Saint-Rémy
Déraillement du train le "Flandres-Riviera" à 3h33 la nuit de Noël 1975, 50 ans après, Pierre Desray se remémore la tragédie.
Par Christian CLEAUX
Publié le 26 Décembre 2025 à 00h09
Réveillé en pleine nuit, Pierre Desray est intervenu comme jeune secouriste de la Croix Rouge sur l’accident survenu quelques mètres avant le pont qui enjambe la ligne de chemin de fer à Saint Rémy.
Cette nuit de Noël 1975, quelques mètres avant le pont de St Rémy, le "Flandres-Riviera" qui transportait neuf cents vacanciers, de Calais à Vintimille, a déraillé. Il était 3 h 33. On a déploré 4 morts et 32 blessés dans cet accident.

Un jour de 1973, Pierre Desray alors âgé de 23 ans, entre à la Croix Rouge pour devenir secouriste, il n’imaginait pas que très rapidement il serait confronté à un drame ferroviaire la nuit de Noël 1975.

Pierre Desray nous raconte cette terrible nuit :
« Effectivement c'était le réveillon de Noël 1975, puisque ça fait 50 ans exactement. Je venais de passer le réveillon avec ma fiancée et je l'ai ramenée chez elle. C'était une heure du matin et je suis rentré moi, j'habitais à Bellevue dans les petits immeubles. A 5 heures du matin, on tambourine à ma porte, on me dit : "Dépêche-toi, il y a une catastrophe, il faut te mettre en tenue, tu descends à l’impasse (de la tranchée), siège de la Croix-Rouge à l'époque, moi j'ai pensé que c'était une plaisanterie et puis comme mes fenêtres donnaient sur l'avenue du capitaine Drillien, j'ai vu passer des colonnes de secours, des ambulances, des voitures de pompiers, des voitures de gendarmes. Donc je me suis dit : Un 25 décembre, ça n'est pas une manœuvre, il y a des grandes chances que ça soit exact. Donc, je me suis habillé, je suis descendu à l'impasse et nous sommes partis sur les lieux de la catastrophe. C'était grosso modo 5 heures du matin, il faisait encore nuit. J'étais tout jeune puisque je suis rentré en 1973 à la Croix-Rouge, donc j'avais tout juste deux ans d'engagement. On est arrivé sur place.
Mme Villermet, nous a ouvert un petit garage, proche de la voie, et on a mis notre matériel, etc... D'ailleurs, c'est Mme Villermet mère qui avait donné l'alerte parce qu'elle avait entendu un bruit important et puis des gens qui appelaient au secours.

C'était un train de passagers, le "Flandres-Riviera", un train couchette. Il y a eu trois voitures qui se sont renversées avec peu de blessés mais quand même 3 ou 4 morts. Je ne me rappelle plus exactement le nombre, c'était plutôt des gens qui se trouvaient dans les coursives.
Les pompiers étaient déjà là, on a commencé à regarder et évacuer les gens, petit à petit. Quand le jour s'est levé, on s'est aperçu que tout le monde était passé à côté d'une énorme fosse qui descendait jusque sur les voies. On n'avait pas les moyens d'éclairage que les pompiers ont aujourd'hui, ce qui fait qu'on était tous passés à côté de cette pente abrupte qui existe toujours.
Ensuite, on a rapatrié les personnes indemnes, sur la gare de Chalon, on a fouillé tout le train pour voir s'il n'y avait pas, par hasard, quelqu'un qui serait resté coincé quelque part, après, il a fallu déblayer tous les bagages. Et c'est là que j'ai vu, à un moment, un brancard monté avec un homme en blanc qui tenait une perfusion. C'était le docteur Chavagnac, Bruno Chavagnac, qui venait d'être nommé anesthésiste réanimateur à l'hôpital de Chalon. Il n'y avait pas longtemps qu'il était là, donc ça a été pour lui aussi sa première intervention sur le terrain.
Ça a été ma première intervention, effectivement sérieuse, on va dire. Un gros baptême et c’est d'ailleurs la première fois, je crois, que j'ai vu une personne décédée. J'avais 25 ans, je n'avais pas eu l'occasion de perdre quelqu'un de ma famille, donc je crois que je n'avais jamais vu de mort. Je me rappelle toujours d'une personne qui était coincée sur le wagon, il n'y avait que le torse qui sortait, avec des mains couvertes de bijoux. C'est un flash. Oui, il y a des choses qui marquent ».

Info Chalon : votre fiancée était elle aussi secouriste, était-elle sur l’accident ?
Pierre Desray : « Oui et cette tragédie, ça a été notre baptême du feu, donc on s'est retrouvés, parce qu'elle était dans le coup. Elle était à la gare de Chalon, elle s'occupait des impliqués. Les impliqués ce sont les personnes, les victimes non blessées qui sont concernées par le sinistre. Je me rappelle aussi d'un type qui avait perdu ses lunettes, qui ne voyait rien sans celles-ci, ça a été dramatique pour lui et le jour de Noël, on a essayé de trouver un opticien qui a pu lui remettre à peu près des lunettes d'aplomb. »
IC : quels ont été vos rapports avec le Docteur Chavagnac ?
P Desray : « C’est à partir de cet accident qu’il a monté le premier SMUR de Saône-et-Loire à Chalon. Chavagnac s'en est servi, il s'est appuyé là-dessus pour créer un SMUR en disant, vous voyez, en Saône-et-Loire, on n'a pas de SMUR, ça commence à émerger à Paris, etc…, dans les grandes villes, c'est l'avenir, il faut absolument monter un SMUR en Saône-et-Loire. J'ai eu des contacts avec lui parce que je devais être secrétaire plus ou moins de la direction locale de secourisme, on a commencé à discuter et parler de conventions, Voilà, donc j'ai été associé par mes fonctions à la Croix Rouge, à tous ces travaux de coordination entre la Croix-Rouge et le centre hospitalier. Avant cela, à l'hôpital, il n'y avait même pas de service d'urgence, il y avait juste un service d'accueil.
Quand il y a eu plusieurs SMUR en Saône-et-Loire, il a fallu mettre un SAMU, puis un Centre 15. »
IC : Et sur cet événement du 25 décembre 1975, je pense qu'il y a eu des coupures de journaux ?
PD : « Oui, mais on en n'a pas retrouvé. Aujourd'hui, ça aurait fait la une de la télé. Mais à l'époque, c'était Noël, tout le monde était plus ou moins en congé. Je ne me rappelle même pas que le préfet se soit déplacé.
A l'époque, je n'étais rien du tout, juste secouriste. Alors la leçon qu'il faut tirer, c'est que : de ces catastrophes, ressortent toujours de nouveaux progrès dans les moyens d'action. »
Photos d'époque aimablement fournies par Yvette.
C.Cléaux
-
Finales des Championnats de France Juniors U 15 et U18 de natation (5ème journée, vendredi) -
Le parc naturel régional du Vercors tire la sonnette d'alarme après un week-end de Pentecôte bien trop chargé -
Gros incendie à la déchetterie de Granges ce dimanche -
Gilles Platret hausse le ton après deux incidents lors de mariages -
Portes-closes ce vendredi au collège Vivant-Denon après de nouveaux actes de violences -
ESPACE NAUTIQUE - Compte-tenu du retard dans les travaux, le Grand Chalon annonce la réouverture de l'Espace Nautique pour la saison estivale -
Travaux d’aménagement cyclable : une nouvelle voie verte de 9,2 km entre les communes de Lux et Marnay -
Le "Mammouth" prend sa retraite ! -
Le ras-le-bol d'une habitante parcourant Saint-Jean-des-Vignes et Saint-Cosme -
Le centre hospitalier de Chalon sur Saône décroche la 3e place au salon SantExpo -
Un incendie dans un appartement plonge les voisins dans l'inquiétude -
Nouveau - La galerie marchande du Carrefour Nord Chalon se dote d'un Head Spa Japonais -
Isa et Roby, l’âme du Konoba : cuisine sincère, clients fidèles. À découvrir ce vendredi soir. -
"Tapage nocturne aux Prés Saint-Jean : jusqu’à quand le silence des autorités ?" s'interroge un riverain -
Journée Choose France - Vicky Foods ouvre pour la première fois ses portes au grand public -
Une pluie de titres de Champions de France pour le Givry Starlett Club -
Les nouveaux « Jardins de Virey » -
Retour sur l’inauguration de la bijouterie Miramira à Chalon/Saône -
FOOTBALL - L'AS Mellecey-Mercurey exhulte et s'offre une nouvelle montée... La saison prochaine ce sera la R2 -
On parle de purin d'ortie ou de prêle, mais le purin de vos "mauvaises" herbes est aussi une bonne idée -
Refus d’obtempérer de Lux à Givry, au cœur de la nuit – Deux gendarmes légèrement blessés -
Coup de chapeau à Téo Vermorel, qualifié pour les finales nationales des meilleurs apprentis de France