Chalon sur Saône

La cathédrale Saint-Vincent de Chalon n'en finit plus de délivrer ses secrets

La cathédrale Saint-Vincent de Chalon n'en finit plus de délivrer ses secrets
La cathédrale Saint-Vincent de Chalon n'en finit plus de délivrer ses secrets
La cathédrale Saint-Vincent de Chalon n'en finit plus de délivrer ses secrets
La cathédrale Saint-Vincent de Chalon n'en finit plus de délivrer ses secrets

La splendeur architecturale mais surtout l'Histoire du bâtiment se révèle au fil de semaines de rénovation. Dernièrement des décors peints au XIVe siècle sont venus surgir du passé pour le plus grand bonheur des équipes en charge de cette rénovation hors-norme.

C'est une visite à 3 voix que Gilles Platret a tenu à proposer à la presse, alors que les travaux sur les chapelles de la cathédrale Saint-Vincent avancent à grands pas. Une visite liée notamment aux dernières découvertes réalisées par les équipes placées sous l'autorité de Benjamin Saint-Jean Vitus, archéologue de l'INRAP. 

Aux côtés de l'archéologue et de Christelle Morin-Dufoix, une superbe visite des travaux en cours, a été menée par Gilles Platret, permettant à chacun de mieux appréhender l'ampleur de de ce qu'il se passe à l'abri des échaffaudages et des bâches tirées, à l'abri des visiteurs de la cathédrale. Si la cathédrale a été réouverte à l'automne dernier, à l'occasion de la Paulée 2025, une autre étape se produira en septembre prochain, avec les Journées du Patrimoine 2026. 

Inscrivez bien à votre agenda la cathédrale Saint-Vincent puisque cette étape 2 sera quasi terminée, vous ouvrant l'accès à un pan de l'Histoire de Chalon, totalement inédit. 

"Une superposition d'oeuvres d'art et une Histoire qui avance" pour le restaurateur Morgan Hubert

Le restaurateur Autunois, spécialiste de ces sujets hors-norme, avait bien du mal à dissimuler sa satisfaction de voir surgir du passé de tels décors peints au sein de la Chapelle du Sacré-Coeur ou collatéral nord. "Si la main de la Vierge et quelques détails étaient visibles, on ne s'imaginait pas à une telle découverte" confiait le restaurateur. L'analyse des pigments de couleurs aura permis de redonner un semblant de décor, à ces scènes surgies du XIV siècle. Une scène représentant les Rois Mages venant offrir leurs présents à l'enfant Jésus, dans les bras de la Vierge assise.

Mieux, à quelques mètres de là, sous une autre scène lithurgique, représentant Elisabeth, mère de Jean-Baptiste avec sa robe bleue, ce sont des décors peints plus anciens, remontant aux temps les plus anciens, vers le XIIe siècle qui ont pu reprendre vie.

Dans le "cul-de-four" ou la demi-coupole, les équipes ont procédé à une dérestauration, alors qu'une première opération avait été menée dans les années 80. Des retouches mal viellies et des process plus modernes, ont nécessité une nouvelle intervention.

Des oeuvres du Moyen-âge mais aussi du XIXe siècle, à l'image de celle située dans l'abside sous le cul-du-four, réalisée par un artiste chalonnais, a précisé Christelle Morin-Dufoix. Un décor noir, "devenu très sombre avec une cinquantaine de prélèvements réalisés dans les années 80 par les restaurateurs à la recherche de traces médiévales". Un vrai travail de rénovation de l'ensemble de la chapelle a ainsi été mené, permettant de préserver une oeuvre majeure bien plus contemporaine mais tout autant centrale dans la vie de l'établissement religieux.

Autant de témoignages du passé qui n'ont pu qu'assouvir la soif d'apprendre du maire-historien qu'est Gilles Platret, tout en insistant sur l'importance des lacunes, impossible à combler sans venir altérer l'oeuvre originale. 

Une cathédrale venue se poser sur le mur d'enceinte romaine de Cabilonnum

Les diagnostics n'en finissent plus de donner des renseignements, et notamment la clarification des différentes extensions réalisées au fil des siècles, dont celle de l'appui sur l'ancien mur d'enceinte romaine, "au moment où Chalon s'ouvre et s'agrandit". L'existence d'une ancienne église sous l'ancienne cathédrale ne font plus guère de doutes tant les indices archéologiques surgissent du passé, comme figés par des centaines d'années d'enfouissement. 

La Chapelle Notre Dame de Pitié est au coeur de toutes les attentions avec de nombreux chantiers en cours, avec la découverte de vestiges datant du IXe siècle. Autant de vestiges permettant à Benjamin Saint-Jean Vitus de certifier l'existence de plusieurs nefs séparées par des piliers cylindriques. Autant de découvertes ouvrant la voie à de nouvelles recherches complémentaires pendant que les travaux de rénovation sont menés. 

Benjamin Saint-Jean Vitus se veut quasi intarissable face à l'ampleur du chantier et des découvertes.

"Le Moyen-âge, c'est une période pleine de couleurs, une polychromie incroyable" insiste Christelle Morin-Dufoix

Pour celles et ceux n'ayant pas encore eu le privilège de franchir le seuil de la Cathédrale Saint-Vincent, un spectacle saisissant vous attend. Le retour de la couleur, de "cette polychromie incroyable", donne une sensation d'élévation hors-norme, rappelle Christelle Morin-Dufoix,  cheffe de projet Ville d'Art et d'Histoire, multipliant ces derniers mois de très nombreuses visites au sein du monument. Si la question des couleurs peut interpeller, Gilles Platret a tenu à insister sur le fait qu'aucune interprétation n'a été menée au sein de la cathédrale, "les équipes sont juste venues révéler les couleurs", éteintes par des décennies d'histoire. 

L'ampleur des travaux, "avec une enveloppe contenue à un peu plus de 5 millions d'euros, subventionnée à 80 % par l'Etat, le FEDER, la région et le département" a tenu à préciser Gilles Platret, et la nature des découvertes, méritent bien des pages à écrire... mais ne passez pas à côté des prochaines Jounées des patrimoines, la visite vaut vraiment le détour. Et puis, à l'issue des travaux intérieurs, viendra la réfection complète du parvis de la Cathédrale en 2027. 

Laurent GUILLAUMÉ