Opinion de gauche
"Le débat a déjà été tranché en 1905 : fichons la paix aux croyants" pour Damien Saley, Union Populaire Chalonnaise
Publié le 10 Décembre 2025 à 11h04
Communiqué de presse
Nous célébrons aujourd’hui les 120 ans de la « loi concernant la séparation des Eglises et de l’Etat ». L’essentiel du sujet est dans son titre. La loi de 1905 sépare les religions de l’Etat, le religieux du politique, dans un temps où l’Eglise catholique encore puissante rechignait à accepter le régime de la 3e République.
« Art 1 : La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes sous les seules restrictions édictées ci-après dans l'intérêt de l'ordre public. »
Séparer pour libérer, tel était l’objectif.
Libérer l’Etat républicain de cette influence religieuse en mettant un terme au Concordat napoléonien.
Libérer les religions de la tutelle de l’Etat qui n’a plus à écrire les sermons ou gérer la nomination et la rémunération des clercs.
Libérer les croyants en leur garantissant la liberté de conscience, celle de croire, celle de ne pas croire aussi.
Preuve que cette loi défend la liberté et n’est pas là pour opprimer les religions et les croyants, cet extrait de l’article 2 : « Pourront toutefois être inscrites auxdits budgets les dépenses relatives à des services d'aumônerie et destinées à assurer le libre exercice des cultes dans les établissements publics tels que lycées, collèges, écoles, hospices, asiles et prisons. »
Là où un individu est privé de sa liberté (le prisonnier dans sa cellule, le malade dans sa chambre d’hôpital, le lycéen dans son internat, le militaire dans sa caserne), le culte peut venir à lui par l’intermédiaire d’un aumônier dont la présence est assurée par l’Etat. La loi de 1905 ne combat pas les religions, elle les met à distance de l’Etat mais garantit la liberté de conscience en tout lieu.
Enfin l’article 28 clarifie ce qui peut être fait dans l’espace public : « Il est interdit, à l'avenir, d'élever ou d'apposer aucun signe ou emblème religieux sur les monuments publics ou en quelque emplacement public que ce soit, à l'exception des édifices servant au culte, des terrains de sépulture dans les cimetières, des monuments funéraires, ainsi que des musées ou expositions. »
Nulle place pour les crèches de Noël dans les mairies donc. Le débat ne devrait même pas avoir lieu et les maires qui s’y amusent sortent clairement de leur rôle de représentant de la loi. L’Etat est neutre et ses représentants aussi.
Deux camps se sont affrontés en 1905, avec les mêmes arguments qu’en 2025. Faut-il combattre l’esprit religieux ? Faut-il lutter contre les influences extérieures ? (le Vatican en 1905 ; l’Iran ou les Emirats aujourd’hui) Faut-il repousser les croyants et les cultes vers la sphère privée ? Faut-il au contraire assurer cette liberté à tous les citoyens comme une composante de la liberté de pensée chère à tout républicain digne de ce nom ? C’est bien ce second choix, celui de la modération, qui a été fait avec ce texte défendu par Aristide Briand en 1905.
Pourquoi revenir dessus en 2025 ? Pourquoi rouvrir les plaies des guerres de religion qui ont trop longtemps fait souffrir la France ?
S’il est vrai que des dérives extrémistes existent dans toutes les religions et qu’elles doivent être combattues, dans la religion musulmane comme dans les autres, il est surtout vrai que l’immense majorité des croyants dans notre pays ne cherche qu’à pratiquer sa religion en paix, dans le cadre de la loi, ni plus ni moins.
A ceux qui stigmatisent les musulmans à des fins électoralistes sur fond de racisme évident, soignez votre haine d’abord puis fichez-leur la paix.
A ceux qui pointent du doigt les femmes voilées comme si elles étaient toutes soumises à je-ne-sais quelle tutelle étrangère à des fins électoralistes, écoutez-les d’abord puis fichez-leur la paix.
A ceux qui prétendent défendre les valeurs chrétiennes en pratiquant l’exclusion, la discrimination ou la violence parfois, relisez les Evangiles d’abord et ensuite fichez-nous la paix !
Notre pays a tant de défis à relever, ne perdons pas notre temps avec une nouvelle querelle religieuse dont les fondements ont déjà été débattus et tranchés en 1905. Cette loi nous a permis de vivre ensemble sans nous déchirer alors avançons, nom de Dieu !
Damien SALEY, tête de liste de l’Union Populaire Chalonnaise pour les élections municipales 2026
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