Chalon sur Saône

Le surnaturel Laurent Voulzy a rendu à Chalon des choses de la vie tellement naturelles…

Le surnaturel Laurent Voulzy a rendu à Chalon des choses de la vie tellement naturelles…

Sur le papier c’était joué d’avance. Ce vendredi 24 avril la salle Marcel-Sembat de Chalon-sur-Saône était remplie comme il se doit, de par la réception d’un chanteur qui électrise toujours les essaims humains. Et la suite fut à l’avenant, c’est-à-dire que le flux et le reflux, l’intériorisation puis l’extériorisation, auront mené le bal de bout en bout.

Ses tubes n’ont pas pris une ride, ont glissé dans la postérité, sa popularité est intacte

Et il y avait du gain à moudre, tant les chansons immortelles succédaient aux chansons immortelles en véritables havres de paix pétris d’humanité. Bubble Star, Le rêve du pêcheur, Le cœur grenadine, My song of you, Le pouvoir des fleurs, Jeanne, Karin Redinger,Les nuits sans Kim Wilde, Le soleil donne, Rockollection…Plus insolite,l’exhumation de The captain of her heart d’un tandem suisse. Le passage en revue n’a pas connu le moindre accroc, ni de flétrissement. Vis-à-vis de tant d’élégance verbale gorgée d’une poésie qui coulait dans ses veines, avec le romantisme à fleur de peau, l’ambiance intimiste a déferlé en vagues ininterrompues de bien-être. Le chanteur-auteur-compositeur-guitariste, volontiers diseur de petites histoires avec un humour attaché à ses bases, n’aura pas dû puiser dans ses réserves ou hausser le ton pour que l’alchimie ne s’étiole pas. En face de lui son public tombe en pamoison, se pâme d’admiration. Les titres, sanctuarisés, sont récités par cœur, et lorsque l’interprète se tait, une lame de fond fait corps avec lui en restituant les paroles, cette liaison indestructible renforçant les liens indéfectibles créés il y a sans doute fort longtemps. Laurent a fait du Voulzy, et Voulzy a fait du Laurent, d’autant plus que sa prestation a valu par les accords majeurs de ses quatre musiciens performants et polyvalents : Michel Amsellem, Médéric Bourgue, Elsa Fourlon, ainsi que karen Brunon, les deux filles étant également choristes, allant jusqu’à livrer un extrait de la petite musique de nuit de Mozart !

Son pote Souchon, c’est quelque chose !

Lorsque l’inoxydable Laurent Voulzy, montreur de chansons françaises  sous l’égide parfois de la musique pop et du rock devait aborder Amélie Colbert, alors ses adulateurs ne se posèrent pas de questions pour se lever, danser pour un certain nombre, sans jamais se rasseoir, signe tangible d’une gloire renouvelée. D’ailleurs le chanteur fit monter sur scène quelques filles trop heureuses de partager quelques pas de danse, Laurent descendant même dans la fosse afin de s’offrir un bain de foule. C’eût été d’autre part impensable qu’il ne daigne pas évoquer à un moment donné la fidèle et forte amitié nouée avec Alain Souchon. De ramener à la surface les chansons Allô ! maman bobo, Papa mambo,  J’ai dix ans, Foule sentimentale…en raillant gentiment leur contenu ! Derrière les –fausses- critiques de façade, le grognard estime que son alter ego mériterait un fauteuil à l’Académie française. Ça ne s’invente pas. Il fallait bien que l’exaltation générée en tous sens descende de son piédestal quelque temps plus tard. Le rappel magnifia la sublime Belle-Île-en-Mer, avant qu’elle ne s’incline devant Paradoxal système, où il est dit en substance que plus on s’éloigne, plus on s’aime. Ce fut le mot de la fin, au terme de deux heures vingt de spectacle qui resteront assurément dans les annales de tout un chacun, l’artiste ayant visiblement du mal à quitter son lieu d’évolution, ne laissant à personne d’autre le soin de se retirer en dernier après avoir frôlé les étoiles…

                                                                                                                            Michel Poiriault

                                                                                                                       [email protected]