Agglomération chalonnaise
Les 20 et 21 juin, ce sont les Apidays
Publié le 20 Juin 2014 à 10h32
Deux journées nationales pour défendre l’abeille et s’informer sur l’apiculture, avec des animations sur toute la France. Dans la région chalonnaise, il y a une multitude de petits apiculteurs et parmi eux deux apiculteurs pas comme les autres qui ont fondé l’Apithalie, une miellerie que l'on peut visiter
Quand une princesse d’un ancien royaume du Burkina Faso aujourd’hui disparu rencontre un apiculteur, le miel prend des ailes et traverse les frontières.
Pascaline a rencontré Yves Rondelet il y a quelques années quand il voyageait en Afrique de l’Ouest comme étudiant pour faire sa thèse universitaire. Elle était apicultrice, ils se sont mariés, elle a suivi son mari pour étudier l’apiculture en France. Depuis, ils ont créé leur association "les apiculteurs sans frontières" qui œuvre aussi bien ici que là-bas, au Burkina Faso.
Yves Rondelet a une formation de géographe mais son grand-père l’a initié aux mystères de la ruche dès l’enfance. Pascaline raconte le monde de l’apiculture en Afrique, qui se pratique différemment. Les ruches sont posées au sommet des arbres, de forme allongée, faites d’une sorte d’osier ou mises dans une calebasse. L’abeille est plus petite plus agressive couverte d’un joli duvet velours. Elle butine le néré, la pomme cannelle et des fleurs dont certaines sont des remèdes. Le miel est très parfumé, assez corsé, au goût de mangue.
Le premier miel sauvage est né dans un baobab, il est venu du paradis et est considéré comme sacré. Dans le monde rural, récolter son premier miel est un rite de passage, une initiation qui marque l’entrée dans le monde adulte.
L’apiculture est une activité florissante car la ruche ne se limite pas au miel, il y a les autres produits de la ruche comme la cire, etc., mais c’est aussi une activité militante car l’abeille est en train de disparaître. Comme partout, les hommes cèdent aux sirènes du progrès en sonnailles trébuchantes et faites de produits chimiques monsanto, ce qui appauvrit les terres et détruit la diversité du terroir. Or, l’abeille assure la pollinisation des vergers. Sans elle, plus de pollinisation, plus de fruits, avec tout ce que cela induit comme catastrophes. Donc, il faut la protéger. Comme solution, Yves et Pascaline préconisent l’achat de terres sur lesquelles ils plantent les essences mellifères. Les habitants des villages ont pris conscience de la valeur des abeilles et des ruches et suivent le mouvement, devenant propriétaires de petites parcelles protégées. Ces parcelles se multiplient et assurent une économie locale diversifiée.
A Fragnes, Yves Rondelet et Pascaline ont appelé leur miellerie l’Apithalie, car les ruches sont posées près de la Thalie et que Thalie est la muse de la comédie dans la mythologie grecque. Ils sont adeptes du wwoofing : les apiculteurs amateurs peuvent venir participer à la vie de l’Apithalie. Ils sont logés et nourris, ils aident, et perfectionnent leurs connaissances apicoles. Un échange qui convient à tout le monde et qui favorise les rencontres. Et comme les abeilles inspirent la poésie, Yves et Pascaline écrivent des poèmes et des lettres des abeilles. Pour les enfants des écoles, les visiteurs et les amoureux du miel, tous ceux qui viennent visiter l’Apithalie, c’est le paradis.
Des animations, jeux, conférences, visites de miellerie sont prévues dans toute la France. En Bourgogne, c’est à Dijon que cela se passe. Infos :http://www.abeillesentinelle.net
Apithalie, Yves et Pascaline Rondelet, 24 rue Taboulot, Fragnes.
S.B.
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