Chalon sur Saône

Natasha St-Pier offre un concert d’anthologie aux Chalonnais

Natasha St-Pier offre un concert d’anthologie aux Chalonnais

La quantité ferait-elle immanquablement la qualité ? Que nenni ! Ce vendredi 7 novembre en la salle Marcel-Sembat de Chalon-sur-Saône, seuls Natasha St-Pier et son pianiste Vincent Bidal ont fait œuvre utile sur scène, en délivrant un bonheur immédiat à un public conquis de bout en bout lors d’une soirée de prestige.

Une artiste à la complétude assumée

Reconnaissante en diable envers ses adorateurs, la chanteuse canadienne (acadienne plus exactement) a, pour imager au mieux ce lien quasi charnel autant que visible, intitulé son dernier spectacle en date «Mon histoire d’amour, c’est vous ». Son concert acoustique n’aura nullement fait appel aux falbalas, sa force de conviction alliée aux modulations induites par sa voix éloquente, sa rythmique entraînante, son humour, délivrant de la chaleur humaine à gogo. A une salle loin d’être remplie à ras bord  comme ça aurait pu être le cas. Ce qui n’a pas nui à la teneur des messages délivrés, puisés dans le puits sans fond de la chanson francophone et française. Modèle du genre, la relation complice entre son musicien (par ailleurs compagnon) et elle la gracile, au bénéfice d’un rendu plus vrai que nature. Cette prestation puissance deux a mis en branle une délicatesse jamais prise en défaut. Celle qui a été l’artiste victorieuse de « Danse avec les stars » en 2024 désentrave sans cesse son corps, toujours harmonieusement en mouvement. Elle le vit intensément avec ses pas de danse, conférant une présence scénique à même de galvaniser ses troupes.

Des titres intrinsèquement qualitatifs

Natasha St-Pier a brandi le sceptre du panégyrique en faisant l’apologie du beau, du bon et du vrai, soutirant du vivier de la chanson française une flopée de  titres emblématiques et significatifs. Pour cette ambassadrice l’altruisme a étendu ses ailes afin de voler de succès en succès. Si Natasha a interprété ses protégés : »Je n’ai que mon âme », «Tant que j’existerai », « Tu trouveras », « Mourir demain », « Un ange frappe à ma porte », les joyaux de certains de ses coreligionnaires auront repris en complément et majoritairement bien des couleurs grâce au tandem constamment sur une longueur d’onde identique. De Gilbert Bécaud (« Je reviens te chercher ») à « La Bohème » de Charles Aznavour, en passant par « La Javanaise » de Gainsbourg, « J’ai deux amours » (Joséphine Baker), « Mon manège à moi » (Edith Piaf), « La chanson des vieux amants (Jacques Brel), « Les Mots bleus » (Christophe), « Foule sentimentale (Alain Souchon), «Ils s’aiment » (Daniel Lavoie), « Les Acadiens » (Michel Fugain), «Le Sud » (Nino Ferrer), etc. le cheminement menait sa barque. Jusqu’à l’ovation debout, laquelle précédait la chanson ultime du rappel : »Ma plus belle histoire d’amour », de l’immortelle Barbara. A son terme, Il était alors temps de redescendre sur terre. A regret.

                                                                                                          Michel Poiriault

                                                                                                         [email protected]