Chalon sur Saône

HOPITAL DE CHALON - Le personnel soignant des urgences déplore l'inaction de l'Agence Régionale de Santé et annonce une grève à compter de samedi

HOPITAL DE CHALON - Le personnel soignant des urgences déplore l'inaction de l'Agence Régionale de Santé et annonce une grève à compter de samedi

Une réunion d'urgence s'est tenue avec la direction ce mardi en début d'après-midi, et l'absence de réponses concrètes n'est pas vraiment du goût du personnel soignant des urgences.

"On espérait autre chose"

A l'issue de la réunion organisée en urgence après le coup de sang du personne hospitalier prononcé de dimanche via info-chalon.com (lire l'article), le personnel soignant des urgences est ressorti de la réunion, quelque peu dépîté face à l'absence de réponses pratiques et immédiates. Si la direction a répondu aux attentes sur la question du matériel, pas assez en nombre, au regard de l'afflux de patients, le personnel soignant "espérait autre chose" a confié un infirmier. 

Moral dans les chaussettes, sentiment de dévalorisation, fatigue morale et physique, les risques psycho-sociaux sont au zenith dans les rangs du personnel hospitalier affecté aux urgences. Si la réunion avec la direction n'a pas donné grand-chose, ils entendent demander des comptes à l'Agence Régionale de Santé, seule en capacité à réorganiser les services de soins en conséquence. 

Du côté des représentants du personnel, la question de la mobilisation des hôpitaux privés doit être posée, "à un moment, il faut savoir qui organise les services de soins". "On est à bout" confiaient une poignée de soignants participant à la réunion d'urgence. 

"Il y a des CV adressés à l'hôpital mais les délais de gestion de dossier sont trop longs"

Côté syndicat CGT, on maintient, "il y a une vraie question d'attractivité de l'hôpital public. Quand on met des mois à répondre à des CV déposés pour travailler chez nous, ce n'est pas normal. On est en souffrance, il y a du personnel qui frappe à notre porte et les délais sont trop longs", "et puis proposer des contrats de 3 mois par ci par là, n'est pas le gage d'attractivité attendu". 

"il n'y a aucune anticipation. On savait que l'épidémie de grippe arrivait. On n'a tiré aucun enseignement de la COVID"

Sur le sujet de l'organisation des soins, personnel et représentants du personnel sont unanimes. "C'est quand même incroyable qu'on découvre qu'il y a des grippes en hiver, et qu'on n'anticipe pas des moyens en conséquence". Finalement quels enseignements ont été tirés de la crise sanitaire liée à la COVID ? Le personnel hospitalier a déjà la réponse et le regrette amèrement. 

"Et si demain on avait un accident de bus sur la route ou un accident à l'image de ce qu'il s'est passé en Suisse ?"

 La très vive inquiétude est du côté de l'organisation des soins, à Chalon sur Saône comme ailleurs. Avec des services d'urgence totalement saturés, avec toujours 25 patients sans solution et une capacité d'accueil de seulement 8 places en secteur 1 et 5 places en secteur 2, auxquelles on peut éventuellement ajouter les 6 places en accueil (mais pas configurées comme des places spécifiques), c'est dire l'ampleur du défi des urgences de Chalon sur Saône.  ""Et si demain on avait un accident de bus sur la route ou un accident à l'image de ce qu'il s'est passé en Suisse ?" s'interroge une soignante, "comment pourrait-on répondre à l'urgence ?".

Autre réclamation et pas des moindres, côté personnel, la mise en place d'une borne affichant le temps d'attente. "C'est réclamé depuis longtemps. Ca permet de mettre tout de suite les patients face à la réalité, et sans doute d'écarter des urgences non-vitales. Il faut bien comprendre que les urgences ne sont pas normées, on accueille tout le monde, et face à la désertification médicale, on est souvent le seul point d'accueil". 

Maire de Chalon et représentants du personnel ont envoyé un courrier à l'Agence Régionale de Santé. Deux courriers supplémentaires qui viendront rejoindre celui déjà envoyé par les soignants, il y a plus d'un mois, et resté sans réponse. 

Un préavis de grève a été déposé par les soignants des urgences. Bien évidemment, ils seront sans doute tous assignés par réquisition préfectorale... mais la goutte d'eau a déjà fait déborder le vase hospitalier.

Laurent GUILLAUMÉ