Economie

BUSINESS FRANCE - Louis Margueritte, nouveau Directeur Général de Business France, s'est livré à info-chalon.com

BUSINESS FRANCE - Louis Margueritte, nouveau Directeur Général de Business France, s'est livré à info-chalon.com

Etat des lieux et ambitions, l'ancien député de Saône et Loire et ancien directeur-adjoint du cabinet du Premier Ministre se livre en détails pour les lecteurs d'info-chalon.com

 Business France ? Pour le grand public, qu’est‑ce donc ?


Business France, c’est l’agence publique qui aide tous les jours nos entreprises, PME et ETI, à réussir à l’international et qui rend la France plus attractive pour les investisseurs étrangers. 
Avec 1 400 collaborateurs en France dans 53 pays et plus de 100 pays couverts, Business France constitue un réseau unique au service de notre économie et de notre souveraineté. Nous sommes les seuls capables d’accompagner, avec la même équipe, un exportateur du bassin chalonnais ou du bassin minier à Tokyo, ou un investisseur japonais dans le sens inverse.


Concrètement, nous conseillons et accompagnons annuellement dans leur développement international plus de 11 300 PME et ETI françaises sur les marchés étrangers. Notre mission, c’est de les mettre en relation avec les bons partenaires locaux et identifier des opportunités d’affaires ciblées : c’est notre cœur de valeur ajoutée. Nous soutenons aussi l’attractivité : en 2024, Business France a accompagné 1 107 projets d’investissement étrangers, soit 59% de ceux réalisés en France. Enfin, et c’est essentiel pour l’avenir de nos entreprises, nous faisons émerger les décideurs et les cadres français de l’international de demain grâce au programme VIE. Plus de 11500 Jeunes, dans la moitié sont des jeunes femmes, travaillent et apprennent l’international dans des entreprises françaises à l’étranger dans plus de 100 pays pour plus de 2000 entreprises. 
Nous ne le faisons pas seuls, nous travaillons en équipe au sein de la « Team France » qui regroupe les chambres de commerce en France, Bpifrance, les Conseillers du commerce extérieur, les services de l’Etat à l’étranger et dans les territoires, les Régions mais aussi des partenaires privés que nous avons référencés pour fournir davantage de solutions à nos clients. Chacun connait sa valeur ajoutée et la met au service d’un collectif.
 
 La France décroche face à l’Italie ou la Pologne. L’export est-il notre faiblesse ? Quel diagnostic posez-vous ?


La France à l’ambition de continuer à occuper la place qui est la sienne. Nous sommes la 2e économie de l’Union européenne derrière l’Allemagne, avec un PIB d’environ 2 920 milliards d’euros en 2024, devant l’Italie (2 192 milliards) et très loin devant la Pologne (846 milliards). 


Surtout, la France est une puissance commerciale internationale. Ses exportations annuelles de biens et services représentent près de 1 000 milliards d’euros, beaucoup plus que les Italiens. Ses entreprises se sont fortement internationalisées et disposent de plus de 53 000 filiales à l’étranger qui contribuent au rayonnement du « made by France ». Ce réseau est essentiel dans une logique de partenariat et de sécurisation des chaines de valeur.  Enfin, depuis 6 ans, la France est la première destination des projets d’investissements étrangers en Europe. Ces derniers sont aussi des moteurs de l’export puisque les entreprises étrangères représentent presque 30% de l’exportation de biens et services français.


Mais nous devons progresser et renforcer un domaine de l’international : certaines PME ne sont pas encore assez exportatrices. Et c’est là que Business France agit. Les entreprises que nous accompagnons se consolident à l’international : 92 % d’entre elles maintiennent leur activité export, contre 74 % pour la moyenne nationale. Elles continuent aussi à se développer. Grâce à nous, elles ont généré des milliards d’euros d’export additionnel :  plus de 7,6 Md€ en cumul sur 2023‑2024.
 
Mercosur : Business France n’est présent que dans 3 pays (Colombie, Chili, Brésil). Et les autres ? Quelles ambitions ?


D’abord, rappelons que ce qu’on appelle les pays du Mercosur ce sont le Brésil, l’Argentine, le Paraguay, l’Uruguay et associe des pays partenaires comme le Chili, la Colombie ou le Pérou.
Nous sommes implantés au Brésil, au Chili, en Argentine. Nous avons aussi des bureaux au Mexique et en Colombie.
Pourquoi ces choix ? Parce que ce sont les marchés les plus dynamiques, les plus stables et les plus demandeurs de technologies françaises (industrie, énergie, agro, santé). Et parce qu’ils servent de plateforme régionale pour rayonner vers les autres pays. Notre ambition est claire : amener plus d’entreprises à s’intéresser à ces marchés dont le potentiel est énorme et la proximité culturelle avec l’Europe réelle. Les Italiens l’ont bien compris et ont cru plus vite que nous ces dernières années.


D’ailleurs, jeudi prochain, nous organisons à Paris, chez Business France : le « forum Amérique latine » un grand événement dédié à cette région du monde.  C’est un vrai moment business où l’on peut décrypter le marché et trouver des partenaires.
Nous pourrions élargir le scope : Business France organise par an plus de 400 événements dédiés à l’export. Certains sont devenus emblématiques comme « Ambition Africa » et « Vision Golfe »
 
Comment doper nos exportations sans “donner” notre savoir‑faire ?
Nous aidons les entreprises à structurer et sécuriser leurs stratégies export : diagnostics, protection juridique, propriété intellectuelle, choix des partenaires fiables, etc.  C’est notre métier de développeur et de conseil de terrain. Il commence en France avec des équipes qui connaissent de près les chefs d’entreprises français, nous en côtoyons plus de 60 000. Il se poursuit au siège où des équipes développent les solutions les mieux adaptées pour nos clients (pavillons France dans les grands salons internationaux, des solutions digitales…). C’est très concret et cela répond à la demande première des PME et ETI, la demande de 80% d’entre elles quand elles travaillent avec nous : être mis en relation avec des contacts locaux pour obtenir de nouveaux contrats et de développer de nouveaux marchés. 


