 2025 à 10h30

Hommage et recueillement pour les victimes de la guerre d'Algérie au Cimetière de l'Ouest

L'ACFANOMA a commémoré le 1er novembre, date de la Toussaint sanglante, lors d'une cérémonie du souvenir. Plus de détails avec Info Chalon.

Samedi 1er novembre 2025, une vingtaine de personnes se sont réunies au Cimetière de l'Ouest, à l'invitation de l'Association Chalonnaise des Français d'Afrique du Nord, d'Outre-Mer et de leurs Amis (ACFANOMA). 

Cette cérémonie du souvenir marquait le 71ème anniversaire de l'insurrection du 1er novembre 1954, qui ouvrit la guerre d'Algérie et conduisit à l'indépendance du pays en 1962.

Un moment de recueillement et de mémoire
En présence de plusieurs élus et représentants d'associations patriotiques, des gerbes ont été déposées devant la stèle dédiée aux morts d'Afrique du Nord, située à l'entrée du cimetière très fréquenté pour la Toussaint.

Claude Péran, le président de l'ACFANOMA, a rappelé avec émotion la mémoire de ceux «qui ont souffert et qui sont tombés pour défendre notre patrie : la France», évoquant les milliers de civils et de militaires engagés ou appelés durant les conflits d'Indochine et d'Algérie.

«Nous avons été contraints d'abandonner notre terre natale, avec les tombes de nos ancêtres, dont beaucoup ont depuis été pillées ou profanées», a-t-il déclaré, soulignant la douleur persistante de l’exil pour les rapatriés d’Afrique du Nord.

Une mémoire élargie aux victimes du terrorisme
Dans son allocution, Claude Péran a également tenu à associer à cet hommage les victimes des attentats terroristes, citant notamment les attaques de Paris et de Nice (Alpes-Maritimes), ainsi que les assassinats des professeurs Dominique Bernard, assassiné lâchement en 2013 à Arras (Pas-de-Calais), et Samuel Paty, décapité en 2020 à Éragny-sur-Oise (Val-d'Oise), ou encore ou encore les 133 victimes du Bataclan.

Celui-ci a également évoqué le triste sort de Lola et Philippine, tuées par des OQTF, comme autant d'horribles attaques qui prouvent «l'incapacité de la France de faire respecter l'obligation à quitter le territoire».

«Nous constatons malheureusement encore aujourd'hui ce type d'actes odieux chaque jour», a-t-il déploré, appelant à «ne jamais céder à l'indifférence».

«La bête immonde est plus affreuse encore quand elle fait "disparaître" un être cher, sans raison, sans motif, sans que jamais plus, la famille n'ait de nouvelles», se désole également le président de l'ACFANOMA.

Le président a aussi rappelé le souvenir des victimes de la Rue d'Isly le 26 mars 1962, et des massacres d'Oran le 5 juillet 1962, les milliers de disparus après «ce pseudo» cessez-le-feu «qui n'a jamais été respecté», ainsi que des 150 000 Harkis abandonnés après le cessez-le-feu de 1962 qui ont été «massacrés» par les Algériens qui voyaient — et voient — toujours en eux des traîtres à la nation, et de «tous ceux dont les familles n'ont jamais eu de nouvelles».

Ce dernier estime que «nous devons un grand respect à ces hommes courageux», en parlant des Harkis, «ces hommes lâchement abandonnés par un état auquel ils avaient pourtant fait confiance».

De trop nombreuses tueries commises «bien après le 19 mars», précise Claude Péran, insistant sur le non-respect, preuves à l'appui, du cessez-le-feu. «Des actes qui continuèrent jusqu'en 1964».

Autorités et associations présentes
La cérémonie s'est déroulée en présence de Pierre Carlot, adjoint au maire chargé des sports, Dominique Rougeron, conseillère municipale déléguée aux relations avec les bénévoles associatifs, Monique Brédoire, déléguée aux relations avec les associations sportives, trois élus qui représentaient Gilles Platret, le maire de Chalon-sur-Saône, ainsi que de Jacques Commaret, le président des Harkis de Saône-et-Loire, Marcel Landré, vice-président de l'Union Nationale des Parachutistes (UNP) — section 712 Guy de Combaud-Roquebrune —, Bernard Loiseau, représentant de l'Union nationale des associations de déportés, internés et familles de disparus aun sein de la Fédération Nationale des Déportés et Internes Résistants et Patriotes (UNADIF-FNDIR), et la soprano Marie-Odile Morin-Léger, pour ne citer qu'eux.

La cérémonie a été clôturée dans l'émotion par le Chant des Africains, avant que l'assistance ne reprenne La Marseillaise.

Une mémoire toujours vive
71 ans après les premiers événements du 1er novembre 1954, date connue également sous le nom de Toussaint sanglante qui «marque aussi le triste anniversaire des premiers actes de terrorisme en Algérie», selon Claude Péran, cette cérémonie a rappelé l'importance du devoir de mémoire et de la transmission aux générations futures.

«Nous avons été contraints d'abandonner notre terre natale, avec les tombes de nos ancêtres, qui, pour beaucoup d'entre elles, ont été depuis, pillées ou profanées», se lamente le président de l'ACFANOMA.

Un moment empreint de solennité, d'émotion et de fidélité à celles et ceux qui ont vécu, combattu ou souffert sur ces terres d'Outre-Méditerranée.

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati