Chalon sur Saône

Hommage aux Justes de France à Chalon-sur-Saône

Dimanche matin, une cérémonie d'hommage aux Justes de France a eu lieu à Chalon-sur-Saône à l'occasion de la journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État français. Plus de détails avec Info Chalon.

Ce dimanche 21 juillet 2019, à 11 heures, la ville de Chalon-sur-Saône a tenu une cérémonie d'hommage aux Justes de France, à l'occasion de la journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l'État français, au Monument Résistance-Déportation.


Une cérémonie encadrée par d'une dizaine de porte-drapeaux placés sous la direction de Marcel Landré de l'Union Nationale des Parachutistes (UNP).


Avant le dépôt de gerbes par les autorités, 3 allocutions étaient prévues.


Serge Rosinoff, président de la communauté israélite de Chalon-sur-Saône a pris la parole en premier.


«(...) nous avons longuement évoqué, au cours d'autres commémorations la déportation, l'effroyable déshumanisation de ces victimes unis dans une masse informe ou les vivants mêlés aux morts parvenaient souvent, au bord de la folie sur les quais de triage des camps apparaissant aux yeux de leurs bourreaux comme exclus de la famille des hommes. (...) Mais si nous devons témoigner obstinément pour ceux dont il ne reste que le nom et les cendres, nous devons aussi témoigner pour ceux sans que l'humanité aurait tout honneur : les Justes. (...) », dit Serge Rosinoff avant d'égrainer les noms des Justes de notre département. Liste que vous pouvez retrouver dans un autre article d'Info Chalon.


Le président de la communauté israélite termine son allocution, avant de laisser la parole au maire de notre ville, sur une citation de Simone Veil :
«En honorant ceux qui ont refusé de se plier à la fatalité de la volonté exterminatrice de l'idéologie nazie, la reconnaissance des Justes contribue à rétablir l'histoire dans sa vérité»


«La mémoire de la Seconde Guerre mondiale est entrée dans notre horizon pour n’en plus sortir et parce qu’elle recouvre l’un des drames humains les plus terribles jamais vécus par l’humanité, elle est consubstantielle de notre identité.(...) c’est une chose singulière, sans doute, mais une réalité appelée à nous marquer notre vie durant. Du moins si nous ne voulons pas devenir amnésiques ! Car l’âme humaine est ainsi faite qu’entre le principe qui guide et la réalité qui parfois égare, nombreux sont les naufragés de la mémoire.(...) Toujours la Bête renaît, qui travaille l’homme et le pousse à se déchirer. L’instinct du crime qui précipite le malheur. L’instinct du mal qui se rassasie des vies arrachées. (...) Pour cela, face au couperet qui tranche l’existence, il y a la simple et belle volonté de sauver la vie. (...) Les Justes n’ont pas fait que sauver l’Honneur. Ils ont sauvé des vies. Ils ont permis que fleurissent des familles, que s’épanouissent des générations (...) Quand l’ordre est illégitime, le devoir est de désobéir», dit Gilles Platret, le maire de Chalon-sur-Saône, dans son discours.


Pour finir, ce fut le tour du sous-préfet, de lire un message de Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'État auprès de la ministre des Armées, Florence Parly, évoquant la tragédie de la Rafle du Vél' d'Hiv des 16 et 17 juillet 1942 et parlant d'une «blessure qui cicatrisera jammais. Les cris des enfants séparés de leurs parents sont loin mais nous les entendons toujours. Les larmes des familles déchirées se sont éloignées mais elles nous émeuvent encore. La tragédie du Vél' d'Hiv' demeure une plaie vive dans nos mémoires. Assurément, elle est une blessure à l'âme de la France.


La réalité est là : implacable et douloureuse.


Ce jour-là, 13 152 hommes, femmes , enfants ont été raflés. Pourquoi? Parce ce qu'ils étaient juifs. [...] Depuis 1995, notre pays regarde son histoire avec clarté et vérité».


Et d'ajouter : «alors que les idéaux de la France et de la République étaient bafoués, des femmes et des hommes — des héros anonymes — ont maintenu la flamme de l'honneur et de la dignité . Partout dans notre pays, ils ont bravé le danger pour sauver d'une mort certaine des milliers d'innocents. Ils ont caché des enfants par centaines».


Le sous-préfet a même fait allusion aux populations tziganes qui ont également «souffert de la barbarie nazie».


«Que les Français de notre siècle et que notre jeunesse qui porte nos espérances n'oublient pas le pire. Qu'avec ce souvenir, nous soyons capables de produire le meilleur. La fraternité, la tolérance et la dignité humaine n'ont pas de prix. C'est un combat qu'ii faut mener sans cesse contre l'ignorance, le racisme, l'antisémitisme et le négationisme» dit le sous-préfet concluant sur ses dernières phrases.


Après ces 3 allocutions, la chanson de Jean Ferrat,«Nuit et brouillard» (1963), a été diffusée avant le dépôt de gerbes. Le président de la communauté israélite était accompagné par Mathilde, 8ans et Louis, 3 ans et demi.


La cérémonie avait lieu en présence de Jean-Jacques Boyer, sous-préfet de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône, Raphael Gauvain, député de la 5ème circonscription de Saône-et-Loire, Nathalie Leblanc, conseillère régionale représentant Marie-Guite Dufay, présidente du Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté, Isabelle Dechaume, vice-présidente du Conseil départemental de Saône-et-Loire, conseillère départementale représentant André Accary, président du conseil départemental de Saône-et-Loire, Christian Marmillon, représentant Sébastien Martin, président du Grand Chalon, et 1er vice-président du Conseil départemental de Saône-et-Loire, le Capitaine Cyril Schoefer, représentant l'ingénieur en chef de 1ère classe Sylvain Hilairet, directeur de la nouveau directeur de la Base Pétrolière interarmées (BPIA) Caserne Carnot et commandant d’Armes de la place de Chalon-sur-Saône, Vincent Bergeret, maire de Châtenoy-le-Royal et Serge Rosinoff, président de la communauté israélite de Chalon-sur-Saône.


Et parmi la foule, de nombreux autres élus et représentants des associations d'anciens combattants, prisonniers, déportés, résistants et victimes de guerres, parmi lesquels se trouvaient le Colonel François Mosca, président de l'Union nationale des parachutistes de Chalon (UNP), section 712 Guy De Combaud Roquebrune, le colonel Roger Chaudron, président de la société d'entraide de la légion d'honneur et lui aussi de l'UNP, Jean-François Drillien, président du comité de la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie (FNACA) de Chalon-sur-Saône, Lionel Gauthier, adjoint du commandant de Police de Chalon-sur-Saône, Dominique Melin, conseillère municipale et vice-présidente du Grand Chalon en charge des équipements sportifs d'intérêts communautaires et du soutien aux activités sportives, Dominique Rougeron, conseillère municipale déléguée aux relations avec le monde culturel et sportif, le Major Laurent Texeraud, adjoint du commandant de la Compagnie de Gendarmerie de Chalon-Sur-Saône, Francine Chopard, conseillère régionale, Hervé Dumaine, 1er adjoint au maire de Chalon-sur-Saône, Paul Thebault, conseilller municipal chargé des délégations de service public et notre ami, Gaby Theulot, pour ne citer qu'eux.

L'ensemble des personnes présentes étaient invitées à se rendre pour un apéritif à la maison de quartier de la Paix.


Sur 300 000 Juifs vivants en France en 1939, 76 000 furent déportés vers les camps de la mort dont seulement 2551 sont revenus.

 


Karim Bouakline-Venegas Al Gharnati

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