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Avec le Venezuela, les Etats-Unis discréditent un peu plus les organismes internationaux et plantent un nouveau décor géopolitique

Avec le Venezuela, les Etats-Unis discréditent un peu plus  les organismes internationaux et plantent un nouveau décor géopolitique

L'analyse du jour.

Si les institutions internationales oeuvrant à la Paix sont déjà discréditées depuis de nombreuses années, avec notamment le cas d'Israël sur la Bande de Gaza ou la Cisjordanie, Donald Trump vient d'enfoncer le clou avec l'intervention militaire au Venezuela, et l'arrestation manu-militari du Président Nicolàs Maduro et son épouse. Si le sujet n'est pas la question de la légitimité du gouvernement Vénézuélien, l'intervention militaire et l'arrestation du couple présidentiel, selon un mandat émis par un arbitrage judiciaire new-yorkais interroge tant sur le fonds que sur la forme. 

Un précédent donnant le ton aux prochains arbitrages géopolitiques. En intervenant de manière musclée, se dissimulant derrière le narcotrafic, c'est une boite de Pandore ouverte ce jour. 

Plus personne ne sera donc en capacité d'évaluer le bien-fondé d'une intervention militaire sur un autre territoire souverain.  Qu'on le veuille ou non, en mettant de côté tout parti pris politique, l'intervention militaire du jour servira de jurisprudence internationale. 

Qui pourra dénoncer demain une éventuelle intervention de la Chine à Taiwan ? Comment évoquer la question de l'Ukraine par la Russie ?  Si demain, un tribunal français devait émettre un mandat d'arrêt contre un Président en exercice, est-ce que le droit international autoriserait le déploiement des forces armées sur un territoire souverain ? Face au mandat d'arrêt international émis par la  Cour pénale internationale contre Benyamin Netanyahou, oui la Cour Pénale Internationale, quelle aura été l'attitude américaine ? 

Si la question est celle du narcotrafic et du terrorisme, quelle est donc la réaction face aux monarchies du Golfe alors que la question du financement n'est plus un secret. 

 Bien sur, nombre d'entre nous auront de quoi se féliciter, de voir un Président qui agit. La belle affaire ! 

La loi du plus fort comme nouveau dogme de la géopolitique internationale

Démonstration est faite que le droit international vient de se prendre une claque inattendue de la part de la plus grande puissance militaire mondiale. Un acte en totale contradiction avec  l’article 2  de la Charte des Nations unies : « Les membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout Etat, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations unies. ». Une  Charte définitivement mise à mal. 

Et demain ? La conséquence sera de facto le surarmement des Nations, considérant qu'aucune n'est désormais en capacité de se réfugier derrière le droit international, et toutes sont en capacité d'être agressées par une plus forte. 

Reste maintenant du côté du Venezuela à préparer la transition politique, en organisant de véritables élections indépendantes, ou tout simplement de mettre en place le Président élu en 2024,   Edmundo González Urrutia,  à moins que Donald Trump impose sa candidate  María Corina Machado, Prix Nobel de la Paix, et soutien affiché à la politique américaine.. 

Laurent GUILLAUMÉ