Société
Empreinte carbone, les animaux de compagnie sont aussi concernés
Par M.G
Publié le 19 Novembre 2025 à 09h04
Alimentation, mode de vie… nos animaux de compagnie ont eux aussi une empreinte carbone. Mais quelle est réellement son ampleur et comment y remédier ? Voici quelques pistes de réflexion.
« Les chiens, et en particulier les gros chiens, sont une catastrophe pour le climat », avait déclaré sur LCI mi-décembre 2023 le chercheur François Gemenne, co-auteur du sixième rapport du GIEC. En 2009, les chercheurs Brenda et Robert Vale avaient déjà avancé qu'un chien moyen, de par sa consommation de viande, a un impact écologique deux fois plus élevé qu'un SUV parcourant 10 000 km par an. Loin de l'idée d'éradiquer nos fidèles compagnons, ces affirmations invitent toutefois à se questionner sur l'empreinte qu'ont nos animaux domestiques, par leur alimentation et leur mode de vie.
L'ALIMENTATION SOUS LE FEU DES PROJECTEURS
Les chats étant carnivores et les chiens carnivores non stricts, ils ont besoin de protéines animales et sont ainsi généralement nourris de viande, notamment de bœuf. Sans surprise, si « les systèmes agroalimentaires liés à l'élevage […] représentaient environ 6,2 milliards de tonnes d'émissions d'équivalent CO2 par an, soit quelque 12 % du total des émissions anthropiques », selon un rapport de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) de décembre 2023, la production bovine à elle seule génère 62 % du total des émissions dues à l'élevage. En 2017, le chercheur Gregory Okin avait d'ailleurs affirmé que les plus de 163 millions de chats et de chiens aux États-Unis constituaient, par leur alimentation, « environ 25 à 30 % des impacts environnementaux de la production animale » du pays. D'autres scientifiques ont cependant contesté ces chiffres, considérant que leur nourriture était issue des sous-produits de l'industrie alimentaire humaine, comme les abats ou les organes, pourtant consommés il fut un temps directement par les humains. Néanmoins, si les boules de poils mangent parfois les restes de leurs maîtres, évitant ainsi le gaspillage, les plus chanceuses recevraient également de la viande fraîche de qualité. De plus, nos compagnons auraient tendance à être trop nourris, plus que leurs besoins nutritionnels.
MODIFIER LES HABITUDES
D'autres éléments peuvent aussi entrer en compte dans l'impact écologique de nos compagnons à quatre pattes. Au niveau des excréments par exemple, l'utilisation de deux à trois sacs plastiques par jour pour ceux des chiens, ou de litières pour les chats, génère de nombreux déchets. Privilégier des litières écologiques en matières naturelles biodégradables, ou des sacs en papier pourrait être un premier pas. Limiter le nombre de jouets en plastique, ou favoriser ceux de seconde main – bien nettoyés et désodorisés – aussi. Concernant l'alimentation, l'idéal serait déjà de donner une ration répondant seulement aux besoins, et d'acheter de la nourriture bio en vrac ou en grand conditionnement ; d'inclure des sources de protéines variées moins polluantes, et pourquoi pas tester celles à base d'insectes si votre vétérinaire vous donne le feu vert ? Ces petits gestes seront déjà plus écologiques, même si l'humain reste le principal problème…
M.G
DES DÉRIVES POSSIBLES ?
Reprenant les études à leur avantage, des simplifications ont pu être réalisées, comme arguer que les chiens étaient pires que les SUV pour la planète, justifiant alors qu'en n'ayant pas de chien, il était possible de circuler en SUV. Le patron de Luxaviation, Patrick Hansen, avait d'ailleurs comparé en mai 2023 la quantité de tonnes de CO2 produites chaque année par un des clients de sa compagnie aérienne (2,1 t) à celles de 3 chiens ! Ne pas avoir de boule de poils autoriserait-il à se déplacer en jet à tout-va ? S'il est faux de dire que nos animaux domestiques n'ont aucune incidence écologique, il convient de nuancer ces propos. Il est d'autant plus nécessaire de faire des efforts collectifs et individuels de réduction de notre empreinte carbone, par exemple en commençant déjà par réduire sa propre consommation de viande rouge, en plus – ou à la place – de celle de ses animaux.
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