Chalon sur Saône

Un oeuf, une poule, et Nicole Ferroni. Cherchez l’intrus(e)…

Un oeuf, une poule, et Nicole Ferroni. Cherchez l’intrus(e)…

Bateleuse des mots à la langue bien pendue, Nicole Ferroni fera la démonstration de son art le vendredi 21 mars à 20h à Chalon, au Théâtre Piccolo sous le couvert d’AChalon Spectacles. Traits d’esprit de basse-cour ou de haut étage, il ne tiendra qu’à vous d’en jauger la teneur lors du second opus des « p’tites soirées du Piccolo ». Qui l’aime la suive. La représentante du genre comique vous donne d’ores et déjà les clés de ses pirouettes verbales.

Que dire à celles et ceux qui vous connaissent peu, voire pas du tout ?

« Je suis une humoriste, à la fois auteur, comme pour « L’œuf, la poule ou Nicole », et interprète ! J’écris aussi des chroniques sur France Inter chaque mercredi (sauf le 12 mars), la première à 8h55, la seconde à 11h30. On peut me voir sur Internet dans « On n’demande qu’à en rire », et en plus maintenant au cinéma, puisque je joue dans le film « N’importe qui », sorti le mercredi 5 mars. J’incarne Sandra, laquelle a un peu un rôle de castratrice. C’est mon opposé en termes de plan de vie ! Il y a Rémi Gaillard dont je suis la petite amie, la plupart sont de jeunes comédiens : Alban Ivanov, Fran  Bruneau, Sylvain Katan… »

 

Qu’est-ce qui a fait qu’à un moment donné vous êtes passée d’un statut d’enseignante en biologie, à celui, plus aléatoire, d’humoriste ?

« Mon poste a été supprimé, après être allée en banlieue parisienne, et avoir eu des affectations dans des endroits sensibles. Ca a été l’effet déclencheur, le coup de pied au derrière, un peu le destin. Parallèlement, cela faisait très longtemps que je voulais faire du théâtre, mais j’avais toujours la mauvaise habitude de dire : demain ! Je suis quelqu’un qui ajourne continuellement au lendemain, il fallait que je m’y attelle vraiment. »

 

Combien d’années de pratique derrière vous ?

« Quinze ans de théâtre. J’en faisais avant, toujours en troupe amateur. « L’œuf, la poule ou Nicole », né le 5novembre 2010, c’est le tout premier spectacle où je suis seule sur scène, le changement a été assez brutal, auparavant nous étions au moins deux à évoluer ensemble. Ca demande beaucoup plus d’énergie, on ne peut pas se reposer sur l’autre. »

 

« L’œuf, la poule ou Nicole, qui va trancher ? Va-t-on se voler dans les plumes ?

« C’est un suspense assez tenace. J’y réponds un peu dans mon spectacle, mais je n’en dis pas plus… »

 

Quelles sont les forces et les faiblesses de l’humour féminin, par rapport à celui de la gent masculine ?

« Je ne sais pas si vraiment il y a des différences, l’humour peut-être assez fédérateur. Je n’ai en tout cas pas l’impression de faire de l’humour de filles ou pour filles. Il n’y a pas de ségrégation chez moi. »

 

En quoi pensez-vous vous démarquer des autres humoristes ?

« Je ne connaissais pas le monde du one-man-show avant, je n’ai donc pas vu beaucoup de spectacles de ceux qui sont devenus mes collègues, en raison de mon ancien travail. Je pense que le fait de ne pas avoir baigné dedans est plutôt un avantage. Je me faufile dans l’absurde, l’humour noir, je parle de trucs très quotidiens…Je suis dans la veine de ceux qui font de l’humour à personnes, des tranches de vie dans la démarche, le vocabulaire, l’attitude. »

 

Que vous a apporté l’émission de Laurent Ruquier « On n’demande qu’à en rire » ?

« Elle m’a apporté quasiment la vie professionnelle que j’ai, une vitrine tellement grande ! Je lui dois tout. Si je viens à Chalon, c’est que les gens m’ont découverte grâce à l’émission. La radio, c’est un peu lié. Quant au film, le directeur de casting m’avait vue à la télé. J’ai eu la chance de commencer l’émission en février 2011, donc très  vite j’ai pu toucher un public que je n’aurais pas eu sans elle. »

 

 Passé votre travail, l’humour, dans la vie de tous les jours, occupe-t-il une grande place ?

« Oui, je suis d’une famille où l’humour c’est notre forme de communication. Je fais des blagues, même des auto-blagues. Je suis bon public avec moi-même ! J’ai besoin de rire, mais je sais être triste : je ne vais pas à un enterrement en rigolant ! »

 

Alors, heureuse ?

« Je suis une artiste comblée : le théâtre, la télé, le cinéma, la radio, l’écriture, j’ai la chance de tout faire. Je ne peux pas rêver mieux ! »

 

Infos/Réservations :

www.achalon.com; 03.85.46.65.89

                                                                                                 Michel Poiriault