Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - Des violences familiales à répétition qui se soldent par de l'huile chaude au visage

En 2009 S. X est condamné pour violences sur sa conjointe. En 2013, il est condamné pour violences sur sa conjointe et menaces de mort (2 ans dont 16 mois SME 3 ans, obligation de soin). JAP et CPIP* le marquent à la culotte mais, ce dimanche 8 octobre 2017, il enfreint l’interdiction de contact avec la victime. Il veut « une nouvelle chance ». Il lui jette de l’huile chaude au visage. Elle est gravement brûlée, elle en gardera évidemment des séquelles.

Lui : 45 ans, incarcéré depuis sa sortie de garde à vue. On apprend que sa femme et lui sont séparés depuis février dernier, que le JAP avait révoqué une partie de son sursis parce qu’il ne suivait plus les soins qui lui avait été imposés, et qu’il a passé la fin de l’hiver dernier et le printemps en détention. Il s’est remis à boire, il fume du cannabis et beaucoup de cigarettes. Il ne tournera son visage vers la salle qu’à la fin de l’audience, il est resté de dos jusque-là. Il est le père de 3 enfants dont la plus jeune est encore mineure : la question de l’exercice du droit de visite aurait été le prétexte pour approcher la mère.
Il demande un délai pour préparer sa défense, Maître Sarikan réclame une expertise psychiatrique. La dernière date de 2014, elle fut diligentée par le JAP suite à la condamnation de 2013 pour apprécier sa dangerosité, et l’expert-psychiatre avait écrit qu’il était dangereux s’il ne suivait pas les soins psychologiques, les derniers faits lui donnent tragiquement raison sur ce point. L’avocat veut faire le point, il pense que cet homme-là aurait dû être interné.

Elle : mi- femme, mi- momie, emmaillotée de pansements blancs sur tout le côté gauche de son buste et de son visage. L’huile a épargné par miracle les yeux, le nez, la bouche, mais l’on sait quelles souffrances génèrent les tissus brûlés. Son maintien et sa démarche sont tributaires des bandages qui protègent la chair à vif, VIF comme le nom du réseau municipal d’aide aux victimes de violences conjugales (sans distinction de sexe, d’âge ou de milieux sociaux évidemment), dont elle pourrait incarner la raison d’être, s’il en fallait une. Nous reviendrons sur ce réseau et son fonctionnement ultérieurement, mais on peut d’ores et déjà savoir qu’un numéro est à disposition de toute victime : 0800 800 071. Au bout du fil, une interlocutrice professionnelle, et autour d’elle un maillage en réseau de tous les corps requis pour répondre à tous les besoins, dans l’urgence.

Cette femme plusieurs fois victime de son conjoint aurait pu y passer dimanche dernier. Elle est venue à l’audience, entourée de beaucoup de femmes, et de son avocat, Maître Bibard, très choqué de la cruauté du geste : « Elle a une peur bleue qu’il finisse le travail. » 21 jours d’ITT.
Le parquet bien sûr demande le maintien en détention du prévenu, mais s’oppose à la demande d’expertise psychiatrique : « La question de la responsabilité pénale de monsieur ne s’est jamais posée, et des éléments du dossier indiquent qu’il a bien conscience de ce qu’il a fait. »

Le tribunal ordonne le maintien en détention de S. X. jusqu’à son jugement en novembre. D’ici-là l’expert-psychiatre reviendra examiner cette folie opiniâtre qui, en dépit des condamnations antérieures, s’est dérobée aux soins pour se saisir, dimanche dernier à Chalon, d’un bac d’huile chaude, et le lancer, sur elle.

FSA

*JAP : juge d’application des peines
*CPIP : conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation

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