Saône et Loire

En Saône et Loire, comme partout ailleurs, "le bâtiment bosse, le bâtiment subit, le bâtiment en a marre... !"

En Saône et Loire, comme partout ailleurs, "le bâtiment bosse, le bâtiment subit, le bâtiment en a marre... !"

Denis Guigue, Président de la CAPEB 71, fédération des artisans du bâtiment, n'a pas pris de pincettes, face au représentant de l'Etat et élus, à l'occasion des voeux de la nouvelle année, après une 2025 catastrophique pour les entreprises du bâtiment.

On le dira jamais assez, la CAPEB, c'est la première organisation patronale de France avec 61000 adhérents  dont 1200 pour la seule Saône et Loire. A l'heure où le 80e anniversaire de l'organisation patronale frappe à nos portes, l'horizon est loin, très loin d'être dégagé pour les professionnels du bâtiment. 

En présence d'Olivier Tainturier - Sous-Préfet de l'arrondissement de Chalon sur Saône, d'Eric Michoux - Député de la 4e circonscription de Saône et Loire, de Dominique Juillot et de Gilles Platret, Denis Guigue espère bien tirer un trait définitif sur l'année 2025, catastrophique pour le bâtiment.

400 emplois perdus en Saône et Loire... 40 000 en France 

" Tensions sur les trésoreries, reports d’investissements, fragilisation des entreprises et, malheureusement, une hausse des défaillances. En deux ans, le secteur du bâtiment a aussi perdu près de 40 000 emplois en France, dont environ 400 en Saône-et-Loire, dans une indifférence assez marquée…" a expliqué le Président départemental de l'organisation patronale, avant d'évoquer "le moral au plus bas des artisans, la fatigue profonde et l'exaspération". 

" le bâtiment bosse, le bâtiment subit, le bâtiment en a marre... !"

Denis Guigue a repris son bâton de pélerin et a profité du moment pour rappeler les doléances de la CAPEB, "  Absence de politique du logement claire et stable, recul du pouvoir d’achat des ménages et des indépendants, complexité administrative, inflation normative, poids des charges sociales et fiscales, concurrence déloyale de la micro-entreprise". Un message sans cesse véhiculé auprès de toutes les instances, sans que personne s'empare véritablement du sujet, " la France qui travaille, qui entreprend, qui forme, qui emploie et qui finance notre modèle social est à bout de souffle et ne peut pas être ignorée plus longtemps."

Les espérances de 2026 ? 

Les artisans de la CAPEB font preuve d'une adaptation permanente et n'entendent pas  se résigner aussi vite, même si le découragement est palpable dans les rangs. Pour autant, des signaux encourageants semblent pointer tout au loin de l'Horizon, avec des signes de reprise du marché immobilier, des crédits bancaires qui repartent, et un rythme de défaillances d'entreprises qui ralentit. 

Les artisans ont fait le voeu d'une "stabilité politique et un cadre clair" pour 2026, condition indispensable au rétablissement de la confiance des Français, appellent "à une véritable politique du logement, lisible et cohérente". 

Denis Guigue a profité de la soirée pour rappeler la volonté "de sanctuariser la TVA à taux réduit, la refonte totale des aides à la rénovation énergétique et du RGE, la baisse des charges sociales et fiscales" et "faire en sorte que le travail paye". Bien sûr, la CAPEB n'a pas oublié son combat historique pour la simplification administrative et surtout la révision du régime de la micro-entreprise dans le secteur du bâtiment. 

Laurent GUILLAUMÉ