Cinéma

«Dites-lui que je l'aime» : une soirée La Bobine sous le signe de l'émotion

Par Karim BOUAKLINE-VENEGAS AL GHARNATI

Publié le 29 Décembre 2025 à 09h00

«Dites-lui que je l'aime» : une soirée La Bobine sous le signe de l'émotion

En présence de Romane Bohringer, la projection a donné lieu à un échange sincère et émouvant autour d'un film intime sur l'absence et la filiation. Plus de détails avec Info Chalon.

La soirée La Bobine organisée jeudi 11 décembre 2025 au Mégarama Chalon a réuni 291 spectateurs autour du film «Dites-lui que je l'aime», en présence de sa réalisatrice Romane Bohringer. 

Une rencontre marquée par l'émotion et une parole franche, à l'image d'un film intime et incandescent, présenté en Sélection officielle, séance spéciale au Festival de Cannes 2025.

Un récit de filiation et de réparation
Le film naît de l'adaptation du livre autobiographique de Clémentine Autain consacré à sa mère, l'actrice Dominique Laffin. Romane Bohringer y raconte la genèse d'un projet qui l'a contrainte à se confronter à sa propre histoire : abandonnée par sa mère à l'âge de neuf mois, la cinéaste tisse un dialogue entre deux enfances marquées par l'absence

«Je me suis reconnue dans chaque page de son livre», confie-t-elle, évoquant une écriture «difficile», étalée sur huit mois, et un film qui n'était «pas ce qu'elle voulait faire à la base».

«La magie des films, c'est qu'ils décident par eux-mêmes»
Sur scène, la réalisatrice a multiplié les confidences. «Je ne peux pas voir mon film sans Eva», explique-t-elle à propos d'Eva Yelmani, rencontrée «dans la rue», comme une «apparition». Pour Romane Bohringer, le long métrage est «la fusion de quatre histoires» portées par les actrices. «Les acteurs sont l'âme du film», insiste-t-elle, saluant un tournage «formidable».

Le montage, en revanche, fut une épreuve, à savoir seize semaines vécues «comme un cauchemar». «J'ai haï mon film pendant les douze premières semaines», avoue-t-elle, parlant d'«une entreprise de destruction» avant d'y voir, avec le recul, «une convalescence».

Une liberté rare et un accueil chaleureux
Romane Bohringer s'est dite «stupéfaite par la liberté» accordée par Clémentine Autain : «C'était vraiment incroyable». Une confiance qui traverse le film et nourrit sa sincérité. La réalisatrice s'est également déclarée «honorée par l'accueil des Chalonnais», visiblement touchée par l'écoute attentive du public.

Sa plus grande fierté ? «Je l'ai trouvée dans les yeux de ma fille», raconte-t-elle, évoquant la projection. Une transmission apaisée, en écho à ce film qui explore les blessures de l'enfance pour mieux ouvrir un chemin de réparation.

Un moment fort de cinéma et d'échanges, fidèle à l'esprit des soirées La Bobine, où la parole des artistes éclaire le geste créatif autant que l'œuvre projetée.

 

Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati