Saône et Loire
Montceau-les-Mines, Bunny Godillot t’attend avec un gros enthousiasme pour te convaincre !
Publié le 04 Mai 2014 à 09h34
Connue, reconnue et rompue à une palanquée de figures libres ou imposées du malstrom artistique, Bunny Godillot devait jouer la pièce dont elle est l’auteur : « Merci Monsieur Spielberg » à la mi-mai à Montceau-les-Mines. Il n’en sera rien, mais ce n’est que partie remise. Reculer pour mieux sauter en quelque sorte, puisque son spectacle monté à Marigny, un seule-en-scène de deux ans d’âge, a été reprogrammé les 5 et 6 novembre 2014 en soirée à l’Auditorium des Ateliers du Jour (réservations d’ores et déjà sur le site de l’Embarcadère).
Avec en sus une intervention auprès des collégiens du cru en matinée. Du trois en un. Pas perdants à la réflexion les Montcelliens. Plutôt des coqs en pâte de par cette livraison culturelle « al dente » à domicile. Rencontre.
Un petit bijou que ces Ateliers du Jour
Son choix sur l’ex-cité minière n’est pas la somme de circonstances fortuites. Non, c’est beaucoup plus profond et passionnel que cela. Elle qui ne renie nullement ses origines (« mes parents m’ont élevée dans la « méritocratie »), possède un lien de parenté qui lui fait pousser des ailes : Bunny n’est ni plus ni moins que sur le territoire de ses grands-parents, grand-papa ayant été mineur. « J’ai des souvenirs d’enfance très présents. Moi qui ai habité un peu partout, sans que je le comprenne, ces racines poussent en moi. Je sens que je suis de cette terre. Je suis profondément nomade, mais nomade ancrée », a-t-elle confié. D’ailleurs sa troupe, portée sur les fonts baptismaux en août 2013, est basée à Montceau. Celle-ci a comme raison de vivre la création, « en conjuguant écriture, littérature, musique, danse, arts plastiques, architecture, multimédia, nouvelles technologies, artisanat, mode…de donner à lire, entendre et regarder les artistes de près, d’offrir aux publics la possibilité de partager l’émotion, de découvrir de nouveaux talents d’ici et d’ailleurs. » Professionnellement, il y a un autre motif de contentement, de taille. « Les Ateliers du Jour sont d’une beauté physique et d’une sonorité extraordinaires », apprécie-t-elle.
De la chair fraîche à la starisation en passant par le songe, une destinée homérique
Qui, mieux que la conceptrice au tempérament bien trempé, pour évoquer son enfantement avec tact sous les traits de ce « Merci Monsieur Spielberg » ? « C’est un mélange de théâtre et de vidéos. Il y a cinq films dans ce spectacle très intimiste, qui doit être écouté par le petit trou de la serrure. Ce n’est pas un spectacle d’intellos, on rit beaucoup, on pleure.» Cette fable est un compromis entre du vécu –son papa était boucher- et un univers onirique s’ouvrant largement sur le champ des possibles. « C’est l’histoire d’une fille, du frigo de la boucherie de son père où elle rêve de décrocher un rôle. On la met en punition dans le frigo avec les quartiers de viande, et très vite la fille va imaginer une vie de théâtre. C’est toute sa vie jusqu’aux studios de Spielberg où elle va devenir une star et remporter un oscar. Pendant tout ce chemin elle prend pas mal de gadins, sa mère va mourir, et son oscar ne servira à rien. La fille et sa mère, c’est pathétique. Une des grandes réussites du truc, c’est de ne plus avoir honte de tout ce qui fait rire. Ce n’est pas moralisateur, sous des apparences légères le but est de faire réfléchir», telle est sa vision synoptique. Tant et si bien que les effets ne tardent pas à se manifester. «Le fait d’avoir eu un père boucher, les gens m’attendent pour en parler, et en sont fiers. » L’artiste, engloutisseuse de rêves, en a un vis-à-vis d’une légende vivante, déjà approchée dans le passé. « J’aimerais faire un film avec Spielberg… ». Un vœu pieux ? Ou alors…
Michel Poiriault
Crédit photo : Bruno Perroud
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