Culture

L'art fluo selon Kakakids : des affiches qui refusent de mourir

Par Karim BOUAKLINE-VENEGAS AL GHARNATI

Publié le 28 Novembre 2025 à 19h00

L'art fluo selon Kakakids : des affiches qui refusent de mourir

Exposées durant La'Belle Soirée vendredi dernier, ces affiches de Kakakids Records révélaient l'esthétique brute et flamboyante du label genevois. Plus de détails avec Info Chalon.

Vendredi 25 novembre 2025, à l'occasion de La'Belle Soirée, LaPéniche proposait une exposition rare dédiée aux créations graphiques du label genevois Kakakids Records. Un accrochage pensé comme une plongée dans l'esthétique brute et fluorescente d'un collectif qui, depuis des années, façonne l'imaginaire visuel de l'underground.

Difficile de choisir un seul angle tant cette exposition inspire. Véritable mémoire graphique du label, que dire de ces affiches ? Certains y verront des affiches sauvées des flammes, fragments précieux de l'imaginaire visuel de Kakakids Records, quand d'autres ont retenu qu'elles étaient flamboyantes. Une chose est sûre : quand l'underground s'imprime, l'ensemble de cet art fluo nous donne l'impression d'affiches qui refusent de mourir. Au fond, cet accrochage, c'était un peu du «prints and chaos». Une exposition vibrante, libre, indomptable et déjantée, à l'image de ce collectif helvète.

En marge des concerts proposés ce soir-là, le public était invité à découvrir ces affiches «survivantes», une sélection d'œuvres rescapées de l'aventure Kakakids Records. Souvent créées dans l'urgence ou l'enthousiasme incandescent d'une date à annoncer, ces affiches forment aujourd'hui un corpus précieux — celui d'un label où le graphisme est indissociable de la musique.

L'exposition rassemblait des pièces signées par Bob 1000 balles, Buster Yañez, Cheb Samir, Dr. Freakozky, Félicité Landrivon, Lilas Mala, Pakito Bolino et Willy Ténia.

Autant de mains singulières, de styles tranchés ou baroques, qui ont contribué à façonner l'identité visuelle du collectif.

Radicales, drôles, inquiétantes ou volontairement outrancières, ces affiches témoignent d'une manière de faire propre aux scènes indépendantes : expérimentale, libre, sans souci de plaire. Une mémoire graphique qui dit tout de la vitalité de ces petits labels, trop souvent relégués dans l'ombre alors qu'ils constituent l'un des derniers terrains de jeu pour une création visuelle réellement affranchie.

Une immersion brève, mais intense, dans la culture graphique indépendante — celle qui imprime les nuits, les murs, et parfois nos esprits.

En réunissant concerts, DJ set et exposition graphique, La'Belle Soirée a rappelé à quel point les labels indépendants nourrissent l'énergie la plus vive de la scène alternative. Kakakids Records y a déployé son esthétique brute, libre et terriblement humaine, offrant au public une plongée rare dans un univers où la musique s'invente en marge et où l'image raconte autant que le son. Une soirée comme une bouffée d'indiscipline créative, qui laisse derrière elle l'écho d'un souffle indé indispensable — et l'envie pressante de découvrir la prochaine invitation.

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati