Faits divers

TRIBUNAL DE CHALON - Sur fond d'alcool, il lui enfonce une fourchette dans le ventre

Derrière les murs et les fenêtres, où que ce soit, les vies des uns et des autres bruissent et grouillent sous toutes les formes possibles. En matière de vie de couple, il est coutume de dire que « c’est pas nos affaires », et de fait, ce ne sont pas nos affaires. Mais où commence la non-assistance à personne en danger ? Où placer le curseur ? Voilà 8 ans que monsieur E. et sa voisine ont un commerce amoureux, mais elle boit, elle est souvent agressive, et il proteste, il répond. Le coup de la fourchette à barbecue dans le bide, en avril dernier, n’est pas passé. 

La fille de madame rend visite à sa mère courant avril, constate qu’elle a 2 petits trous sur la peau du ventre, et va porter plainte quelques jours plus tard. La coupe est pleine : voilà des années qu’il répond avec la force, il lui a même cassé un poignet il y a 2 ans. Monsieur E. est donc à la barre, mais faire la part des choses ne va pas être simple car si la fille parle d’emprise, ce n’est pas ce qui transparaît au travers des propos de ce monsieur. 

Il approche la soixantaine, il est fondeur depuis 18 ans et gagne le SMIC. Elle, la victime, est absente et ne demande rien au tribunal, et surtout pas d’éloignement. Ils ont chacun leur domicile mais elle est toujours fourrée chez lui, elle ne travaille pas, « madame passe ses journées à boire et à regarder la télé, quand je rentre du travail, elle est souvent agressive ». Une relation apparemment sur le mode « ni avec toi, ni sans toi », ressort tragique de toute éternité, d’autant plus verrouillé ici que scellé par l’alcool. 

La fourchette à barbecue : « Elle demandait de l’alcool, j’ai refusé, je cuisinais. Elle insistait, en me retournant je l’ai poussée, et la fourchette l’a piquée. »
Les claques ? « Ben sinon le cirque dure deux, trois heures, on ne peut pas dormir. »
« Vous dites ‘je ne la tape pas tous les jours’, encore heureux !
- Elle est très agressive, elle m’insulte pour un rien.
- Il y a d’autres solutions, monsieur, lesquelles ?
- … La séparation…
- Oui, vous ne vivez pas ensemble, alors pourquoi lui ouvrir votre porte ?
- Elle ferait du grabuge, il faudrait que j’appelle les forces de l’ordre tous les soirs, car elle viendrait sous mes fenêtres. » Puis il ajoute, pensif : « Se séparer de quelqu’un qu’on aime, et qui vous aime, ce n’est pas facile. »

Le tribunal oriente ses questions sur sa propre consommation d’alcool, « vous pourriez vous en passer ? – Avec effort, répond-il. »

Son casier judiciaire est vierge. Le tribunal condamne le fondeur vieillissant au compagnonnage pas reposant mais qui a le mérite, semble-t-il, d’exister, à 4 mois de prison intégralement assortis d’un sursis mis à l’épreuve de 2 ans, avec obligation de soins, et de suivre un stage de sensibilisation à la prévention des violences au sein du couple.
Madame n’est pas là, et ne demande rien.

FSA

 

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