Société

L'impact carbone des vêtements désormais affiché

L'impact carbone des vêtements désormais affiché

Avec le nouvel affichage environnemental proposé aux marques par le gouvernement depuis le 1er octobre, les consommateurs pourront dorénavant connaître l'impact de leurs vêtements et faire des achats plus éclairés… du moins lorsqu'il sera indiqué.

 Pollution de l'air, de l'eau et des sols, empreinte carbone, épuisement des ressources, atteintes à la biodiversité et contribution à la déforestation, les impacts de la mode sur notre planète sont désastreux ! L'industrie textile représenterait à elle seule entre 4 et 8 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales et pourrait « monter jusqu'à 26 % en 2050 si les tendances actuelles de consommation se poursuivent », selon le guide sectoriel 2024 de la filière mode et textile de l'Agence de la transition écologique (Ademe). 100 milliards de vêtements sont en effet vendus chaque année dans le monde, la fast fashion et l'ultra fast fashion ne faisant qu'amplifier le problème. Pour mieux informer les consommateurs de l'impact environnemental de leurs habits tout au long de leur cycle de vie, le gouvernement a donc lancé un « affichage environnemental textile », qui reste toutefois facultatif.


DES IMPACTS QUANTIFIÉS
Prévu par l'article 2 de la loi Climat et Résilience d'août 2021, l'affichage environnemental vise à faire prendre conscience et informer les consommateurs « de façon fiable et facilement compréhensible » de l'impact des biens et services, pour leur permettre de faire des choix plus éclairés. Après de multiples expérimentations et études de cas réalisées, une méthode de calcul du coût environnemental des vêtements a été choisie.
Un décret et un arrêté du 6 septembre 2025, entrés en vigueur le 1er octobre, viennent encadrer cet indice. 16 catégories d'impacts prises en compte pour évaluer ce coût y sont notamment détaillées, comme l'acidification, l'eutrophisation marine et terrestre, l'utilisation des sols, les ressources en eau, minérales et métalliques, l'appauvrissement de la couche d'ozone ou encore la toxicité humaine. Avec des coefficients de normalisation et de pondération, un résultat chiffré est déterminé : plus cet indice est élevé, plus l'impact est important.


DE LA VIE À LA MORT
Concrètement, le coût environnemental est calculé selon le type de produit (slip, chaussette, jean, robe, pull…), la matière de l'habit (polyester, coton, lin…) et le pays de fabrication. Toutes les étapes du cycle de vie du vêtement sont analysées : les matières premières, les processus de transformation – la filature, le tissage, l'ennoblissement ou la confection –, l'emballage, le transport, la distribution, l'utilisation et la fin de vie.
En guise de repères, le gouvernement précise qu'un t-shirt en coton bio fabriqué en France de manière « éthique » aura par exemple un score de 386 points, alors qu'un t-shirt en coton fabriqué en Turquie de manière « traditionnelle » atteindra 679, tandis qu'un modèle en polyester fabriqué en Asie en « ultra fast fashion » grimpera à 1010. Le site officiel Ecobalyse.beta.gouv.fr permet, entre autres, aux acteurs du secteur de calculer cet indice.
Les marques peuvent désormais faire apparaître de manière volontaire ce dispositif sur leurs produits, en rayonnage ou sur leur site internet, pour valoriser leurs efforts d'écoconception, faire preuve de transparence et lutter contre le greenwashing.


M.G