Chalon sur Saône

Le sous-préfet Olivier Tainturier en visite au centre de distribution des Restos du Cœur de Chalon-sur-Saône : une situation jugée préoccupante

Par Karim BOUAKLINE-VENEGAS AL GHARNATI

Publié le 13 Janvier 2026 à 11h30

Le sous-préfet Olivier Tainturier en visite au centre de distribution des Restos du Cœur de Chalon-sur-Saône : une situation jugée préoccupante

En plein hiver, les Restos du Cœur de Chalon-sur-Saône font face à une forte hausse des besoins et à une pénurie de denrées. Le sous-préfet de l'arrondissement est venu constater la situation et soutenir les bénévoles. Plus de détails avec Info Chalon.

Mercredi 7 janvier 2026, Olivier Tainturier, le sous-préfet de l'arrondissement de Chalon-sur-Saône, s'est rendu au centre de distribution des Restos du Cœur de Chalon-sur-Saône. Une visite placée sous le signe de l'écoute et du soutien, alors que l'association traverse une période particulièrement tendue. 

Il a été accueilli par les responsables du centre, Bernard Cadot et Joëlle Husson, ainsi que par l'ensemble des bénévoles présents.

Créés en 1985 par Coluche, les Restos du Cœur sont devenus, au fil des décennies, une véritable institution nationale. Association loi 1901, leur objet est clairement défini dès leur publication au Journal Officiel : «apporter une assistance bénévole aux personnes en difficulté, notamment dans le domaine alimentaire par la distribution de denrées», tout en menant «toute action qui contribue à réinsérer les personnes dans la vie sociale et économique».

Une précarité en hausse, des dons en recul
À Chalon-sur-Saône, le centre de distribution accompagne aujourd'hui 1700 bénéficiaires, dont 160 bébés, représentant 660 familles. Des chiffres en hausse, avec 10 % de bénéficiaires supplémentaires par rapport à l'an dernier. Une augmentation qui intervient dans un contexte paradoxal : les dons des grandes surfaces sont en baisse, notamment en raison d'un changement de stratégie commerciale, avec des rayons à prix cassés pour les produits proches de leur date de péremption.

Lors de la visite de l'entrepôt, le constat est sans appel. Sur 15 congélateurs, seuls deux contiennent encore de la viande. «Nous manquons cruellement de protéines», explique Bernard Cadot. «Il y a deux semaines, nous n'avions même plus d'œufs», précise ce dernier. Pareil pour les légumes et les fruits. Les dons de lait premier âge et de couches pour bébés restent, eux, particulièrement attendus et précieux.

Une fréquentation record et des inquiétudes pour la fin de l'hiver
Face à cette situation qualifiée de catastrophique en période de fêtes, le sous-préfet est venu s'enquérir des difficultés rencontrées par l'association et témoigner de son soutien. «Il y a du monde», observe Olivier Tainturier. «En temps normal, à la même période, nous sommes à 65 % de fréquentation, et là déjà à 80 %», lui explique Bernard Cadot.

Les responsables du centre s'inquiètent pour les semaines à venir. En effet, malgré l'espoir suscité par la collecte nationale des 6, 7 et 8 mars prochains, organisée dans 11 grandes surfaces partenaires du Chalonnais, le responsable du centre de distribution reste prudent : «Deux mois tout au plus, ça ne tiendra pas jusqu’à la fin de la période hivernale».

Des moyens en baisse, des pistes pour tenir
Le centre subit également la baisse des dotations, rendant la situation parfois très tendue

«Il n'y a plus de fin de mois. Le 5 du mois est déjà installé», résume Joëlle Husson. Elle rappelle aussi qu'«il n'y a pas de petits dons», chacun pouvant contribuer, à son niveau, à maintenir l'activité.

Le sous-préfet a évoqué plusieurs pistes, dont celle d'un rapprochement avec la nouvelle usine du groupe Vicky Foods, spécialiste des viennoiseries et pâtisseries industrielles, récemment installée à Fragnes-La Loyère. Le but étant un partenariat, comme ceux déjà existants avec d'autres grands groupes comme Daunat. Il a également encouragé l'association à communiquer davantage, soulignant l’importance de rendre visibles les besoins et les actions menées.

Une mobilisation bénévole essentielle et multiforme
Actuellement, le centre peut compter sur 140 bénévoles, un chiffre qui grimpera à 250 lors de la collecte nationale. «Nous avons une belle équipe de bénévoles», se félicite Bernard Cadot. Lors de la distribution, le sous-préfet a pu mesurer l'ampleur de l'engagement sur le terrain : «Ça dépote !», s'est-il exclamé en découvrant une véritable ruche humaine où les bénévoles accompagnent les bénéficiaires.

Les profils sont variés, tout comme les actions menées. Le centre travaille en bonne collaboration avec la Régie de quartier et la Maison de quartier des Prés Saint-Jean, et peut compter sur la Chorale des Restos du Cœur, composée d'une dizaine de bénévoles et de bénéficiaires, déjà présente lors de l'arbre de Noël de l'association.

Autre initiative saluée : la mise en place d'un bulletin hebdomadaire destiné aux bénévoles, géré par Sabine Cadot, retraitée depuis huit mois. «Une très bonne idée», selon le sous-préfet, qui y voit un outil de transparence et de cohésion interne.

Un rôle social majeur salué par le sous-préfet
Bien plus qu'un simple centre de secours alimentaire, les Restos du Cœur de Chalon-sur-Saône constituent un véritable service social multifonctionnel, créant des synergies avec de nombreux partenaires locaux. Entre décembre et fin mars, période particulièrement critique, l'association priorise les plus démunis. Chaque semaine, une équipe de bénévoles charge les denrées stockées 1 ter rue Winston Churchill pour assurer l'acheminement et la redistribution des colis.

«Ils font un remarquable travail et je les félicite vraiment», a conclu Olivier Tainturier, saluant l'engagement sans faille des bénévoles et reconnaissant le rôle essentiel du tissu associatif local face à une précarité toujours plus marquée.

Dans un contexte de précarité croissante et de ressources fragilisées, la visite du sous-préfet aux Restos du Cœur de Chalon-sur-Saône aura permis de mettre en lumière l'ampleur des besoins, mais aussi l'engagement sans relâche des bénévoles. À l'approche des mois les plus critiques de l'hiver, l'association lance un appel à la solidarité, rappelant que chaque don compte pour continuer à accompagner les familles les plus démunies du Chalonnais.


Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati