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TRIBUNAL DE CHALON - « Pendant mes jours de repos, je m’enferme dans ma chambre et je bois »

Par Florence SAINT-ARROMAN

Publié le 03 Décembre 2025 à 06h10

TRIBUNAL DE CHALON - « Pendant mes jours de repos, je m’enferme dans ma chambre et je bois »

e 26 novembre dernier, il était ivre au point qu’il a fallu attendre le lendemain matin pour l’entendre, au commissariat.

 En dehors de ses jours de repos, il travaille, il a une paie correcte. Ses jours de repos, il les passe dans un logement qui fut le sien mais dans lequel il n’est finalement plus que toléré. C’était son foyer, avec sa femme et leurs trois enfants. C’est devenu un lieu de cohabitation avec eux - sa femme et lui sont séparés -, et à l’aide de nombreuses bières, la fameuse 8.6. Une aide pas efficace puisqu’il est dans le box des prévenus, ce lundi 1er décembre, à l’audience des comparutions immédiates.

Des 8.6 par litres puis le comportement d’un ivrogne

Le 26 novembre il s’était enfilé 2 litres et demi de bières. De quoi pisser, c’est sûr. Les toilettes étaient occupées. Il s’est soulagé sur les baskets de sa fille aînée, laquelle s’est insurgée. La mère intervient, prend une gifle. Elle demande à sa fille d’appeler la police. Son mari saisit la femme par le cou. Au passage il violente sa fille également.

Quand les policiers grimpent les étages, il est en train de les descendre, par l’ascenseur. Il est vite rattrapé et arrêté. 
Les enfants, à l’exception du petit dernier, témoignent de disputes fréquentes. De toute façon, leur reconnaît. Une interprète l’assiste, car il est sri-lankais, comme son épouse. En réalité il comprend le français, il n’aurait pas le poste qu’il a, sinon, mais n’a pas l’aisance requise pour s’exprimer devant un tribunal.

La présidente a cerné les problèmes

Un problème d’abus d’alcool, déjà ancien. Il dit qu’il en est conscient, qu’il avait fait une cure mais qu’il a rechuté. « C’est de ma faute, je suis désolé. »
Le prolongement de la vie commune, depuis au moins un an, n’a sans doute pas aidé ? « C’est vrai, mais j’ai rendez-vous pour déménager. Une assistante sociale et l’association Le Pont m’ont trouvé un logement. »

« Il est malheureux et ça se voit »

Son avocat plaide « l’isolement, social, familial, amical ». Le prévenu avait tant bu qu’il ne sait plus trop ce qui s’est passé même s’il reconnaît ce qu’on lui reproche. « Tout oublier ne permet pas de bien se défendre. Cet homme est malheureux et ça se voit » dit maître Marceau qui estime qu’une peine de prison ferme (le parquet a requis 24 mois de prison dont 18 mois avec sursis probatoire) n’a pas grand sens dans ce contexte.

Deux ans de suivi, 10 mois au-dessus de la tête

Le tribunal dit le prévenu coupable de violence sur son épouse et sur sa fille aînée, en présence de mineurs, et le condamne à la peine de 10 mois entièrement assortis d’un sursis probatoire, avec des obligations de soins (addicto et psychologiques), de travailler, de payer le droit fixe de procédure, et interdiction de paraître au domicile familial.

Une audience JAF (juge aux affaires familiales) est prévue en janvier prochain, le couple est en train de divorcer, ils sont mariés depuis une quinzaine d’années. 
L’homme va sortir de prison (3 jours de détention provisoire), n’a pas le droit de rentrer chez lui, va devoir effectivement déménager.