Bresse Chalonnaise

A Louhans-Chateaurenaud, Arnaud Montebourg, guest-star du marché de Noël avec la Compagnie des Amandes

Par   Colette Petitjean

Publié le 23 Décembre 2025 à 17h56

A Louhans-Chateaurenaud, Arnaud Montebourg, guest-star du marché de Noël avec la Compagnie des Amandes

Un endroit plébiscité par toute la classe politique locale.

 Comme chaque année, le village et le marché de Noël de Louhans-Chateaurenaud attire les foules avec cette année, tous les candidats aux élections municipales de Louhans en 2026, les députés Eric Michoux et Valérie Deloge, et un hôte et exposant de marque, l'ancien député PS de la Bresse, ancien Président du Conseil Départemental de Saône-et-Loire et ex-Ministre de l'Economie et du Redressement productif, Arnaud Montebourg.
 
Venu en voisin puisqu'il habite Montret, Arnaud Montebourg présentait sa « Compagnie des amandes » et faisait goûter ses productions d'amandes made in France avec son dynamisme habituel et sa verve de « curé défroqué qui a quitté l'église », sa chapelle politique sans regrets apparemment, sa reconversion à succès dans le monde de l'entreprise lui ayant permis de « digérer » ses profonds désaccords avec l'actuel gouvernement et son chef de file, Emmanuel MACRON qui lui avait succédé au Ministère de l'Economie.
 
Se refusant à toute déclaration politique, Arnaud Montebourg a été beaucoup plus dissert sur ses activités économiques et en particulier, la « Compagnie des amandes ».
«  La filière française de la production d'amandes avait disparu depuis 1948. Il a fallu la reconstituer de A à Z, car 95 % des amandes consommées en France étaient importées des USA en particulier de Californie.
Nous avons crée une entreprise agricole de filière, de la plantation des amandiers à la commercialisation des amandes. Avec un modèle économique associant le travail au capital. Concrètement, le paysan conserve la propriété de ses terres, il est rémunéré pour son travail (plantation, taille, etc..) pendant la période « d'élevage» de l'arbre où la production n'est pas suffisamment rentable (6 ans) possédant 51% des parts et la Compagnie des Amandes 49%. Les investisseurs dans la Compagnie comprennent notamment la première coopérative du Midi de la France (1Mds d'euros de chiffre d'affaires et 25000 agriculteurs sociétaires) « ARTERRIS » filiale d'INVIVO, ainsi que DACO, leader du fruit sec en France.
Cette alliance capital + travail permet à cette filière une rentabilité durable, l'amandier ayant une durée de vie de 30 ans. La « Compagnie des Amandes » est aujourd'hui leader en France avec 230 ha plantés en France, dont le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône, l'Hérault, le Gard, l'Aude, et les Pyrénées Orientales, et 350 hectares de petites producteurs indépendants fédérés, l'usine (casserie pour éliminer la coque) se trouvant à Brignoles dans le Var,  pour une production 100 % française
Ce modèle précurseur a permis à des paysans de se remettre à cette culture, en restant maître sur leurs terres et de « dérisquer » leur choix puisqu'ils sont associés aux investisseurs.
La Compagnie des Amandes commercialise sa production auprès de la grande distribution, Carrefour, Grand Frais, etc..des Pâtissiers-chocolatiers, des Macaronniers, Nougatiers et en vente directe. »
 
Interrogé sur le choix de cette activité de production d'amandes, Arnaud Montebourg a fait réaliser une étude de marché pour connaître les 10 productions agricoles les plus demandées en France, parmi lesquelles les fruits rouges, le saumon, l'huile d'olive, les pâtes alimentaires, et l'amande qui s'est révélée être le « fruit star ».
 
A la tête d'une dizaine d'entreprises dont une dans le nucléaire (Alfeor), Arnaud Montebourg glisse ironiquement en refusant d'en dire davantage sur ses autres projets agricoles ou industriels,  « contrairement aux hommes politiques qui font des annonces alors qu'ils ne sont pas prêts, lui ne s'exprimerait que lorsqu'il serait prêt ».
 
Avec, quand même un petit « encart » politique puisqu'il est consulté par Annie Genevard, Ministre de l'Agriculture qui lui a demandé de participer à l'écriture du plan de souveraineté alimentaire pour la France et de dupliquer ce modèle à d'autres secteurs agricoles. Arnaud Montebourg a, bien sûr accepté cette proposition, en indiquant toutefois que « le gouvernement en fera ce qu'il voudra ». En clair, il n'est pas persuadé de son influence sur le gouvernement...
 
Interrogé également sur la situation de la France, vue depuis sa « casquette d'entrepreneur », Arnaud Montebourg confie : « la France est maintenant en déséquilibre avec un déficit de ses exportations d'environ 100 milliards par an. La désindustrialisation de la France avec la balance déficitaire exportations-importations est le juge de notre économie. C'est en effet un chèque que nous faisons à l'étranger, et cet argent qui part, ne nourrit pas les producteurs français ni les recettes fiscales. Dont pourtant la France a bien besoin pour combler son déficit budgétaire et sa montagne de dettes. Le redressement économique de la France ne passera que par une réindustrialisation massive de nos productions sur le sol national. »
 
Ravi de retrouver ses terres bressannes, Arnaud Montebourg a été agréablement surpris du succès de « ses » amandes auprès des Bressans qui l'on littéralement dévalisé, achetant l'intégralité des productions (amandes nature et grillées) exposées à Louhans, soit 2 palettes complètes.


 
                                                                                                          Colette Petitjean 
En savoir plus : https://amandes-francaises.fr/