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Bernard Werber a fait convertir l'invisible en visible pour les plus réceptifs

Bernard Werber a fait convertir l'invisible en visible pour les plus réceptifs

Ce n’est pas sur l’écrivain à succès que la très fournie salle Marcel-Sembat de Chalon-sur-Saône a jeté son dévolu ce jeudi 13 novembre, mais sur un accompagnateur de première classe. Bernard Werber, un guide plein de vie. Comme la dénomination de son spectacle : V.I.E. (Voyage Intérieur Expérimental).

 

Une scénographie qui ne doit rien au hasard

C’est à une somme élevée de pérégrinations hors du temps et de toute logique cartésienne que le public, impressionnant de discipline, de collaboration, et de volonté inébranlable, a été convié lors de cette soixante-treizième représentation. Avide de farfouillage en son for intérieur, il s’en est totalement remis à un orateur dont le timbre de voix à la douceur incitative se prêtait à merveille à l’élargissement de son cercle restreint. Au profit du « tourisme spirituel », dixit le maître de cérémonie. En d’autres termes : »Ce voyage, vous allez le faire à l’intérieur de votre propre cerveau. » Aidé en cela par le saxophone langoureux et aventureux de Geoffrey Secco, quand ce n’était pas le synthé. Sans faire abstraction de l’écran géant sur lequel photos et vidéos firent tout pour que les submersions soient validables. Ni de l’humour prégnant dont ne se départit jamais le diseur de bonne aventure. Quand il faut prendre le pouls du passé toutefois.

 

A la pêche aux ailleurs baroques

Des personnes qui signent des deux mains pour phosphorer via des travaux pratiques renouvelés, ça ne court pas les rues. Il a bien fallu pourtant, car les séquences de méditation ne cautionnent pas le moins du monde l’à-peu-près. Un protocole selon sept axes a du reste été établi afin de maximiser les chances de réussite. D’abord ce fut l’identification des passagers, puis la préparation au voyage (avec le titillement des sens de l’être humain), le rafraîchissement, la visite de son île personnelle, l’arrêt à la boutique souvenir, la visite archéologique, et enfin la préparation au retour. Cette soirée immersive aux allures de chorégraphies bien léchées, aura fait l’objet de confessions intimes, de témoignages introspectifs par le biais d’expériences sensorielles. Nombre de spectateurs se sont ainsi mis à nu. Dans un climat symbiotique on a joué le jeu sans équivoque et sans restriction, en fermant les yeux le moment venu et en croyant très fortement aux investigations menées. Le chant, pour anecdotique qu’il fut, a été un puissant levier d’extériorisation. La réincarnation, les vies antérieures, l’hypnose régressive ont également eu voix au chapitre à des degrés divers. Dans l’univers chromatique d’apparence fictionnelle le paranormal a filé droit en quête de sérénité. Pour un accomplissement plein et entier deux heures durant.

                                                                                                                    Michel Poiriault

                                                                                                                   [email protected]