Chalon /autour de Chalon

Ils ont fait l’humour par amour de La guerre des sexes…

Ils ont fait l’humour par amour de La guerre des sexes…

Sempiternel sujet de conversation, l’antagonisme qui fait son nid dans un couple par exemple, a connu des démêlés ce vendredi 5 décembre en la salle Marcel-Sembat de Chalon-sur-Saône. Pour la plus grande joie des spectateurs, avides de déchirements leur rappelant -peut-être- des mésaventures encaissées çà et là…

Des déviances qui nuisent au ciment de la sexualité en berne du couple

Le titre de la comédie est on ne peut plus explicite : La guerre des sexes. Nul besoin d’être grand clerc pour subodorer que le déroulement des opérations sera à l’avenant. Le souci en vérité, c’est Pierre (Pascal Grégoire), un mâle qui n’est que le jouet d’irrésistibles pulsions sexuelles à même d’épouvanter le plus radical des pudibonds ! Au moyen de plaisirs solitaires qu’il cultive en secret via le Net, quand il ne s’adonne pas à des jeux. Jusqu’au jour où Anne-Laure (Camille Roy), sa moitié brute de décoffrage au tempérament de feu, déjà consciente de la veulerie de son compagnon qui n’a d’égal que sa poltronnerie, lui reproche de faire cavalier seul…n’hésitant pas à plusieurs reprises à joindre crûment et de but en blanc le geste à la parole, tous mouvements suggestifs et reproductibles à l’infini…Comment, dès lors, inciter son partenaire à suivre le droit chemin, alors que l’anniversaire de mariage est imminent ? De quelle manière retrouver la complicité du début en lâchant les chevaux? La roue de secours tient-elle dans les recommandations de l’amie d’Anne-Laure, une sexologue…nymphomane ? Dans une ambiance ô combien débridée, mari et femme n’y vont pas par quatre chemins pour tenter de sortir la tête haute de ce bourbier. Surtout lui, obligé de ne point perdre la face tout en remontant dans l’estime de son épouse. Pas facile au regard d’antécédents qui ne plaident pas en sa faveur ! La bagatelle glorifiée unilatéralement, la trivialité élevée à la hauteur d’une institution…

Une distinction, une suite, ainsi qu’une comédie familiale qui décroche la timbale

Dans les travées on aura abondamment ri sans se faire prier aux tourments de l’un et de l’autre au travers d’échanges pimentés et licencieux. L’humour primesautier parsemé de badinage, aura déclenché la jubilation sans autre forme de procès. Pas étonnant dans ces conditions que la pièce soit entrée depuis le mois de janvier 2025 dans le cercle très resserré des comédies ayant dépassé le million de spectateurs. D’ailleurs Pascal Grégoire (en sa qualité d’auteur du spectacle également) l’a clamé haut et fort : il y aura bien un jour La guerre des sexes 2, lui qui a déclaré d’autre part à l’issue des débats : « On était juste là pour essayer de dessiner des sourires sur vos visages.» Ouf, l’honneur était sauf ! A l’image de Flemme, cette comédie cette fois familiale qui tient le haut du pavé à La Scène Parisienne de Paris, écrite par ses soins. La vie est un éternel recommencement…

                                                                                                                        Michel Poiriault

                                                                                                                  [email protected]