Nous renforçons également notre action sur les secteurs stratégiques identifiés dans le cadre de France 2030, notamment dans le numérique, la décarbonation, les biomédicaments, les véhicules électriques, le nucléaire et l’hydrogène, ainsi que dans les technologies d’avenir telles que l’intelligence artificielle, le quantique, le spatial et les technologies duales.
L’enjeu n’est donc pas de freiner la montée en puissance des entreprises françaises à l’international, mais de leur donner les moyens d’y aller en sécurité et en confiance. 
D’ailleurs, le Volontariat International en Entreprise permet d’implanter des jeunes talents français chez les partenaires, tout en gardant la maîtrise de la chaîne commerciale et technologique.
La France dispose d’un capital technologique considérable. Il faut l’exporter de façon pertinente, pas le céder.
 
L’Inde impose la production locale pour les grands contrats, comme pour l’aviation militaire. La France doit-elle faire pareil ?


Chaque modèle a ses avantages, mais notre objectif doit rester double : 
préserver la souveraineté industrielle française et gagner des contrats majeurs. La tendance mondiale est effectivement à la localisation : États‑Unis, Chine, Inde utilisent largement l’argument du “produce local”. La France sait déjà faire : de nombreux contrats d’infrastructure ou industriels incluent des formes de production locale ou de co‑développement, tout en protégeant l’innovation française.


La France suit une voie ambitieuse, fondée sur ses atouts : des écosystèmes industriels solides, une capacité d’innovation reconnue et une attractivité qui fait de notre pays la première destination européenne pour les investissements étrangers depuis six ans.


Notre stratégie consiste à renforcer notre tissu productif en France tout en développant des partenariats internationaux équilibrés, qui préservent la maîtrise de nos technologies et de notre savoir‑faire. Cette approche permet d’allier souveraineté, innovation et ouverture.


Dans ce cadre, Business France joue un rôle clé : attirer des projets industriels créateurs d’emplois et accompagner les entreprises françaises dans leur développement international, en veillant à ce que la France reste un pays où l’on investit, où l’on innove et où l’on produit de la valeur.
La bonne réponse n’est pas d’imiter, mais de négocier intelligemment.


Vous parliez de l’Inde, c’est un marché essentiel pour la France. Nous étions présents avec le président de la République la semaine dernière, nous y avons amené dans sa délégation plus de 112 entreprises sur quatre opérations simultanées dont un pavillon France. C’étaient des entreprises de la French tech, mais aussi de l’IA. Il y avait aussi des délégations dans le domaine de l’art, de vivre. C’est ça nos entreprises à l’international : une diversité concurrente qui peut s’appuyer sur un opérateur public, efficace, connecté localement, connaissant les grands donneurs d’ordre internationaux et capable de transformer cette connaissance en des affaires et des contrats. Dans quelques semaines, nous organisons d’ailleurs « Ambition India ». 
 
Quelles ambitions pour Business France ?


Je me laisse quelques semaines pour proposer avant l’été un projet qui intégrera les ambitions collectives et les contraintes qui sont les nôtres. Mais j’ai déjà des convictions étayées par mon expérience et celle de mes équipes. 


Business France est l’outil d’une politique publique. La France veut faire émerger davantage de champions mondiaux et générer plus d’exportations. La France veut attirer sur son sol les meilleurs investisseurs et talents dans des filières stratégiques. La France veut créer plus de croissance et plus d’emplois. Pour cela, elle a besoin d’une politique publique puissante pour l’international. Une politique à même d’adresser de nouveaux besoins et de nouveaux rapports de forces, dans un monde qui connaît depuis plusieurs années des bouleversements inédits, brutaux et durables. Nous avons besoin pour cela d’une politique publique puissante pour l’international. 


Il est indispensable pour notre pays de disposer d’un réseau public d’accompagnement des PME/ETI solide, agile et concentré sur la transformation commerciale pour nos entreprises.  Il est indispensable que l’initiative privée qui porte les intérêts de la France amplifie cette politique publique. Il est indispensable que ce réseau d’accompagnement agisse dans le sillage de la diplomatie économique et s’appuie davantage sur la politique de financement et d’assurance public qui consolide nos entreprises et leur ouvre des marchés. Il est indispensable que nous avancions en équipe. Et cette équipe, ces équipes, nous allons continuer à la consolider partout sur le territoire national, ici en Bourgogne Franche Comté comme ailleurs. C’est sur le terrain que les entreprises innovent et c’est sur le terrain que nous devons être présents.

              
Mon premier déplacement a été mercredi en Espagne sur le MWC – Mobile World Congress. J’ai vu les équipes, les entreprises, les partenaires, la force d’une équipe de France qui agit dans un but commun et ensemble. Il y avait plus de 60 entreprises françaises prêtes à relever avec nous le défi de l’international. Mais la concurrence s’est multipliée et est devenue plus intense. Si c’est une guerre commerciale, c’est une guerre de mouvement et nous devrons nous adapter aux nouvelles règles du jeu du commerce international. Cette capacité d’adaptation au réel et cette conviction que l’action publique est utile, c’est mon ADN et c’est celle de l’agence dont j’ai l’honneur d’assumer la direction générale.