Chalon sur Saône

Au cœur de Mâcon, une nécropole gallo-romaine

L'Inrap a mené, en août 2018, une fouille archéologique préventive au cœur de la ville de Mâcon, rue Gambetta. Réalisées sur prescription de l'Etat (DRAC Bourgogne-Franche-Comté) ces recherches interviennent dans le cadre de la création d’un réseau enterré de chauffage urbain implanté par Mâcon Energie Service (société du groupe ENGIE).

Communiqué de l'INRAP

Elles ont pour objectif de conserver, par l’étude, les vestiges impactés par cet aménagement. Cette fouille, d’un grand intérêt scientifique, a permis de mettre au jour les vestiges de la nécropole dite « des Cordiers » datée de la période antique (Ier-VIe siècles). Ils documentent différentes pratiques funéraires gallo-romaines : les archéologues ont en effet découvert des aires de bûchers funéraires, des urnes cinéraires, des sépultures inhumées en coffrage de bois ainsi qu’un imposant sarcophage en pierre. 

Une nécropole des Ier et VIème siècles : « Redécouverte d’une nécropole antique »

La ville gallo-romaine de Mâcon appelée Matisco est bien attestée par des cartes et des textes antiques. Cette agglomération se développe à la fin du Ier siècle avant notre ère, dès la conquête de la Gaule pour se mettre définitivement en place au milieu du Ier siècle. A Mâcon comme ailleurs, selon les lois et traditions antiques, tandis que l’urbanisation de la ville se fixe intramuros, les nécropoles s’installent à l’extérieur, le long des axes de communications. La fouille réalisée par l’Inrap va permettre aux scientifiques de documenter la nécropole « des Cordiers », implantée aux abords de la voie menant à Lyon. Les opérations archéologiques réalisées entre 1979 et 1982 ont révélé les premiers vestiges de cette nécropole. Parmi eux, des crémations des Ie et IIe siècle, des inhumations couvrant la période gallo-romaine ainsi que le sarcophage en grès d’un guerrier franc du VIe siècle.

Une diversité des pratiques funéraires 

La fouille récemment réalisée a permis d’identifier un panel intéressant de pratiques funéraires.  Le site a livré des crémations datant du début de la période antique. Les ossements brûlés des défunts sont recueillis dans des vases en céramique. Deux urnes ont pu être prélevées. L’une d’entre elles témoigne de pratiques communes à cette période : l’urne est déposée dans une fosse entourée des résidus du bûcher. A proximité de ces vestiges, les archéologues ont prélevé des restes de bûchers funéraires. Leur analyse permettra d’identifier d’éventuelles offrandes alimentaires et les essences de bois utilisées pour la crémation du défunt. 

Cette tranchée a également livré une dizaine d’inhumations, sûrement plus récentes, dont la datation sera précisée par une analyse au Carbone 14. Elle permettra de mieux appréhender la fin d'utilisation de l'espace funéraire, qui se situe entre la fin de l'Antiquité (Ve siècle) au début du Moyen Âge (VIe siècle). D’après les postures des squelettes, les défunts étaient pour la plupart enterrés vêtus, dans des cercueils ou des coffrages de bois. 

Cette fouille illustre les 5 siècles de la période gallo-romaine et le basculement des pratiques funéraires de l'incinération à l'inhumation. La première atteste de vestiges qui illustrent la pratique par les restes de bûcher, le mobilier brisé puis brûlé qui accompagne la cérémonie, l'urne réceptacle des ossements du défunt. Le passage à l’inhumation se matérialise par l’utilisation de cercueils et de sarcophages en pierre. La découverte de ce sarcophage nous permet de percevoir pour la première fois de manière concrète, une probable occupation paléochrétienne.

Photo  Inhumation en cours d’enregistrement par l’archéo-anthropologue, © Céline Capdeville, Inrap, 2018

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