Chalon sur Saône
Dans La famille François-Xavier Demaison se heurtera à Patrick Timsit, son frère…
Par Michel Poiriault
Publié le 04 Décembre 2025 à 18h41
Tandis que 2025 n’est pas loin de passer de vie à trépas, les Théâtrales de Chalon-sur-Saône, elles, sont toujours aussi pimpantes et sur le qui-vive afin de redémarrer d’un bon pied. Pour la première de la saison 2025-2026, la pièce La famille réunira un quatuor d’artistes expérimentés, dont la notoriété n’est plus à échafauder. Interview de François-Xavier Demaison.
Ce sera le mercredi 10 décembre à 20h à l’Espace des Arts, et la totalité de la salle a été prise d’assaut par les demandeurs…
En principe, la famille est une source de bienfaits…
«Oui, en principe (rires) ! Je crois qu’on n’a pas le choix en tout cas. C’est une source de bienfaits, ça peut aussi être une source de dysfonctionnements. Il y a beaucoup de non-dits, beaucoup d’histoires communes, dans le sens où finalement on traverse l’enfance avec nos parents ça c’est sûr, nos frères et nos soeurs, et que plus on va grandir, plus on va changer. Nous allons devenir différents, et souvent en grandissant nous nous apercevons qu’on prend des trajectoires différentes, puisqu’on a encore beaucoup de choses à se dire. Ce que montre la pièce en tout cas, c’est que c’est mon frère donc je dois l’aimer, mais je ne suis pas forcément enclin à l’aimer, je n’ai pas d’affinités avec lui. A l’arrivée, est-ce qu’il n’y a pas ce lien presque irrationnel, mais profond, qui unit les gens d’une même famille ? Je trouve que Samuel Benchetrit questionne avec beaucoup d’intelligence toutes nos problématiques familiales, et beaucoup de gens s’y reconnaissent. Il y a un effet miroir très fort dans cette pièce ».
A-t-on plus affaire à une comédie pure qu’à une comédie dramatique ?
« Ah non, non, c’est une comédie vraiment dramatique c’est-à-dire qu’on rit, mais on est aussi très ému. Les gens ressortent secoués même, j’ai envie de dire. Il y a des choses très profondes, le théâtre de Samuel Benchetrit ce n’est pas de la comédie pure, c’est très beau, c’est une très belle écriture. On rit, mais pas que…vraiment ».
S’agit-il d’un rôle de composition en ce qui vous concerne ?
« Ah, je ne sais pas (rires), en tout cas je prends beaucoup de plaisir à défendre ce rôle de frère blessé, de frère qui a besoin de l’autre. Ce duo avec Patrick Timsit je prends beaucoup de plaisir à le jouer tous les soirs. On a eu un gros succès à Paris au Théâtre Edouard VII, on a joué 101 fois en étant complets, et là on part en tournée. L’accueil est très, très bon, les gens sont très émus, ils passent un bon moment. On est tenu en haleine par l’histoire de ces deux frères ».
Peut-on parler d’une équipe à géométrie variable, avec les autres membres que sont Patrick Timsit, Jackie Berroyer et Claire Nadeau ?
«Exactement. C’est vraiment un casting assez riche, assez hétéroclite, et qui fonctionne bien. On croit en cette famille, on a envie de la suivre, de l’aimer, pendant une heure et demie, pour voir où va la mener cette histoire. J’arrive en fait dans cette réunion de famille, j’ai quelque chose de très important à demander à mon frère, et on va voir jusqu’où va aller cette relation entre frères, et toutes les histoires qui vont remonter à la surface ».
Prenez-vous connaissance des critiques sur la pièce, bonnes ou moins louangeuses ?
« Oui, j’essaie d’éviter, parce que franchement ce n’est jamais très objectif en fait. Ça dépend des uns et des autres, de leur humeur du jour…Ce qui est pour moi le plus marquant, c’est l’accueil du public qu’on a eu, où comme je vous l’ai dit on a joué 100 fois au Théâtre Edouard VII qui est quand même un théâtre de 700 places. Là, on a joué à Lyon avec un très bel accueil, les gens étaient debout dans une très belle salle (l’interview a été réalisée le mercredi 3 décembre ndlr)».
Le public rit-il plus qu’il ne réfléchit ?
« Je ne sais pas, je crois que c’est 50/50».
De toutes vos activités, le théâtre détient-il la palme ?
«Je fais beaucoup de choses. Je tourne beaucoup quand même, j’ai tourné deux séries et deux films cette année, plus le spectacle. Je crois que j’essaie de me répartir entre toutes ces passions, toutes ces envies ».
Le rire doit-il être malléable et s’adapter aux différentes époques ?
«Je crois que oui. Il faut être intelligent pour essayer de ne pas heurter, et de faire passer des messages au plus grand nombre. Il faut être capable de s’adapter à ce que les gens sont capables d’entendre à un moment donné ».
Les sujets graves ont-ils dans vos interprétations autant d’importance à vos yeux ?
« Ah oui, oui, oui, vraiment. J’aime la comédie, mais j’aime aussi faire du drame. On n’est pas très loin de la même démarche. Faire rire ou émouvoir, c’est raconter une histoire de manière sincère. Je ne sépare pas comédie et drame. Pour moi un spectacle réussi c’est un spectacle où on rit, mais où on est aussi un peu ému, je trouve que ce n’est pas incompatible ».
Y a-t-il une discordance entre ce que l’on vous propose et ce que vous aimeriez faire ?
« Parfois, oui. On n’est jamais totalement satisfait ni totalement heureux, on voudrait toujours la carrière de l’autre, et tout ça, on se compare. Après, plus on vieillit plus on se contente de ce qu’on a, et de son parcours, on se dit que ce n’est pas si mal que ça ».
Que donnera avec certitude votre avenir professionnel ?
« Il y a un projet de théâtre en septembre 2026, des sorties de séries à la même époque, des films qui vont sortir aussi. Jai fait la voix d’Obélix dans le nouvel Astérix et Obélix au cinéma, qui sortira en décembre 2026. Donc plein de projets, à l’image et sur les planches ».
Crédit photo : @Cyril Bruneau Propos recueillis par Michel Poiriault
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