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TRIBUNAL DE CHALON - Condamné en 2023 pour conduire sous emprise alcoolique, il repasse au tribunal pour des faits similaires

TRIBUNAL DE CHALON - Condamné en 2023 pour conduire sous emprise alcoolique, il repasse au tribunal pour des faits similaires

Condamné en 2023 à suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière, qu’y a-t-il appris ? « Qu’il ne faut pas conduire en ayant bu, qu’on met les autres en danger » répond l’homme. Il est topé à Chalon, le 8 février 2026, avec un taux d’alcoolémie proche de 2 grammes.

 Il semble évident que nous autres humains disons beaucoup de choses qui se caractérisent par un trait commun : nous ne savons pas ce que nous disons. Du reste, toute l’actualité, toute, en est l’illustration. 
C’est vrai pour tout et tout le monde. C’est un poil désespérant mais c’est ainsi.

Dans ces conditions, ce prévenu d’une trentaine d’années est semblable à ses congénères. Il dit des choses et en fait d’autres, sans rapport, mais ce coup-ci ça l’embête parce que la suspension de permis (administrative, à effet immédiat au moment du contrôle) et une mention de plus à son casier menacent ni plus ni moins que son emploi… et il a un bon poste donc un bon revenu, alors voilà.

Que faire pour que le feedback fonctionne ? 

Ça l’embête mais ça ne l’empêche nullement de dire n’importe quoi, et sans doute n’en a-t-il même pas conscience. Par exemple : « Vous êtes en récidive, monsieur, donc la première alerte ne vous a pas suffi. » Et le gars répond : « Si. » Et la juge de le reprendre : « Ben non, puisque vous êtes là ! » 
Elémentaire mon cher Watson, mais que faire pour que le feedback fonctionne ? Mystère.

Bref, il avait vu « un copain », il n’avait plus de batterie pour appeler quelqu’un (à 2 grammes on peut supposer qu’il n’y a même pas pensé mais passons). Comment être sûr qu’on ne le reverra plus à la barre ou pire dans le box, du tribunal ? demande la présidente. « Parce que dans le cadre professionnel ça m’embête beaucoup, j’ai une voiture sans permis, c’est pas pratique. » Le prévenu est nerveux, ne cesse de triturer ses doigts.

La juge multiplie ses efforts pour que monsieur percute enfin

La juge qui préside cette audience d’homologation n’en a pas fini avec lui. Cette présidente n’expédie pas, elle tient une audience qui pour allégée qu’elle soit (c’est le principe de la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité) reste, en tous cas pour elle, une audience. Et bien qu’elle sache que ses efforts seront souvent vains, elle les fait quand même parce qu’ils peuvent porter pour certaines personnes et une personne qui se met à entendre, c’est une promesse. 
A noter qu’elle fait tout cela sans colère, sans mépris, sans morale mais en tenant ferme sa position.

« C’est un jeune homme inquiet qui est venu me voir, dit maître Bibard. Il est inquiet pour son avenir professionnel. La suspension de son permis pendant 12 mois était handicapante, il a écrit au Préfet mais celui-ci a refusé de faire quelque chose. Alors, monsieur a pris une voiturette. Monsieur le procureur a accepté que la condamnation ne soit pas portée sur le bulletin numéro 2 de son casier. » L’avocat produit des analyses sanguines en faveur du prévenu.

Annulation de son permis de conduire, EAD pendant 1 an, et 1500 euros d’amende

Le juge homologue la peine : annulation du permis de conduire (pour les récidives c’est automatique), et interdiction de conduire sans un dispositif EAD (éthylotest anti-démarrage) pendant 12 mois, et 150 jours amende à 10 euros. Exclusion de la peine, du B2 : « C’est une mesure de faveur, ça » insiste la présidente. 
Le véhicule n’est pas confisqué car c’est un véhicule… de l’entreprise.